#6 - Alexandre Barozzi

La volonté d'avancer - Vivre malgré le handicap

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Alexandre Barozzi, invité du podcast La Cravate
La Cravate
#6 - Alexandre Barozzi, la volonté d'avancer - Vivre malgré le handicap
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Pendant les vacances, Alexandre aimait retrouver ses oncles dans leurs exploitations agricoles du Gers. Il y découvrait le travail de la terre, les animaux et ce quotidien rural auquel il s’est toujours senti profondément attaché. Dans sa famille, le rugby occupait également une place considérable : son père, ses oncles et ses cousins y jouaient, si bien qu’il était difficile d’imaginer le petit garçon emprunter un chemin très différent.

Énergique et doté d’un caractère bien affirmé, il n’avait d’ailleurs qu’une idée en tête lorsqu’on lui demandait ce qu’il souhaitait faire plus tard : devenir rugbyman professionnel. Peu importe qu’on lui rappelle l’importance des études ou les incertitudes d’une carrière sportive, Alexandre avait choisi sa voie et entendait se donner toutes les chances d’y parvenir.

Après ses premiers pas à Marciac, Alexandre poursuit sa formation à Tarbes, Auch et au Stade Toulousain, avant de revenir dans le Gers et d’intégrer progressivement l’équipe professionnelle du FC Auch, entraînée par Henry Broncan. Il appartient alors à une génération dorée du rugby auscitain qui, en 2007, voit l’équipe première remporter le championnat de Pro D2 et accéder au Top 14, tandis que les Espoirs décrochent également le titre national. Une période particulièrement heureuse, dont Alexandre conserve autant le souvenir des succès sportifs que celui d’une formidable aventure entre copains.

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Son parcours le conduit ensuite à Biarritz puis à Brive, où il découvre les exigences du Top 14, mais également les contrariétés qui accompagnent parfois la vie d’un joueur professionnel. À seulement 26 ans, déçu par une dernière saison compliquée, il décide de tourner la page pour reprendre l’exploitation agricole de son oncle. Un projet qui lui ressemble et qui lui permet de renouer avec un univers qu’il affectionne depuis l’enfance.

Le jour où tout bascule

Souhaitant continuer à jouer tout en préparant sa nouvelle vie, Alexandre rejoint Lannemezan, en Fédérale 1. Il y retrouve rapidement une ambiance de vestiaire qui lui rappelle ses premières années à Auch, entre camaraderie, convivialité et plaisir de se retrouver sur le terrain.

Le 29 septembre 2013, lors d’un derby face à Bagnères-de-Bigorre, une mêlée s’écroule. Alexandre se fracture les cervicales et subit une lésion de la moelle épinière qui le laisse tétraplégique. En quelques secondes, ses projets et son quotidien sont bouleversés.

Commence alors une longue période d’hospitalisation et de rééducation, durant laquelle il doit apprendre à vivre avec des limitations physiques considérables. Son état se stabilise relativement rapidement, et les mois qui suivent sont davantage consacrés à l’apprentissage d’une nouvelle autonomie qu’à la récupération de ses capacités motrices.

Dans cette épreuve, Alexandre peut compter sur la présence de ses proches et sur une solidarité qui dépasse largement son entourage immédiat. Ses amis Arnaud Mignardi, Yann Fior et Thomas Raufaste créent notamment l’association Les Amis de Baro, tandis que de nombreux anonymes et acteurs du monde du rugby lui témoignent leur soutien.

Mais parmi toutes les raisons de continuer à avancer, il en est une qui occupe une place particulière : son fils, âgé de seulement trois mois au moment de l’accident. Le voir grandir, partager son quotidien et construire de nouveaux souvenirs avec lui constituent une motivation essentielle.

La vie ne s’arrête pas au bord d’un terrain

Alexandre parle de son handicap avec une franchise et un calme qui marquent immédiatement. Sans nier les difficultés auxquelles il est confronté, il refuse de considérer que sa vie doit désormais se résumer à ce qui lui est arrivé.

Il continue à suivre le rugby, à retrouver ses anciens partenaires et à profiter de ces liens d’amitié qui ont traversé les années. Il évoque également le rôle de la Fondation Ferrasse, de Provale et des personnes qui accompagnent les grands blessés du rugby, tout en portant un regard nuancé sur l’évolution de la sécurité des joueurs.

Installé à Anglet, dans une maison dont il a suivi attentivement la conception et la construction pour l’adapter à ses besoins, Alexandre apprécie désormais des plaisirs auxquels il accorde une importance toute particulière. Voir son fils évoluer, contempler l’océan ou simplement passer du temps avec ses proches lui apporte beaucoup.

Il y a des petits bonheurs qui sont aussi importants que réussir des grandes choses.

Alexandre Barozzi · Épisode 6 de La Cravate

Loin de se limiter à son expérience personnelle, il profite aussi de notre échange pour évoquer les préjugés auxquels les personnes en situation de handicap restent confrontées. Il insiste notamment sur la nécessité de ne pas confondre limitations physiques et capacités intellectuelles, une évidence qui ne semble malheureusement pas acquise pour tout le monde.

Son attachement au rugby se manifeste enfin à travers une réflexion sur l’avenir des clubs formateurs. Alexandre aimerait les voir davantage récompensés pour leur contribution à l’éclosion de joueurs professionnels, lui qui n’a rien oublié de ce qu’Auch et les autres clubs de sa jeunesse lui ont apporté.

C’est chez lui, à Anglet, qu’Alexandre m’a reçu pour cette rencontre. J’avais évidemment conscience de la difficulté de certains sujets que nous allions aborder, mais je tenais aussi à prendre le temps de découvrir l’homme au-delà de l’accident qui avait profondément marqué le monde du rugby.

J’ai été particulièrement touché par sa sincérité, son attachement à ses proches et la tranquillité avec laquelle il évoque sa vie, ses souvenirs et ses projets. Notre conversation m’a beaucoup apporté, et je garde un souvenir très fort de ce moment passé avec Baro, dont je vous invite à découvrir l’histoire et les réflexions.

Bonne écoute !

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