#9 - Thibault Lassalle

Détermination et authenticité - La force des rencontres

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Thibault Lassalle, invité du podcast La Cravate
La Cravate
#9 - Thibault Lassalle, détermination et authenticité - La force des rencontres
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Enfant, Thibault se rêvait coureur cycliste. Passionné par le Tour de France et les grandes classiques, il s’imaginait volontiers grimper les cols pyrénéens au milieu du peloton professionnel, avant de comprendre que son gabarit risquait de compliquer sérieusement ses ambitions ! Il faut dire que ce garçon de la vallée d’Aspe était davantage taillé pour les travaux de la ferme que pour les longues ascensions à vélo, et qu’il passait déjà le plus clair de son temps dehors, auprès de son oncle, entre les brebis, les tracteurs et les montagnes.

Peu attiré par l’école, plutôt réservé malgré son énergie débordante, il découvre finalement le rugby à une douzaine d’années, au lendemain de la Coupe du monde 1999. Ses premiers pas se font à Bedous, le club familial où évoluent également ses frères et son oncle, avant qu’il ne rejoigne Oloron, dont il défendra les couleurs aussi longtemps que possible. Car si son talent attire rapidement l’attention, Thibault n’a aucune envie de quitter ses copains ni cette vallée à laquelle il est si attaché.

Il parvient même à intégrer le Pôle France de Marcoussis tout en continuant à jouer dans son club de Fédérale 1, une situation assez exceptionnelle qui l’oblige à multiplier les allers-retours entre les Pyrénées et la région parisienne. Un premier aperçu des sacrifices que lui demandera sa carrière, même si, pour lui, le rugby restera toujours indissociable du plaisir de retrouver les siens.

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Des blessures et des rencontres qui changent tout

Son départ pour Agen marque le début d’une nouvelle vie, dans un environnement professionnel où il découvre autant les exigences du haut niveau que ses premières grandes désillusions. Lancé chez les seniors notamment grâce à la confiance d’Henry Broncan, il doit rapidement composer avec des blessures à répétition, dont deux ruptures des ligaments croisés qui viennent freiner sa progression au moment où il commence à trouver sa place.

Pour un garçon aussi attaché au terrain et à la vie de groupe, ces longues périodes de rééducation sont particulièrement difficiles. Thibault découvre la frustration de voir ses partenaires avancer sans lui, tandis que sa confiance s’effrite et que son avenir professionnel devient de plus en plus incertain.

C’est alors qu’un appel de Christophe Urios va changer le cours de son histoire. Peu enthousiaste à l’idée de s’éloigner encore davantage de ses montagnes pour rejoindre Oyonnax, il accepte néanmoins de rencontrer l’entraîneur autour d’un repas. Quelques minutes suffisent pour qu’il comprenne qu’il a trouvé quelqu’un avec qui il pourra avancer.

Cette rencontre ouvre l’une des périodes les plus heureuses de sa carrière. Dans l’Ain, il retrouve cette camaraderie qu’il avait connue à Oloron et s’épanouit au sein d’un groupe dont les résultats dépassent progressivement toutes les attentes. Après une parenthèse à Toulon, il retrouvera son entraîneur à Castres, où il participera à la conquête du Bouclier de Brennus en 2018, même si une nouvelle blessure le privera de la finale.

Le plus grand des Boucliers n’est pas toujours celui qu’on croit

Cette année 2018 restera d’ailleurs particulièrement mémorable pour la famille Lassalle. Pendant que Thibault devient champion de France avec Castres, son frère remporte le titre de Quatrième Série sous les couleurs de Bedous, offrant à leurs proches un bonheur assez extraordinaire : voir les deux garçons soulever, à quelques semaines d’intervalle, le plus grand et le plus petit des Boucliers !

L’année où je suis champion avec Castres, mon frère l’est avec Bedous. Il y avait le plus grand et le plus petit bouclier dans la famille !

Thibault Lassalle · Épisode 9 de La Cravate

Cette anecdote raconte assez bien ce qui anime Thibault, pour qui les souvenirs les plus précieux ne se mesurent pas uniquement à l’importance des compétitions. Très proche de ses parents et de ses frères, il revendique fièrement ses origines et ne considère nullement comme un fardeau le fait d’être le fils de Jean Lassalle, dont il admire la ténacité et auquel il reste profondément attaché.

Son parcours lui a également appris combien la confiance et les relations humaines peuvent influencer la réussite d’un sportif. Il évoque avec beaucoup d’affection les entraîneurs qui lui ont tendu la main, mais aussi Pierre Perez, qui l’a marqué durant sa formation à Bayonne. Lui qui a longtemps douté de ses capacités sait mieux que personne ce que quelques paroles encourageantes peuvent changer dans une carrière.

Derrière le solide deuxième ligne, on découvre ainsi un homme sensible, fidèle en amitié et particulièrement attaché à sa vie familiale. Père de trois enfants, il trouve auprès de sa compagne et des siens un équilibre qui lui permet de relativiser les contrariétés sportives, sans jamais perdre cette envie de se dépasser qui l’a si souvent aidé à revenir après les blessures.

C’est dans sa maison familiale de Lourdios-Ichère, au cœur de la vallée d’Aspe, que Thibault m’a accueilli pour cet entretien. Entourés de montagnes, avec les cloches des vaches en fond sonore, nous avons pris le temps de revenir sur son parcours et sur toutes ces rencontres qui lui ont permis de grandir.

J’ai adoré cet échange avec Thibault, un super gars, chaleureux, généreux et profondément attaché aux siens. Sa simplicité, sa bonne humeur et le plaisir évident qu’il prend à raconter ses souvenirs ont rendu notre rencontre particulièrement agréable. Je me suis régalé en sa compagnie, et je ne peux que vous inviter à découvrir notre conversation !

Bonne écoute !

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