Quand on grandit dans l’ombre d’un grand frère, il faut parfois redoubler d’imagination pour attirer l’attention de ses copains. Jean-Pascal avait trouvé sa méthode : se porter volontaire pour les bêtises que les autres hésitaient à faire ! Avec Jean-Nicolas, son aîné de deux ans, il partageait les mêmes amis et une bonne partie de ses aventures, au grand désespoir de leurs parents qui devaient régulièrement composer avec son tempérament espiègle.
C’est à Concarneau, où son père travaillait alors comme commercial, qu’il passe les premières années de son enfance. Davantage attiré par le football, il se laisse finalement entraîner vers le rugby par son frère, perpétuant sans vraiment le chercher une tradition familiale déjà bien installée. Les obligations professionnelles de son père conduisent ensuite la famille dans la région toulousaine, puis à Tarbes, où ses qualités sportives prennent rapidement une autre dimension.
Après un passage dans les équipes de jeunes du Stade Toulousain, il revient à Tarbes, où son immense talent lui permet d’être surclassé en Reichel dès l’âge de 17 ans. Déjà repéré parmi les meilleurs joueurs français de sa génération, il poursuit parallèlement sa formation à Marcoussis, avant de rejoindre le centre de formation du Biarritz Olympique, où l’attend le début d’une formidable aventure. Votre contribution nous aide à produire de nouveaux épisodes et à préserver la liberté de La Cravate.Un podcast indépendant,
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Le talent à l’épreuve des choix
Son potentiel lui ouvre rapidement les portes de l’équipe première du Biarritz Olympique, où il découvre le rugby professionnel au contact de joueurs comme Jérôme Thion, Imanol Harinordoquy ou Dimitri Yachvili. Auprès de ces internationaux expérimentés, il apprend autant les exigences du métier que les codes d’un vestiaire professionnel, tout en prenant progressivement sa place dans une équipe habituée aux grandes rencontres.
Il participe notamment à la conquête du Challenge européen en 2012, avant de rejoindre le Stade Toulousain avec l’ambition de franchir un nouveau cap. Mais cette expérience, qu’il imaginait comme une étape importante de sa progression, ne se déroule pas comme prévu et le laisse avec quelques regrets. Il choisit alors de poursuivre sa carrière à La Rochelle, où de nouvelles perspectives s’offrent à lui.
Cette saison toulousaine, qui reste l’une de ses grandes déceptions sportives, lui réserve pourtant de belles surprises sur le plan humain. Entouré d’amis avec lesquels il noue des liens durables, il découvre aussi le plaisir de profiter davantage de la vie en dehors des terrains. Une période contrastée dont il parle aujourd’hui avec beaucoup de recul et même une certaine tendresse.
Une nouvelle dimension
Le rugby à 7 va ensuite lui offrir l’occasion de découvrir un univers qu’il connaissait encore assez peu, avec ses exigences physiques particulières et un circuit international qui l’emmène régulièrement à l’autre bout du monde. Il y trouve rapidement ses marques et prend un plaisir immense à évoluer dans cette discipline, où sa polyvalence et sa créativité font merveille.
Mais ce qui le séduit tout autant, c’est l’atmosphère qui règne entre les différentes sélections. Les joueurs partagent souvent les mêmes hôtels, voyagent ensemble et se retrouvent régulièrement après les compétitions, nouant au fil des saisons des relations qui dépassent largement les rivalités sportives. Jean-Pascal apprécie particulièrement ces échanges, qui lui permettent de découvrir d’autres cultures et de nouer des amitiés aux quatre coins du monde.
Ses performances et la place qu’il prend dans le groupe lui valent d’être nommé capitaine de l’équipe de France à 7. Une responsabilité qui lui convient parfaitement, même s’il reconnaît volontiers que son goût pour les plaisanteries et son caractère parfois bien affirmé donnent régulièrement du travail à ses entraîneurs ! Il sait cependant trouver le bon équilibre entre cette légèreté qui lui ressemble et l’exigence indispensable au très haut niveau.
Les voyages ont aussi leur prix
Derrière cette aventure enthousiasmante, il y a pourtant une réalité moins visible : celle des nombreuses semaines passées loin de la maison. Entre les compétitions et les stages, Jean-Pascal peut s’absenter plusieurs mois au cours d’une saison, laissant à sa compagne une grande partie de l’organisation du quotidien auprès de leurs deux enfants.
Il mesure pleinement les sacrifices que cela représente et parle avec beaucoup de reconnaissance de celle qui lui permet de vivre sa passion, tout en reconnaissant que cet équilibre n’est pas toujours facile à préserver. Lorsqu’il rentre au Cap Ferret, il essaie donc de profiter autant que possible de sa famille et de ces moments simples qui lui manquent durant ses déplacements.
Conscient que sa carrière ne durera pas éternellement, il commence aussi à s’intéresser à d’autres horizons, sans chercher à tout planifier. Cette envie de découverte, qu’il avait déjà enfant, semble toujours l’accompagner et lui permet d’envisager l’avenir avec sérénité.
Quand je fais le choix d’aller jouer à 7, je vais là où on me veut réellement. Et je ne le regrette pas.
Jean Pascal Barraque · Épisode 16 de La Cravate
Nous nous sommes retrouvés à Saint-Lary-Soulan, où l’équipe de France à 7 était réunie en stage, pour enregistrer cet épisode. J’ai été particulièrement heureux de revoir Jean-Pascal, avec qui j’avais partagé les terrains tarbais quelques années auparavant, et de découvrir les nombreuses expériences qui avaient jalonné son parcours.
J’ai retrouvé un JP toujours aussi agréable à côtoyer, avec son humour et sa bonne humeur communicative. Quel plaisir de prendre le temps d’échanger avec lui, de revenir sur ses expériences et de partager quelques souvenirs ! Un excellent moment que je suis heureux de vous faire découvrir !
Bonne écoute !