À seulement 24 ans, Jean-Baptiste réalise l’un de ses plus grands rêves en portant le maillot du XV de France. Considéré quelques années plus tôt comme l’un des meilleurs espoirs mondiaux de sa génération, il a franchi les étapes à une vitesse impressionnante, depuis les terrains de Nay jusqu’au plus haut niveau international. Pourtant, après avoir atteint cet objectif si jeune, il lui devient progressivement plus difficile de retrouver la même motivation, comme si une partie de ce qui l’avait poussé à avancer avait déjà été accomplie.
Il grandit à Nay, dans le Béarn, au sein d’une famille où le rugby occupe une place importante. Son père, ses grands-pères et ses oncles ont tous pratiqué ce sport, tandis que sa mère est professeure d’éducation physique et son père kinésithérapeute. Très actif dès l’enfance, Jean-Baptiste aime multiplier les activités avec ses copains, du tennis au basket en passant par le vélo et le ski. Il découvre finalement le rugby à 7 ans, après avoir commencé par le football, et conserve un souvenir particulièrement marquant de son premier entraînement : un plaquage suffisamment appuyé pour lui faire immédiatement comprendre les exigences de ce nouveau sport !
À 16 ans, il attire l’attention de la Section Paloise. Les entraîneurs palois se déplacent même chez ses parents pour leur demander l’autorisation de l’accueillir, une proposition d’abord reçue avec prudence dans une famille qui tient à ce qu’il poursuive sérieusement ses études. Il finit néanmoins par rejoindre le club et poursuit une progression remarquable, enchaînant les sélections nationales chez les jeunes jusqu’à être désigné meilleur junior du monde en 2003. Votre contribution nous aide à produire de nouveaux épisodes et à préserver la liberté de La Cravate.Un podcast indépendant,
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Le rêve du maillot bleu
Après ses débuts professionnels à Pau, Jean-Baptiste rejoint le Castres Olympique en 2005, puis l’Aviron Bayonnais 2 ans plus tard. À Bayonne, il confirme ses qualités et poursuit son ascension, jusqu’à connaître une sélection avec le XV de France en 2008, avant de porter également le maillot des Barbarians français l’année suivante.
Ces expériences lui laissent de magnifiques souvenirs, mais elles marquent aussi un tournant dans sa manière d’envisager la suite. Jean-Baptiste raconte qu’une fois son principal objectif atteint, il lui a parfois manqué cette ambition supplémentaire qui pousse certains joueurs à consacrer toute leur existence à la recherche de nouveaux titres ou de nouvelles sélections. Il n’en demeure pas moins un joueur de haut niveau, mais commence à prendre davantage conscience de ce qu’il souhaite réellement retirer de sa carrière et de sa vie.
Il poursuit son parcours à Montpellier puis à Bordeaux, avant de rejoindre Béziers, où il retrouve un environnement dans lequel il se sent particulièrement utile et apprécié. Cette dernière expérience lui permet de disputer plusieurs belles saisons et de continuer à prendre du plaisir sur les terrains, jusqu’à ce que des problèmes de dos finissent par compromettre sa carrière.
En 2018, après 16 ans dans le rugby professionnel et près de 300 matchs disputés, Jean-Baptiste doit raccrocher les crampons. Une décision difficile à certains égards, mais qui lui apporte également une forme de soulagement après des années passées dans un univers particulièrement encadré.
Retrouver sa liberté
La fin de sa carrière ouvre une nouvelle étape, dans laquelle Jean-Baptiste choisit de mettre à profit son expérience du sport et ses connaissances du corps humain. Il devient préparateur physique et accompagne différentes personnes dans leurs objectifs, en conservant cette attention aux relations humaines qui l’a toujours caractérisé.
Ce changement professionnel s’accompagne d’une transformation importante de son quotidien. Habitué depuis des années à évoluer dans des clubs où presque tout était organisé pour lui, des entraînements aux rendez-vous médicaux, il découvre les responsabilités et les exigences liées au fait de travailler à son compte. Un nouvel environnement dans lequel il se sent pourtant beaucoup plus libre de prendre ses décisions et de construire son activité à sa manière.
Il revient ainsi sur les sentiments contrastés qui ont accompagné son départ du rugby professionnel, entre le plaisir de retrouver son indépendance et la prise de conscience de tout ce que cette carrière lui avait offert.
Ma fin de carrière a été un soulagement, je me sentais d’un coup beaucoup plus libre. Mais avec du recul, je me suis rendu compte que ce que j’avais vécu était exceptionnel et très grisant.
Jean-Baptiste Peyras · Épisode 62 de La Cravate
Cette nouvelle vie lui permet également de retrouver une relation différente au sport, moins tournée vers la performance de haut niveau et davantage vers le plaisir de pratiquer, de progresser et de transmettre. Jean-Baptiste évoque avec enthousiasme son métier, les rencontres qu’il occasionne et l’importance qu’il accorde au bien-être des personnes qu’il accompagne.
Notre rencontre a eu lieu chez lui, à Bayonne, quelques semaines après nous être croisés à la Foire au jambon. C’est d’ailleurs Marc Baget, mon invité de l’épisode #44, qui m’avait suggéré de le contacter. Une belle occasion de découvrir un homme aussi attaché aux autres qu’à son indépendance, et de revenir sur une carrière qu’il raconte avec beaucoup de recul, d’humour et de simplicité. Un échange très agréable, avec un personnage qui semble avoir trouvé dans cette nouvelle vie un équilibre qui lui correspond pleinement.
Bonne écoute !