#36 - Lionel Faure

Audace et découverte - L'instinct avant tout

1h34
Lionel Faure, invité du podcast La Cravate
La Cravate
#36 - Lionel Faure, audace et découverte - L'instinct avant tout
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Lionel a toujours eu le goût des découvertes et des décisions spontanées. Partir sans connaître grand monde, accepter un nouveau défi ou changer complètement d’environnement ne lui a jamais vraiment fait peur. Cette curiosité, associée à un tempérament entier et une bonne dose d’audace, l’a conduit bien plus loin qu’il ne l’imaginait lorsqu’il rêvait simplement de devenir boulanger-pâtissier. Du Tarn-et-Garonne à l’Angleterre, en passant par plusieurs grands clubs français, il a construit son parcours au gré des rencontres et des opportunités, sans jamais perdre cette envie de vivre pleinement chaque expérience.

Son enfance se déroule à Beaumont-de-Lomagne, dans une région où le rugby fait partie du quotidien. Garçon énergique, parfois un peu casse-cou, il multiplie les aventures et les petites blessures, au point que ses parents finissent par l’inscrire à l’école de rugby locale, espérant ainsi canaliser son énergie.

Il y retrouve ses camarades et découvre un environnement dans lequel il se sent immédiatement à son aise. Pendant une dizaine d’années, il grandit au rythme des entraînements et des rencontres, avant que son goût pour un tout autre métier ne vienne influencer la suite de son parcours.

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Le goût de l’aventure

À l’adolescence, Lionel se passionne pour la boulangerie et la pâtisserie. Il quitte l’école après la troisième pour entreprendre un apprentissage, décroche son diplôme de boulanger et décide de poursuivre sa formation dans la pâtisserie.

C’est d’ailleurs sa volonté de devenir pâtissier qui le conduit à Valence-d’Agen, où il trouve la possibilité de poursuivre son apprentissage tout en rejoignant un club plus ambitieux. Une opportunité qui lui permet de progresser simultanément dans les deux domaines.

Ses performances attirent progressivement l’attention de plusieurs équipes, jusqu’à ce que Clermont lui propose de rejoindre son centre de formation. À une vingtaine d’années, Lionel prend alors la route de l’Auvergne au volant de sa Ford Fiesta, sans connaître véritablement la ville ni les joueurs qui l’attendent.

Il découvre progressivement les exigences du haut niveau, dans un rugby français qui vient tout juste de basculer dans le professionnalisme. Après avoir poursuivi sa formation avec les jeunes, il fait ses premières apparitions en équipe première, au contact de joueurs expérimentés dont certains ont marqué l’histoire du club.

L’arrivée d’un nouvel encadrement sportif bouleverse toutefois ses perspectives à Clermont. Écarté de l’équipe première, Lionel prend alors la direction du Stade Rochelais, où il passe deux saisons avant de poursuivre sa carrière à la Section Paloise.

Ces différentes expériences lui permettent de gagner en maturité et de découvrir des environnements très différents. Pourtant, c’est une proposition venue d’Angleterre qui va lui offrir l’une des aventures les plus marquantes de sa vie.

L’Angleterre comme terrain d’expression

Lorsqu’il décide de rejoindre les Sale Sharks, Lionel n’a jamais vécu à l’étranger et ne parle pratiquement pas anglais. Il prend néanmoins sa voiture et traverse la Manche pour rejoindre Manchester, découvrant à son arrivée une ville inconnue, sous la pluie, avec pour seul objectif de trouver son hôtel !

Cette anecdote résume assez bien sa manière de fonctionner : lorsqu’une occasion lui semble intéressante, il préfère tenter sa chance plutôt que de passer des semaines à peser le pour et le contre.

À Sale, il découvre un championnat particulièrement exigeant, un rugby différent et un effectif dans lequel évoluent notamment Philippe Saint-André, Sébastien Chabal et Sébastien Bruno. Entouré de joueurs talentueux, il trouve rapidement sa place et contribue aux performances d’une équipe qui s’affirme parmi les meilleures d’Angleterre.

En 2006, les Sharks remportent le championnat anglais, offrant à Lionel le premier grand titre de sa carrière. Cette réussite collective récompense plusieurs saisons d’investissement et confirme qu’il a eu raison de tenter l’aventure outre-Manche.

Ses performances attirent également l’attention des sélectionneurs nationaux. Alors qu’il n’a encore jamais porté le maillot du XV de France, il est approché par les fédérations anglaise et italienne, qui envisagent de pouvoir faire appel à lui.

C’est finalement avec l’arrivée de Marc Lièvremont à la tête de l’équipe de France qu’il obtient sa chance sous les couleurs tricolores. Il honore huit sélections, découvrant ainsi le rugby international après avoir patiemment construit sa carrière dans plusieurs championnats.

L’instinct des nouveaux départs

En 2009, Lionel décide de revenir à Clermont, là où il avait découvert le rugby professionnel une dizaine d’années plus tôt. Cette fois, il retrouve un club devenu l’une des grandes forces du championnat français, avec l’ambition de décrocher enfin un Bouclier de Brennus qui lui échappe depuis tant d’années.

Le rêve se réalise dès la saison suivante. En 2010, l’ASM remporte son premier titre de champion de France, offrant aux supporters auvergnats une joie immense après une longue série de finales perdues. Pour Lionel, ce sacre représente une satisfaction particulière, tant il mesure le chemin parcouru depuis ses premiers pas dans le club.

Il poursuit encore deux saisons avant de décider, en 2012, de mettre un terme à sa carrière, alors même qu’il vient de réaliser l’un de ses exercices les plus aboutis. Il choisit ainsi de raccrocher les crampons au moment qu’il estime juste et de se consacrer à de nouveaux projets.

Je fais souvent des choses sur des coups de tête, mais je les fais à fond. Ça a des avantages et parfois des inconvénients.

Lionel Faure · Épisode 36 de La Cravate

Cette philosophie continue de l’accompagner après le rugby. Toujours aussi curieux, Lionel se lance dans le secteur des assurances et prend la direction d’un cabinet à L’Isle-Jourdain, dans le Gers. Un univers éloigné des terrains, mais dans lequel il retrouve le goût des responsabilités, des relations humaines et des défis quotidiens.

Sa vie ne se limite pourtant pas à son activité professionnelle. Grand amateur de voyages, il profite également de ses déplacements pour découvrir d’autres cultures et participe à des initiatives humanitaires, avec la même envie de rencontrer des personnes et de s’ouvrir à de nouvelles expériences.

Au fond, le rugby n’a été qu’une partie de son parcours. Il lui a offert des amitiés, des souvenirs et de nombreuses occasions de découvrir le monde, sans jamais épuiser son appétit pour les aventures nouvelles.

J’ai pris énormément de plaisir à échanger avec Lionel. Derrière son humour et sa spontanéité, j’ai découvert un homme particulièrement ouvert, capable de raconter une multitude d’anecdotes avec un naturel désarmant.

Ce qui m’a surtout marqué, c’est cette capacité à avancer sans se laisser paralyser par la peur de l’inconnu. Qu’il s’agisse de traverser la Manche sans parler anglais, de changer de métier ou de partir découvrir une autre région du monde, Lionel a toujours su saisir les opportunités qui se présentaient à lui. Un personnage entier et passionnant, avec qui la conversation aurait facilement pu durer quelques heures supplémentaires.

Bonne écoute !

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