Titou a connu des émotions dont peu de joueurs peuvent se prévaloir. Pourtant, lorsqu’il revient sur sa carrière, ce sont avant tout les rencontres, les amitiés et les moments partagés qui occupent une place particulière dans ses souvenirs. Derrière l’ouvreur de talent, devenu l’un des visages marquants du rugby français des années 1990, se dessine un homme discret, profondément attaché à sa liberté et qui n’a jamais cherché à entretenir sa propre légende.
Il grandit à Labatut, dans les Landes, au sein d’une famille où le rugby occupe une place essentielle. Son père entraîne l’équipe première de Habas et, dès son plus jeune âge, Titou l’accompagne régulièrement au stade. Il découvre le plaisir de jouer, mais aussi celui de pratiquer toutes sortes de sports, du tennis à l’athlétisme en passant par la pelote basque.
Cette enfance passée à courir d’un terrain à l’autre lui donne le goût du mouvement et de cette liberté qu’il continuera de revendiquer tout au long de sa vie. Votre contribution nous aide à produire de nouveaux épisodes et à préserver la liberté de La Cravate.Un podcast indépendant,
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Les rencontres qui dessinent un destin
C’est à Habas qu’il prend sa première licence, avant d’attirer l’attention de Gaston Dubois, figure emblématique de la formation à Peyrehorade. Ce dernier l’invite à rejoindre son école de rugby et devient rapidement l’une des personnes les plus importantes de son parcours.
Titou parle de lui avec une affection et une reconnaissance profondes. Bien au-delà de ses conseils sportifs, Gaston lui transmet une certaine idée de l’engagement, du partage et du respect des autres. Son influence accompagnera longtemps le jeune Landais, jusque dans les plus grandes compétitions internationales.
Après ses années à Peyrehorade, il intègre la section sport-études de Bayonne, puis rejoint l’Aviron Bayonnais, où il découvre l’équipe première à seulement dix-huit ans. Il y côtoie notamment Patrice Lagisquet, Jean-Michel Gonzalez et plusieurs figures d’un rugby encore largement amateur, dont il garde des souvenirs particulièrement heureux.
Pendant six saisons, il se forge une solide expérience dans un environnement exigeant, avant qu’une nouvelle étape ne s’ouvre à lui avec le CA Brive.
Des sommets brivistes à l’exploit de Twickenham
En rejoignant Brive, Titou découvre un club ambitieux, qui lui offre l’occasion de franchir un nouveau cap. L’aventure prend rapidement une dimension exceptionnelle puisque les Corréziens remportent la Coupe d’Europe en 1997, face à Leicester, au terme d’un parcours qui demeure l’un des grands moments de l’histoire du club.
Ses performances lui ouvrent également les portes du XV de France, avec lequel il connaît plusieurs campagnes mémorables. Vainqueur du Grand Chelem en 1997 puis en 1998, il devient un élément important d’une génération particulièrement talentueuse.
Mais c’est surtout lors de la Coupe du monde 1999 que son nom entre définitivement dans la mémoire collective des amateurs de rugby. Face à la Nouvelle-Zélande, en demi-finale à Twickenham, les Bleus réalisent un exploit retentissant en renversant les All Blacks. Auteur d’une prestation magistrale, Titou contribue largement à cette victoire qui reste l’une des plus belles de l’histoire du XV de France.
Ce match occupe évidemment une place particulière dans sa carrière, même si son regard sur cette période dépasse largement les seuls résultats. Au fil de notre conversation, il revient sur l’atmosphère de ces grands rendez-vous, les personnalités qui ont marqué son chemin et les émotions propres à ces aventures collectives.
J’ai toujours vécu le rugby comme un grand voyage. Il était beau et il m’a procuré des émotions extraordinaires que je ne pourrai jamais vivre ailleurs.
Christophe Lamaison · Épisode 31 de La Cravate
Après Brive, il rejoint le SU Agen, où il poursuit sa carrière au plus haut niveau et dispute notamment la finale du championnat de France en 2002, perdue face au Biarritz Olympique. Il fait ensuite le choix de revenir à l’Aviron Bayonnais, retrouvant un club auquel il demeure très attaché et participant à son retour vers l’élite.
Une nouvelle vie, loin des projecteurs
Lorsque sa carrière de joueur prend fin, Titou sait qu’un autre chapitre doit s’ouvrir. Il a toujours considéré le rugby comme une aventure extraordinaire, mais limitée dans le temps, et s’est préparé à cette transition en cultivant d’autres centres d’intérêt.
Désormais engagé professionnellement dans le domaine des énergies renouvelables, il s’investit dans de nouveaux projets et mène une vie éloignée de l’exposition médiatique qui avait accompagné ses plus belles années sportives.
Cette discrétion correspond à sa manière d’avancer, de profiter de nouvelles expériences et de conserver les souvenirs de sa carrière sans éprouver le besoin de les entretenir publiquement.
Titou porte également un regard attentif sur les enjeux environnementaux, auxquels son activité professionnelle l’a particulièrement sensibilisé. Il évoque avec conviction la nécessité d’agir et la responsabilité de chacun dans la préservation de notre cadre de vie.
C’est grâce à Julien Peyrelongue que j’ai eu la chance de rencontrer Titou, dont la parole est devenue particulièrement rare depuis la fin de sa carrière. Je dois dire qu’en me retrouvant face à lui, j’ai eu l’impression de redevenir le gamin qui l’admirait devant sa télévision !
Nous avons passé un magnifique moment ensemble. J’ai adoré sa simplicité, son humilité et la liberté avec laquelle il s’est confié sur son parcours et sa vie d’aujourd’hui. Un moment que je ne suis pas près d’oublier, tant cette rencontre comptait pour moi.
Bonne écoute !