Il y a quelque chose d’assez étonnant dans l’histoire de Craig. Né dans la campagne écossaise, au sein d’une famille d’agriculteurs, il a parcouru le monde grâce au rugby, porté à 25 reprises le maillot de son pays et participé à une Coupe du monde avant de s’installer définitivement dans les Landes. Un choix qui doit autant à son parcours sportif qu’à son amour pour une région où il a retrouvé les paysages, les traditions et la simplicité de son enfance.
Craig grandit dans les Borders, cette région rurale du sud de l’Écosse située près de la frontière anglaise. Ses parents élèvent des vaches et des moutons, et les journées du jeune garçon se partagent entre l’école, les activités de la ferme et les retrouvailles avec les copains du village. Il garde de cette période le souvenir d’une vie heureuse, faite de parties de pêche dans les ruisseaux, de promenades à vélo et de moments passés auprès des animaux.
Son père, agriculteur, avait lui-même pratiqué un peu le rugby, tandis que sa mère partageait son temps entre ses enfants et le travail sur l’exploitation familiale. Aîné d’une fratrie de trois, Craig découvre le ballon ovale vers 10 ans, après avoir longtemps pratiqué le football en parallèle. Son gabarit attire rapidement l’attention, et quelques rencontres déterminantes lui permettent de progresser au sein d’un sport particulièrement populaire dans sa région. Votre contribution nous aide à produire de nouveaux épisodes et à préserver la liberté de La Cravate.Un podcast indépendant,
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L’appel du XV du Chardon
Après avoir fait ses premiers pas à Berwick, Craig rejoint le prestigieux club de Melrose, véritable institution du rugby écossais et berceau historique du rugby à 7. Il n’a que 18 ans lorsqu’il décroche un premier contrat espoir professionnel et découvre un environnement particulièrement formateur, où il côtoie plusieurs joueurs appelés à connaître une carrière internationale.
Initialement utilisé en troisième ligne, il se fixe progressivement au poste de pilier, où sa puissance, sa mobilité et sa capacité à jouer des deux côtés de la mêlée constituent de précieux atouts. Son parcours l’amène également à tenter une expérience en Nouvelle-Zélande, pays dont la culture rugbystique le marque profondément.
De retour en Écosse, il rejoint Édimbourg et s’impose progressivement dans l’effectif, jusqu’à attirer l’attention des sélectionneurs nationaux. En 2002, il découvre le XV du Chardon et entame une aventure internationale qui le conduira jusqu’à la Coupe du monde 2007, disputée en France.
Avec 25 sélections, Craig mesure aujourd’hui la chance qu’il a eue de représenter son pays au plus haut niveau. Il reconnaît d’ailleurs qu’au moment de vivre ces expériences, on ne prend pas toujours pleinement conscience de leur importance, et qu’il faut parfois attendre plusieurs années pour apprécier tout ce qu’elles ont représenté.
Une nouvelle vie dans le rugby français
À l’issue de la Coupe du monde 2007, Craig traverse la Manche pour rejoindre le Racing, alors engagé dans un ambitieux projet de remontée parmi l’élite française. Pendant deux saisons, il découvre les particularités du rugby hexagonal au sein d’un effectif qui rassemble de nombreux joueurs expérimentés.
Il rejoint ensuite l’US Dax, une étape qui va profondément influencer la suite de son existence. Blessé lors de cette période de transition, il découvre également le Centre européen de rééducation du sportif de Capbreton, où il fait plusieurs rencontres et commence à tisser des liens dans une région qu’il connaît encore assez peu.
Son aventure se poursuit à Narbonne, où il achève sa carrière professionnelle, avant de continuer à jouer au niveau amateur, notamment à Hagetmau. Il donne également de son temps à Montfort-en-Chalosse, conservant ainsi le plaisir de transmettre son expérience et de participer à la vie de clubs à taille humaine.
Mais au-delà du rugby, c’est toute une région qui le séduit. Les paysages verdoyants, la place importante de l’agriculture et la convivialité des habitants lui rappellent les Borders de son enfance, tandis que la gastronomie locale lui réserve quelques très belles découvertes.
En venant jouer dans les Landes, j’ai découvert le foie gras. Il y a des canards, des bœufs, des agneaux…
Ils cultivent même l’asperge et la cacahuète. Il y a tout ce qu’il faut !Craig Smith · Épisode 48 de La Cravate
Les Landes comme une évidence
Progressivement, Craig prend la décision de s’installer durablement dans le Sud-Ouest avec sa famille. À Pouillon, près de Dax, il retrouve un environnement rural proche de celui dans lequel il a grandi, avec cette possibilité de vivre à la campagne tout en restant entouré d’une communauté particulièrement attachée au rugby.
Sa vie actuelle semble finalement prolonger celle de son enfance écossaise, avec le même goût pour la nature, les relations simples et les plaisirs du quotidien. Loin d’être nostalgique de sa carrière internationale, Craig apprécie pleinement ce qu’il a construit en France et parle des Landes avec une affection qui ne laisse aucun doute sur son attachement à cette terre d’adoption.
Son parcours témoigne aussi de l’ouverture que peut apporter le sport. Parti d’une petite ferme des Borders, il a découvert des pays, des cultures et des personnes très différentes, avant de trouver son bonheur à plusieurs centaines de kilomètres de son Écosse natale.
C’est chez lui, à Pouillon, dans une magnifique maison landaise, que Craig m’a reçu pour cet entretien. J’ai immédiatement apprécié sa simplicité, son humour et son enthousiasme lorsqu’il évoque aussi bien ses souvenirs de rugby que les plaisirs de sa nouvelle vie. Derrière l’ancien international, j’ai découvert un homme profondément attaché à ses racines, modeste et particulièrement agréable à côtoyer.
Je me suis régalé durant ce moment passé en sa compagnie, avec l’impression de retrouver chez cet Écossais une bonne partie de ce qui fait le charme et la générosité du Sud-Ouest. Un vrai bon gars, comme on les aime, dont je suis très heureux de pouvoir vous partager l’histoire.
Bonne écoute !