#52 - Philippe Saint-André

Acteur de son existence - Les 1001 vies

1h27
Philippe Saint-André, invité du podcast La Cravate
La Cravate
#52 - Philippe Saint-André, acteur de son existence - Les 1001 vies
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Enfant, Philippe rêvait avant tout de porter le maillot à damiers de l’US Romans, le club de sa ville natale. À 17 ans, il réalise ce premier objectif en découvrant la première division, sans imaginer qu’il deviendra quelques années plus tard capitaine du XV de France, puis entraîneur et sélectionneur national. Du rugby amateur de ses débuts aux exigences du professionnalisme, il traversera plusieurs époques de notre sport et connaîtra une multitude d’aventures, avec une curiosité et un enthousiasme qui ne l’ont jamais quitté.

Né en 1967 à Romans-sur-Isère, Philippe grandit dans une famille où le sport occupe une place essentielle. Sa mère est éducatrice de tennis, son père pratique le football et s’investit également dans un club de tennis, tandis que lui multiplie les activités dès son plus jeune âge. Particulièrement doué raquette en main, il figure parmi les meilleurs joueurs français de sa génération et se voit proposer une place en sport-études. Mais à 15 ans, il préfère finalement privilégier le rugby, séduit par les plaisirs du jeu collectif, les amitiés et l’ambiance des déplacements avec ses coéquipiers.

Il poursuit ses études tout en évoluant avec les Damiers, qu’il rejoint en équipe première dès 17 ans. Ses qualités physiques, sa vitesse et son efficacité offensive attirent rapidement l’attention de plusieurs clubs du championnat. En 1988, après les conseils d’un coéquipier qui l’encourage à tenter sa chance ailleurs, Philippe rejoint l’AS Montferrand, convaincu notamment par un appel de Jean-Pierre Romeu, dont il admirait les exploits lorsqu’il était enfant.

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L’étoffe des grands

Son arrivée en Auvergne marque le début d’une période particulièrement faste. Philippe s’impose rapidement parmi les meilleurs ailiers français et rejoint le XV de France dès ses premières saisons montferrandaises. Il dispute notamment les Coupes du monde 1991 et 1995 et devient l’une des figures majeures d’une équipe qui compte plusieurs joueurs emblématiques de cette génération.

Parmi ses 69 sélections, certaines rencontres occupent une place particulière dans la mémoire des amateurs de rugby. En 1991, il conclut notamment le fameux « essai du siècle » face à l’Angleterre à Twickenham, avant d’être à l’origine de « l’essai du bout du monde » inscrit par Jean-Luc Sadourny contre la Nouvelle-Zélande en 1994.

Capitaine des Bleus, Philippe mesure pleinement les responsabilités liées à ce rôle, mais aussi le plaisir de représenter son pays dans les plus grandes compétitions. Il garde de cette période des souvenirs exceptionnels, même si sa carrière internationale, comme celle de son club, n’aura pas toujours été couronnée par les titres qu’il espérait.

Après 9 saisons à Montferrand, il décide en 1997 de rejoindre Gloucester, franchissant ainsi une étape importante à une époque où le professionnalisme transforme profondément le rugby européen. Il découvre en Angleterre un environnement différent, avec une organisation et des méthodes qui vont influencer durablement sa vision de ce sport.

Le goût des responsabilités

D’abord entraîneur-joueur à Gloucester, Philippe met un terme à sa carrière sportive en 2000 pour prendre la direction du rugby du club. Cette transition lui permet de découvrir une autre facette du haut niveau, faite de recrutement, de gestion humaine, de stratégie et de responsabilités bien différentes de celles d’un joueur.

Après une expérience à Bourgoin-Jallieu, interrompue à la suite de désaccords avec la direction, il retrouve l’Angleterre et prend les commandes de Sale, où il contribue à transformer le club en l’une des formations les plus compétitives du championnat. Cette aventure lui apporte une reconnaissance importante dans le monde du rugby professionnel et lui permet de développer une véritable expertise du management.

En 2009, Philippe revient en France pour rejoindre Toulon, alors engagé dans un ambitieux projet sportif. Deux ans plus tard, il accepte de prendre la tête du XV de France, une fonction prestigieuse qu’il aborde avec beaucoup d’ambition et la volonté de mettre son expérience au service des Bleus.

L’aventure se révèle néanmoins particulièrement exigeante. Pendant 4 ans, il doit composer avec les attentes considérables qui entourent l’équipe nationale, les difficultés sportives et une pression médiatique permanente. Il revient avec franchise sur cette période, dont il conserve à la fois la fierté d’avoir exercé cette responsabilité et les souvenirs de moments beaucoup plus délicats.

Mille vies, autant d’envie

Après son départ du XV de France en 2015, Philippe prend quelque temps ses distances avec les terrains, sans pour autant se désintéresser du rugby. Il développe d’autres activités, conserve de nombreux contacts dans le milieu sportif et continue à suivre les évolutions d’un univers qu’il connaît sous presque toutes ses formes.

Sa passion finit par le ramener au Montpellier Hérault Rugby, où il retrouve progressivement des responsabilités sportives et participe à la reconstruction d’un club confronté à une situation délicate. Une nouvelle aventure qui témoigne de sa capacité à se remettre en question, à prendre des décisions et à accepter de nouveaux défis.

Curieux de nature, Philippe se passionne également pour les voyages, les rencontres et les expériences qui lui permettent de découvrir d’autres manières de penser et de travailler. Il a connu le rugby amateur, semi-professionnel et professionnel, aussi bien comme joueur que comme entraîneur, et conserve de chacune de ces périodes des enseignements qu’il aime partager.

Cette richesse d’expérience ne l’empêche pas de regarder résolument vers l’avenir. Malgré les responsabilités exercées et les difficultés rencontrées, il garde le goût d’apprendre et cette conviction que l’on peut toujours progresser, quel que soit son âge ou son parcours.

Je suis un éternel optimiste et j’ai plein de rêves !
Mais si demain je peux être un peu meilleur qu’aujourd’hui, ce sera déjà pas mal.

Philippe Saint-André · Épisode 52 de La Cravate

Au fil de notre échange, Philippe revient aussi avec beaucoup d’humour sur le rugby de ses jeunes années, les déplacements en bus, les troisièmes mi-temps et les habitudes alimentaires parfois étonnantes de l’époque. Des souvenirs savoureux qui contrastent avec les exigences actuelles du sport professionnel et donnent à notre conversation une saveur particulière.

Je me suis régalé durant ce long moment passé avec Philippe, dont la disponibilité, la franchise et le sens de l’humour m’ont particulièrement marqué. Bien loin de l’image parfois rigide que l’on peut se faire de lui à travers ses fonctions de manager ou de sélectionneur, j’ai découvert un homme chaleureux, passionné et intarissable lorsqu’il raconte ses expériences. Nous aurions facilement pu prolonger cet échange pendant plusieurs heures, tant il a de choses à raconter sur les différentes vies qu’il a menées dans le rugby. Je suis vraiment heureux de pouvoir vous partager cette rencontre.

Bonne écoute !

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