Ugo est de ceux qui vivent leur passion sans chercher à en atténuer les excès. Curieux, entier et parfois impatient, il aime les personnalités qui bousculent les habitudes, les discussions qui font réfléchir et les gens qui s’investissent pleinement dans ce qu’ils entreprennent. Son regard sur le rugby est nourri d’une multitude d’expériences, mais aussi d’une capacité assez rare à reconnaître ses erreurs et à questionner ses propres certitudes.
Cette personnalité s’est construite dans un environnement où la liberté occupait une place essentielle. Originaire de Sainte-Foy-la-Grande, en Gironde, il passe ses premières années dans le bistrot familial, lieu de rencontres et de discussions où le rugby tient une place importante. Ses parents l’encouragent à pratiquer différents sports et lui laissent le temps de découvrir ce qui lui plaît.
Lorsqu’ils s’installent dans la région toulousaine, Ugo retrouve le ballon ovale à Blagnac, avant de rejoindre le Stade Toulousain à l’adolescence. Il y découvre bien davantage qu’un club : un lieu de vie où les jeunes passent leurs journées à jouer, s’entraîner et accompagner les plus petits, dans une tradition de transmission qui le marquera profondément. Votre contribution nous aide à produire de nouveaux épisodes et à préserver la liberté de La Cravate.Un podcast indépendant,
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Grandir au milieu des champions
Entouré d’éducateurs passionnés et d’une génération particulièrement talentueuse, Ugo progresse rapidement jusqu’à découvrir l’équipe première à seulement 17 ans. Le Stade Toulousain connaît alors une période faste, et le jeune arrière participe pleinement à son extraordinaire réussite.
À 23 ans, il compte déjà trois Boucliers de Brennus et une Coupe d’Europe à son palmarès. Des accomplissements considérables pour un joueur qui a grandi au contact des figures du club et dont la carrière semble promise à un avenir particulièrement brillant.
Pourtant, l’impatience le pousse à quitter Toulouse en 1996. Malgré les conseils de Guy Novès et de plusieurs proches, il souhaite jouer davantage et décide de rejoindre l’US Dax, une expérience qu’il évoque aujourd’hui avec beaucoup de recul.
Une saison plus tard, il s’engage au Castres Olympique, où il passera huit années marquées par de belles réussites, mais aussi des périodes plus difficiles. Il y découvre les exigences d’un autre environnement, les évolutions du rugby professionnel et les responsabilités qui accompagnent progressivement son statut de joueur expérimenté.
Entre-temps, ses qualités lui ouvrent les portes du XV de France, avec lequel il obtient 12 sélections. De quoi enrichir encore un parcours déjà remarquable, construit au fil de rencontres et de choix qui ne se sont pas toujours déroulés comme il l’avait imaginé.
La transmission dans le sang
En 2006, lorsque sa carrière de joueur s’achève, Ugo se tourne vers l’entraînement. Une orientation qui correspond à un intérêt ancien, puisqu’il avait déjà pris l’habitude, adolescent, de s’occuper des plus jeunes au Stade Toulousain.
Il commence à Castres, puis poursuit son apprentissage à Brive et à Albi, où il découvre progressivement toutes les facettes du métier. Les réussites comme les difficultés lui permettent d’affiner sa méthode et sa manière d’accompagner les joueurs.
En 2015, le Stade Toulousain lui confie les commandes de l’équipe première. Succéder à l’immense Guy Novès représente un défi considérable, tant l’héritage de son prédécesseur a façonné l’identité et les ambitions du club.
Ugo doit alors trouver sa propre voie, en s’appuyant sur l’histoire des Rouge et Noir tout en faisant évoluer le fonctionnement du groupe. Les premières saisons sont exigeantes, mais son travail finit par porter ses fruits avec la conquête du Bouclier de Brennus en 2019.
Au-delà du résultat, il s’attache à construire un environnement dans lequel les joueurs peuvent progresser, prendre des responsabilités et exprimer leurs qualités. Sa réflexion sur la formation, l’autonomie et la vie collective occupe une place importante dans notre conversation, avec un regard qui dépasse largement les seules considérations tactiques.
L’art de rester soi-même
Son expérience lui a appris que les certitudes peuvent rapidement être remises en cause et que le métier d’entraîneur exige de savoir s’adapter. Ugo parle de ses réussites avec lucidité, mais n’hésite pas non plus à évoquer ses échecs et les enseignements qu’il en a tirés.
Il accorde une grande importance aux relations humaines, à la diversité des personnalités et à cette spontanéité qu’il redoute parfois de voir disparaître du rugby moderne. Son attachement à la formation et à la pratique amateur nourrit également sa réflexion sur l’avenir de ce sport.
Je ne veux pas être un mec lisse car je suis passionné et je veux vivre les choses pleinement. Je suis un excessif, et ça me joue parfois des tours.
Ugo Mola · Épisode 27 de La Cravate
Cette curiosité ne se limite d’ailleurs pas aux terrains. Au fil de notre échange, on découvre un homme qui aime apprendre, confronter ses idées à celles des autres et s’intéresser à des parcours très différents du sien.
C’est dans son jardin, au stade Ernest-Wallon, qu’Ugo m’a accueilli pour cet entretien. Une occasion exceptionnelle de prendre le temps d’échanger avec un homme qui ne s’était jamais prêté à un exercice comme celui de La Cravate.
Et quel moment ! J’ai adoré la richesse de nos échanges, son regard sur les choses et cette capacité à prendre du recul sur son propre parcours. J’aurais réellement pu passer des heures à discuter avec lui !
Bonne écoute !