#29 - Guy Novès

Une vie en Rouge et Noir - La tête haute

1h53
Guy Novès, invité du podcast La Cravate
La Cravate
#29 - Guy Novès, une vie en Rouge et Noir - La tête haute
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Guy possède cette exigence rare qui pousse certains hommes à ne jamais se satisfaire de ce qu’ils ont accompli. Toute sa vie, il a cherché à progresser, à comprendre et à faire progresser les autres, avec une volonté de gagner qui ne l’a jamais quitté. Derrière l’entraîneur au regard perçant et à la réputation d’intransigeance se trouve pourtant un homme profondément attaché à sa famille, à la transmission et à une liberté qu’il considère comme l’un des biens les plus précieux.

Petit-fils d’immigrés espagnols, il grandit à Toulouse auprès de parents particulièrement présents. Son enfance est marquée par le sport, qu’il pratique avec enthousiasme, mais aussi par une éducation fondée sur le travail et le respect des engagements. Son père lui transmet cette conviction que rien n’est acquis et qu’il faut se donner les moyens d’obtenir ce que l’on souhaite.

Très tôt, Guy se distingue sur les pistes d’athlétisme. Spécialiste du demi-fond, il établit notamment un record de France du 1 200 mètres chez les cadets et porte les couleurs nationales dans les compétitions internationales juniors. À cette époque, c’est davantage vers la course à pied que semble se dessiner son avenir sportif.

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Un champion venu d’ailleurs

Son ambition professionnelle est alors de devenir professeur d’éducation physique et sportive. C’est en préparant le concours qu’il découvre véritablement le rugby, à plus de vingt ans, en rejoignant le Stade Toulousain pour apprendre un sport qu’il connaît encore très peu.

La suite est aussi improbable que spectaculaire. Malgré des débuts techniquement hésitants, ses qualités athlétiques lui permettent de progresser à une vitesse exceptionnelle. Neuf mois seulement après avoir commencé le rugby, il porte déjà le maillot du XV de France et participe à une victoire face aux All Blacks à Toulouse.

Sept sélections internationales plus tard, Guy poursuit son aventure sous les couleurs rouge et noir. Ailier rapide et redoutable, il contribue au retour du Stade Toulousain au premier plan, remportant les Boucliers de Brennus en 1985 et 1986, après une longue période de disette pour le club.

Parallèlement à sa carrière de joueur, il enseigne l’EPS au collège de Pibrac, où il accompagne des générations d’élèves. Cette double vie de sportif et d’enseignant lui permet de développer une approche de l’entraînement fondée autant sur la préparation physique que sur la pédagogie et les relations humaines.

Lorsqu’il raccroche les crampons, en 1988, c’est tout naturellement vers l’encadrement des jeunes du Stade Toulousain qu’il se tourne, sans imaginer encore l’ampleur de l’aventure qui l’attend.

Bâtir une dynastie

Après avoir entraîné les juniors puis rejoint l’encadrement de l’équipe première, Guy prend les commandes du Stade Toulousain en 1993, sous la présidence de René Bouscatel. Ensemble, ils vont écrire l’une des pages les plus remarquables de l’histoire du rugby français.

Pendant 22 ans, il construit et renouvelle des équipes capables de traverser les générations tout en conservant une ambition intacte. Dix Boucliers de Brennus et quatre Coupes d’Europe viennent enrichir un palmarès qui fait de lui l’un des entraîneurs les plus titrés de l’histoire de ce sport.

Ces résultats reposent sur une exigence quotidienne considérable, mais aussi sur une capacité à s’entourer, à déceler les qualités des joueurs et à leur transmettre cette culture de la victoire. Au fil des saisons, de nombreuses personnalités marquantes du rugby français grandissent sous sa direction, dans un environnement où la recherche de l’excellence ne laisse guère de place à l’à-peu-près.

Dès l’enfance, quand je faisais du sport, des jeux ou même à la pêche, je voulais être le meilleur. La compétition coule dans mes veines.

Guy Novès · Épisode 29 de La Cravate

Guy revient également sur les relations humaines qui ont accompagné cette réussite, ses collaborations avec les différents entraîneurs du club et les liens particulièrement forts qu’il a conservés avec certains de ses anciens joueurs.

Car derrière son image d’entraîneur autoritaire, il y a aussi un homme qui accorde une grande importance à la confiance, à la fidélité et à la reconnaissance. Plusieurs de ses anciens élèves et joueurs continuent d’ailleurs, des années plus tard, à entretenir avec lui des relations qui dépassent largement le cadre sportif.

La fidélité à ses convictions

En 2015, après plusieurs sollicitations, Guy accepte finalement de prendre la tête du XV de France. Une nouvelle responsabilité qu’il aborde avec l’ambition de reconstruire une équipe et de retrouver les sommets du rugby international.

Mais en décembre 2017, il est brutalement évincé de son poste par Bernard Laporte, alors président de la Fédération française de rugby, au terme d’un licenciement injustifié qui le conduira à engager une bataille judiciaire dont il sortira victorieux en 2019.

Guy revient sur cette période particulièrement éprouvante et sur son combat pour défendre son honneur, avec la détermination et la liberté de parole qui ont toujours été les siennes.

Depuis, il a pris ses distances avec le rugby professionnel et consacre davantage de temps à sa famille, à ses amis et à ses petits-enfants. Un quotidien dans lequel il trouve d’autres formes de bonheur, sans avoir renoncé à cette énergie ni à cette franchise qui le caractérisent.

Il garde également un attachement considérable à ses années d’enseignement, dont il parle avec beaucoup d’affection. Les réussites de ses anciens élèves et les témoignages qu’il reçoit demeurent pour lui une source de satisfaction particulièrement précieuse.

Lorsque j’ai lancé La Cravate, Guy était tout en haut de la liste des personnes que je rêvais de recevoir. Alors, le jour où je me suis retrouvé chez lui, à Pibrac, pour enregistrer cet épisode, j’avais bien du mal à réaliser que j’allais passer près de deux heures en sa compagnie !

Et quel moment ! Au-delà de tout ce qu’il représente dans l’histoire du rugby, j’ai rencontré un homme particulièrement accueillant, d’une grande gentillesse et avec lequel j’ai pris un immense plaisir à échanger. Je garde un souvenir extraordinaire de cette rencontre, qui restera forcément une étape importante dans l’histoire de La Cravate.

Bonne écoute !

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