Quand il était gamin, Julien passait davantage de temps à regarder par la fenêtre de sa classe qu’à écouter ses professeurs. Ce qui l’intéressait se trouvait dehors, dans les champs, sur les chemins de campagne ou au volant du tracteur d’un agriculteur voisin, qu’il accompagnait dès qu’il en avait l’occasion. Toujours en vadrouille sur son vélo, rarement pressé de rentrer à la maison, il rêvait avant tout d’une vie au grand air.
Né à Agen mais élevé à Sérignac, dans le Lot, Julien grandit au sein d’une famille sportive. Son père pratique le rugby et entraîne, sa mère joue au basket puis au handball, tandis que son frère aîné partage ses premières aventures sur les terrains. Avec leurs copains, ils s’amusent notamment à rejouer les rencontres du Tournoi des Cinq Nations sur le terrain de football du village, à trois contre trois, en parcourant des distances qui auraient probablement découragé bien des adultes !
À l’école, les choses sont moins évidentes. Après un passage en lycée agricole, Julien s’oriente vers les travaux paysagers, apprend le métier en alternance et commence à travailler sur les chantiers. Le rugby accompagne son quotidien depuis ses débuts à Tournon-d’Agenais, mais il n’imagine absolument pas pouvoir en vivre un jour. Votre contribution nous aide à produire de nouveaux épisodes et à préserver la liberté de La Cravate.Un podcast indépendant,
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Des chantiers aux portes du XV de France
Passé par les équipes de jeunes du Stade Toulousain, Julien poursuit sa formation sportive tout en travaillant dans les espaces verts. Ses journées commencent parfois à six heures et demie du matin pour ne s’achever qu’après l’entraînement, alors que ses partenaires peuvent consacrer beaucoup plus de temps à leur préparation.
Malgré ses qualités de vitesse et les titres remportés chez les jeunes, la concurrence est particulièrement forte à Toulouse, où évoluent notamment Émile Ntamack, Cédric Heymans et Vincent Clerc. Julien envisage donc sérieusement de poursuivre son métier de paysagiste, jusqu’à ce qu’un départ inattendu dans l’effectif de Narbonne lui ouvre une porte qu’il ne pensait plus voir s’entrouvrir.
Recommandé par plusieurs joueurs toulousains, il rejoint le Racing Club Narbonnais et découvre enfin ce dont il est capable lorsqu’il peut se consacrer pleinement au rugby. En quelques mois, sa vie bascule et ses performances lui ouvrent les portes du XV de France, une consécration qu’il n’avait jamais vraiment osé envisager.
Lui qui admirait les internationaux à la télévision se retrouve soudain à partager leur vestiaire et à affronter certains des meilleurs joueurs du monde. Une ascension si rapide qu’il lui faudra du temps pour prendre la mesure de ce qui lui arrive.
Le bonheur catalan, puis l’envie d’autre chose
En 2007, Julien rejoint l’USAP dans des circonstances difficiles, profondément marqué par la relégation de Narbonne, qu’il vit comme un échec personnel. Cette déception l’accompagne pendant plusieurs mois avant qu’il ne parvienne à prendre pleinement sa place dans son nouveau club.
En 2009, il participe au titre de champion de France remporté par Perpignan, au terme d’une saison portée par la ferveur exceptionnelle des supporters sang et or. Le souvenir de ces phases finales, des tribunes envahies de couleurs catalanes et de la joie collective reste profondément ancré dans sa mémoire.
La suite de son parcours est plus éprouvante. En 2011, un drame familial vient bouleverser sa vie et rend les mois suivants particulièrement difficiles, sur le plan personnel comme sur les terrains. Julien ressent alors le besoin de prendre un nouveau départ, sans pour autant renoncer au sport de haut niveau.
Une conversation avec Émile Ntamack lui fait découvrir les ambitions de l’équipe de France de rugby à 7, qui prépare notamment sa qualification pour les Jeux olympiques de Rio. À 32 ans, il décide de tenter l’aventure avec le soutien de son épouse et de sa fille, ouvrant ainsi un nouveau chapitre de sa carrière.
Un rêve olympique venu de nulle part
Habitué à faire la différence grâce à sa vitesse, Julien découvre rapidement que les exigences physiques du rugby à 7 sont bien différentes de celles qu’il connaissait. Les premiers tests sont difficiles et il doit redoubler d’efforts pour retrouver sa place parmi les meilleurs, mais cette nouvelle discipline lui offre aussi des sensations et des perspectives qu’il n’avait jamais imaginées.
En 2016, à 36 ans, il participe aux Jeux olympiques de Rio, une expérience qui lui laissera des souvenirs extraordinaires. Il raconte notamment avec beaucoup d’émotion la cérémonie d’ouverture et cet instant où les athlètes français, réunis dans le tunnel du Maracanã, entonnent spontanément La Marseillaise avant de pénétrer dans le stade. Un moment de communion dont il conserve encore des frissons plusieurs années plus tard.
C’est vrai que durant ma carrière, j’aurais encore moins pensé devenir athlète Olympique que remporter le Brennus.
Julien Candelon · Épisode 18 de La Cravate
Après avoir raccroché les crampons, Julien poursuit son engagement auprès des équipes de France de rugby à 7 comme team manager, tout en intervenant à la télévision en qualité de consultant. Il prend également le temps de compléter sa formation et découvre ainsi de nouvelles possibilités professionnelles, sans jamais perdre son envie de se dépasser.
Le sport reste d’ailleurs une nécessité dans son quotidien, au point que son épouse et sa fille savent parfaitement reconnaître les moments où il devient urgent de l’envoyer courir ou pédaler ! Lors de notre entretien, Julien s’était même fixé un défi personnel : parcourir au moins 2 024 kilomètres en courant au cours de l’année 2020.
C’est à Saint-Lary-Soulan, où il accompagnait l’équipe de France de rugby à 7 en stage, que nous nous sommes retrouvés pour enregistrer cet épisode, installés sur la terrasse de l’hôtel. Julien avait d’ailleurs prévu de profiter de la fin de journée pour gravir le col de Portet à vélo, histoire de ne pas perdre les bonnes habitudes !
J’ai beaucoup aimé son enthousiasme et la manière dont il raconte les occasions que la vie lui a offertes, sans oublier ceux qui l’ont accompagné. Notre échange m’a permis de découvrir un homme curieux, toujours prêt à relever de nouveaux défis, dont la bonne humeur et l’énergie rendent la conversation particulièrement agréable. Un excellent moment passé en sa compagnie, que je suis ravi de partager avec vous !
Bonne écoute !