En quelques années, Caroline s’est fait une place parmi les meilleures joueuses du rugby français, aussi bien à XV qu’à VII, jusqu’à décrocher une médaille d’argent aux Jeux olympiques de Tokyo. Une ascension assez impressionnante pour cette Bretonne qui avait pourtant délaissé le ballon ovale pendant une bonne partie de son adolescence et qui, lorsqu’elle a repris le rugby à Rennes, était encore loin d’imaginer tout ce qui l’attendait.
Originaire d’Auray, dans le Morbihan, elle est la dernière d’une fratrie de quatre enfants et découvre le rugby à six ans, en suivant ses deux grands frères sur les terrains. Plutôt réservée et observatrice, elle grandit dans un environnement où le sport occupe une place importante, mais où les possibilités offertes aux jeunes filles sont encore limitées. Elle joue donc avec les garçons, une expérience dont elle garde d’excellents souvenirs et qui lui permet de se faire une place dans un univers où elle doit parfois faire ses preuves.
À l’adolescence, Caroline décide de faire une pause avec le rugby pour se consacrer au handball, un sport dans lequel elle trouve beaucoup de plaisir et progresse rapidement. Elle y retrouve certaines qualités qu’elle appréciait déjà sur les terrains de rugby, même si le contact lui manque un peu. Lorsqu’elle part étudier à Rennes en 2015, elle choisit finalement de renouer avec sa première passion, sans pour autant abandonner immédiatement le handball. Votre contribution nous aide à produire de nouveaux épisodes et à préserver la liberté de La Cravate.Un podcast indépendant,
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Une ascension fulgurante
Sa première année à Rennes est particulièrement chargée puisqu’elle partage son temps entre les études en STAPS, les entraînements avec le Stade Rennais Rugby et l’équipe universitaire, mais aussi le handball qu’elle continue de pratiquer à Auray. Elle passe ainsi une partie de ses week-ends sur la route, avec parfois un match de handball le samedi et une rencontre de rugby dès le lendemain.
Les résultats suivent rapidement puisqu’elle remporte deux titres de championne de France, avec son club et son université, avant de devenir championne du monde universitaire de rugby à VII en 2016. Ses performances lui ouvrent les portes du Pôle France à Marcoussis, où elle découvre les exigences du plus haut niveau et commence à entrevoir la possibilité de faire du rugby bien davantage qu’une passion.
La période n’est pourtant pas simple à organiser. Pour financer sa vie étudiante, Caroline travaille notamment à Carrefour dès 5 h 30 du matin, avant de rejoindre ses cours puis les entraînements en fin de journée. Un rythme difficile à tenir qui l’amène à revoir ses priorités et à faire le choix de se consacrer pleinement au rugby, avec le soutien de sa mère qui lui a toujours fait confiance.
Moi, à cette époque-là, c’était vraiment le rugby qui m’animait et je ne voyais vraiment que par le rugby.
Caroline Drouin · Épisode 71 de La Cravate
Sa progression se poursuit alors à une vitesse remarquable, puisqu’elle s’impose aussi bien avec le XV de France qu’avec l’équipe nationale de rugby à VII. Deux disciplines aux exigences différentes, dans lesquelles elle prend rapidement des responsabilités et se distingue par sa lecture du jeu et ses qualités techniques.
L’aventure olympique
Le rugby à VII lui offre l’occasion de poursuivre un rêve particulièrement ambitieux : participer aux Jeux olympiques. Avec ses coéquipières, elle se lance dans une longue préparation pour Tokyo, une échéance initialement prévue en 2020 puis repoussée d’un an en raison de la pandémie.
L’équipe de France réalise un magnifique tournoi et se hisse jusqu’en finale, où elle retrouve les Néo-Zélandaises. Malgré la défaite, les Bleues décrochent une médaille d’argent historique et Caroline découvre les émotions si particulières d’une compétition qui rassemble les meilleurs sportifs du monde, bien au-delà du seul rugby.
Cette médaille représente aussi tout le travail accompli pendant les années précédentes, les entraînements, les sacrifices et les nombreux moments passés loin de chez elle. Car si elle aime profondément son sport, Caroline n’en oublie pas pour autant les personnes qui l’ont accompagnée depuis ses débuts et l’importance de conserver un équilibre en dehors des terrains.
Notre conversation nous ramène d’ailleurs régulièrement à Auray, où elle aime retrouver sa famille et ses amis dès que son calendrier lui en laisse la possibilité. Elle évoque également son père, disparu alors qu’elle était adolescente, qui l’avait encouragée à pratiquer le rugby et dont elle conserve un souvenir très fort. Une épreuve qui a beaucoup compté dans sa construction personnelle et qui donne aussi une autre dimension à son parcours.
De nature réfléchie, Caroline aborde ses choix et son avenir avec beaucoup de recul, préférant avancer au fil de ses objectifs plutôt que de chercher à prévoir toute sa carrière. Nous parlons ainsi des exigences du sport de haut niveau, de ses ambitions, mais aussi de ce qu’elle souhaite préserver dans sa vie personnelle malgré un calendrier particulièrement chargé.
J’ai eu le plaisir de retrouver Caroline en Andorre, alors qu’elle participait à un stage de préparation avec le XV de France. Nous avons beaucoup échangé sur son parcours, ses choix et la place qu’occupent ses proches dans sa vie, et j’ai particulièrement apprécié de découvrir une personne aussi réfléchie et investie dans ce qu’elle entreprend. C’était vraiment chouette de passer ce moment avec elle et je suis très content de pouvoir vous le partager !
Bonne écoute !