Didier a passé une grande partie de sa vie au Stade Toulousain, dont il a porté le maillot avant d’en devenir président. Mais le rugby est loin de résumer son parcours, puisqu’en parallèle de ses années de joueur, il a aussi développé une entreprise et multiplié les projets, avec cette énergie, cette exigence et cette envie d’entreprendre qui l’accompagnent dans tout ce qu’il fait.
Toulousain et issu d’une famille d’entrepreneurs, il commence pourtant par le football à Castelmaurou, étant encore trop jeune pour suivre son frère aîné au rugby. Il finit par rejoindre le Stade Toulousain en 1983 et progresse dans les équipes de jeunes, jusqu’à découvrir l’équipe première à la fin des années 1980. Il y retrouve des joueurs qu’il admirait quelques années auparavant et découvre un environnement où les relations humaines comptent au moins autant que les résultats sportifs.
Il se souvient notamment de Jean-Marie Cadieu et de ces grandes tablées réunissant dirigeants, joueurs et anciens du club, autour desquelles les plus jeunes apprenaient à connaître ceux qui avaient construit le Stade Toulousain. Une manière de transmettre l’histoire et les habitudes de la maison qui l’a profondément marqué et dont on retrouve encore aujourd’hui l’influence dans sa façon de concevoir la vie du club. Votre contribution nous aide à produire de nouveaux épisodes et à préserver la liberté de La Cravate.Un podcast indépendant,
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Une époque dorée en rouge et noir
Sur le terrain, Didier évolue en troisième ligne et compense un gabarit relativement modeste par une activité et un engagement considérables. Il s’impose dans une équipe qui va dominer une bonne partie du rugby français durant les années 1990, remportant six Boucliers de Brennus entre 1994 et 2001, ainsi que la première Coupe d’Europe de l’histoire en 1996, face à Cardiff.
Il raconte avec plaisir ces années durant lesquelles le Stade Toulousain collectionne les titres, mais aussi une époque où les joueurs doivent encore construire leur vie professionnelle en parallèle du rugby. Son quotidien est d’ailleurs particulièrement chargé puisqu’il développe le Groupe À la Une, son entreprise de communication et d’événementiel, tout en continuant à évoluer au plus haut niveau.
Chez lui, les deux activités ne sont pas vraiment séparées. Le rugby lui apporte des rencontres, des expériences et une certaine manière de travailler avec les autres, tandis que l’entreprise l’oblige à prendre des décisions, à s’organiser et à assumer des responsabilités bien différentes de celles d’un joueur. Il prend goût à cette vie menée sur plusieurs fronts, qu’il poursuivra bien après avoir raccroché les crampons en 2001.
Le Stade Toulousain autrement
Lorsqu’il succède à René Bouscatel à la présidence du Stade Toulousain en 2017, Didier connaît parfaitement le club et son histoire, mais il arrive aussi avec une solide expérience d’entrepreneur et des ambitions élevées. Il entend donner au Stade les moyens de retrouver les sommets, tout en préservant ce qui fait son identité. Une démarche dans laquelle on retrouve cette exigence qui l’accompagne depuis ses années de joueur et qu’il applique à l’ensemble de ses activités, avec la conviction qu’il faut constamment chercher à progresser, même lorsque les résultats sont déjà au rendez-vous.
Cette exigence se retrouve également dans sa manière de travailler avec Ugo Mola, auquel il accorde une grande confiance et la liberté nécessaire pour développer son projet sportif. Didier ne confond pas pour autant autonomie et absence de responsabilités : il attend de ceux qui l’entourent un engagement à la hauteur des ambitions du club, tout en acceptant que la prise d’initiative implique parfois de se tromper.
Cette idée, qu’il applique aussi bien au sport qu’à l’entreprise, résume assez bien son rapport au travail et aux ambitions :
Il ne faut pas avoir peur de l’échec !
Si tu rates, ça sera l’occasion de réussir la fois suivante.
Mais si tu n’oses pas tenter, tu ne pourras jamais réussir.Didier Lacroix · Épisode 72 de La Cravate
Les résultats sportifs vont rapidement accompagner le projet puisqu’en 2019, Toulouse retrouve le Bouclier de Brennus, avant de réaliser le doublé championnat-Coupe d’Europe en 2021. Didier découvre ainsi les émotions des grandes victoires depuis une place très différente de celle qu’il occupait autrefois, avec des responsabilités qui l’amènent à vivre les rencontres et les succès autrement.
Nous abordons également l’économie du rugby, la place des partenaires et la nécessité pour les clubs de continuer à évoluer, sans oublier ces traditions auxquelles il reste très attaché. Car derrière les projets et les impératifs du haut niveau, il tient à conserver cette convivialité qui a accompagné toute son histoire avec le Stade Toulousain.
Un épicurien toujours en mouvement
En dehors du rugby et de ses activités professionnelles, Didier cultive de nombreuses passions, notamment la gastronomie, la chasse et la tauromachie. Il aime les belles tables, les rencontres et les discussions qui se prolongent, et reconnaît d’ailleurs avec humour qu’il se tient mieux à table qu’à cheval !
Ces différents centres d’intérêt occupent une place importante dans sa vie, même si l’on se demande parfois où il trouve le temps de tout faire. Il évoque aussi son éducation, l’influence de son père et les personnes qu’il a rencontrées au fil des années, avec lesquelles il a appris autant sur le travail que sur la manière de profiter de la vie.
J’ai eu le plaisir de retrouver Didier au stade Ernest-Wallon et j’ai passé un super moment en sa compagnie. Je connaissais son parcours de joueur et de président, mais j’ai été impressionné par sa capacité à mener autant de projets en parallèle et par le niveau d’exigence qu’il s’impose dans tout ce qu’il entreprend. C’est un personnage passionné, avec des convictions fortes et des ambitions qui ne semblent pas avoir de limites, ce qui nous a donné largement de quoi discuter pendant près de deux heures !
Bonne écoute !