#19 - Julien Peyrelongue

Le bon rebond - Comme un Pesquit dans l'eau

1h04
Julien Peyrelongue, invité du podcast La Cravate
La Cravate
#19 - Julien Peyrelongue, le bon rebond - Comme un Pesquit dans l'eau
Loading
/

Lorsque Julien Peyrelongue décide de reprendre ses études à l’approche de la trentaine, son père, agriculteur dans les Landes, lui demande régulièrement s’il a bien travaillé à l’école. Une attention qui le fait encore sourire des années plus tard, mais qui en dit long sur l’éducation qu’il a reçue et sur la place accordée au travail dans sa famille. Car chez les Peyrelongue, on ne considère jamais que les choses sont acquises, même lorsqu’on gagne sa vie en jouant au rugby.

Julien a grandi à Peyrehorade, entouré de sa grande sœur et de parents qui lui ont laissé profiter d’une enfance heureuse, à condition de ne pas négliger ses résultats scolaires. Dans ce village où son père et ses oncles avaient eux-mêmes pratiqué le rugby, il était difficile d’échapper au ballon ovale, d’autant que Gaston Dubois avait mis en place un système de ramassage en bus pour permettre aux enfants du canton de rejoindre l’école de rugby chaque mercredi. C’est ainsi qu’à 6 ans, Julien retrouve ses copains sur les terrains du Sporting Club Peyrehoradais, sans se douter que cette passion allait lui ouvrir les portes des plus grands stades.

Prendre son temps pour aller loin

Ses qualités d’ouvreur lui permettent rapidement de se distinguer et d’intégrer les différentes sélections nationales de jeunes, avec lesquelles il devient notamment champion du monde des moins de 19 ans. Malgré cette progression et l’intérêt que lui porte le Stade Toulousain, Julien fait le choix de rester une saison supplémentaire à Peyrehorade afin de découvrir la Fédérale 1 avec l’équipe première, préférant se confronter à des joueurs expérimentés plutôt que de précipiter son départ.

Un podcast indépendant,
grâce à vous.

Votre contribution nous aide à produire de nouveaux épisodes et à préserver la liberté de La Cravate.

Je soutiens La Cravate

À seulement 18 ans, il participe ainsi à des derbies particulièrement disputés, entouré de partenaires qui le connaissent depuis l’enfance et qui veillent sur lui lorsque les rencontres deviennent un peu trop engagées. Cette année supplémentaire lui permet de gagner en maturité et de profiter une dernière fois du quotidien de son club formateur, avant de rejoindre le Biarritz Olympique en 1999.

À Biarritz, où Serge Blanco et Marcel Martin nourrissent de grandes ambitions, Julien découvre un effectif composé de joueurs qu’il admirait encore devant sa télévision quelques mois auparavant. Il a notamment la chance d’apprendre auprès de Frano Botica et de Laurent « Lulu » Mazas, ce dernier le prenant sous son aile dès son arrivée. Une relation qui dépassera rapidement le cadre du terrain, puisque les deux hommes resteront très proches après leur carrière.

Sous la direction de Patrice Lagisquet, le jeune ouvreur poursuit son apprentissage au sein d’une équipe qui progresse rapidement, trouvant peu à peu sa place dans un groupe où l’expérience des anciens se conjugue à l’enthousiasme d’une nouvelle génération.

Une génération qui a marqué Biarritz

En 2002, le Biarritz Olympique retrouve le sommet du rugby français en remportant le championnat face à Agen, mettant fin à plus de soixante ans d’attente. Julien se souvient autant de cette finale, marquée par le drop décisif de Lulu Mazas, que du retour au Pays basque, lorsque les joueurs découvrent une ville entièrement acquise à leur cause et des rues envahies de rouge et de blanc.

Cette première consécration annonce une période exceptionnelle pour le BO, qui décroche deux nouveaux titres de champion de France en 2005 et 2006 et dispute également de grandes rencontres européennes. Au fil des saisons, Julien s’affirme comme un élément important de cette équipe, dont il apprécie particulièrement la solidarité et la capacité à intégrer les nouveaux venus sans perdre l’esprit qui faisait sa force.

Ses performances lui ouvrent également les portes du XV de France en 2004, lorsque Bernard Laporte fait appel à lui pour disputer le Tournoi des Six Nations. Julien participe au Grand Chelem remporté cette année-là et découvre les exigences du niveau international, où il bénéficie notamment des encouragements de Christophe Dominici. Il honorera six sélections avec les Bleus, avant qu’une blessure au genou ne freine sa progression et ne compromette ses chances de prolonger l’aventure.

Pourtant, lorsqu’il évoque cette décennie, les trophées et les sélections ne suffisent pas à résumer ses souvenirs. Ce sont aussi les visages de ses partenaires, les déplacements, les fêtes et les amitiés qui reviennent dans la conversation, avec cette conviction que les grandes équipes se construisent d’abord autour de joueurs heureux de se retrouver.

Il conserve d’ailleurs des liens étroits avec nombre de ses anciens coéquipiers, qu’il retrouve régulièrement bien après la fin de leur carrière, preuve que les relations nouées dans les vestiaires ont largement dépassé le cadre du terrain.

Trouver sa place après les terrains

Après quatorze saisons sous les couleurs du Biarritz Olympique, Julien rejoint l’US Dax pour deux dernières années avant de mettre un terme à sa carrière en 2016, à l’âge de 35 ans. Mais cette transition, souvent redoutée par les sportifs professionnels, il avait commencé à la préparer plusieurs années auparavant en reprenant ses études, convaincu qu’il lui faudrait trouver une activité dans laquelle s’investir avec autant d’envie.

Il dirige désormais une société de maîtrise d’œuvre à Biarritz, un métier dont il découvre les exigences avec enthousiasme et dans lequel il entend construire quelque chose de durable. Après avoir longtemps vécu au rythme des entraînements et des compétitions, il apprécie de pouvoir se consacrer à de nouveaux projets, tout en gardant un lien fort avec les amis rencontrés au cours de sa carrière.

Avoir une activité, des centres d’intérêt hors du rugby, permet au joueur de s’épanouir en dehors du terrain.

Julien Peyrelongue · Épisode 19 de La Cravate

Son expérience nourrit également une réflexion sur la reconversion des joueurs, particulièrement de ceux qui consacrent toute leur jeunesse au rugby sans envisager ce qu’ils feront une fois leurs crampons raccrochés. Julien insiste sur l’importance de conserver des centres d’intérêt et de rester curieux, afin que la fin d’une carrière ne signifie pas la disparition de tous ses repères.

C’est à Anglet, au restaurant Le Lieu de Jérôme Thion, avec une magnifique vue sur la plage de la Chambre d’Amour, que nous nous sommes retrouvés pour enregistrer cet épisode.

J’ai passé un excellent moment avec Julien, dont j’ai particulièrement apprécié la simplicité, la bonne humeur et la franchise. Il raconte avec beaucoup de plaisir ses années à Biarritz, sans oublier ceux qui l’ont accompagné, et parle de sa nouvelle activité avec tout autant d’enthousiasme. Je suis ravi d’avoir pu partager cette conversation avec lui !

Bonne écoute !

La Cravate dans votre
boîte mail

À (re)découvrir