#61 - Jean Gachassin

Sur tous les fronts - L'éternel enfant

1h48
Jean Gachassin, invité du podcast La Cravate
La Cravate
#61 - Jean Gachassin, sur tous les fronts - L'éternel enfant
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Lorsqu’il est encore junior, Jean reçoit deux invitations qui pourraient changer sa vie. D’un côté, Jean Prat l’a convaincu de rejoindre le grand FC Lourdes ; de l’autre, Henri Cochet, l’un des célèbres Mousquetaires du tennis français, l’a sélectionné pour un stage réunissant de jeunes joueurs prometteurs. Pas question pour autant de choisir immédiatement entre ses deux passions ! Malgré la contrariété de Jean Prat, il part effectuer son stage de tennis à Paris, avant de retrouver les terrains de rugby lourdais. Un épisode qui en dit déjà beaucoup sur ce sportif aussi talentueux qu’indépendant.

Né en 1941 à Bagnères-de-Bigorre, Jean grandit dans une famille où le rugby occupe une place essentielle. Son père, joueur puis dirigeant du Stade Bagnérais, l’emmène régulièrement assister aux rencontres, tandis que sa mère travaille à ses côtés dans l’étude familiale et le cabinet d’assurances. Fils unique et débordant d’énergie, Jean multiplie les activités et pratique notamment le ski, l’athlétisme et le tennis, avec des résultats particulièrement prometteurs.

Champion des Pyrénées sur 100 mètres chez les jeunes, il possède une vitesse qui deviendra l’une de ses principales qualités sur les terrains de rugby. Il se montre également très doué raquette en main et continue longtemps à disputer des tournois de tennis pendant l’intersaison, une façon de conserver sa condition physique tout en prenant énormément de plaisir.

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Les grandes heures du FC Lourdes

C’est à Vic-en-Bigorre, où son père l’a envoyé poursuivre ses études en internat, que Jean attire véritablement l’attention. Alors qu’il évolue encore chez les juniors, Jean Prat vient personnellement lui proposer de rejoindre le FC Lourdes, qui domine alors le rugby français. Enthousiaste, il accepte sans même avoir consulté ses parents, provoquant une belle surprise lorsqu’il leur annonce la nouvelle à son retour à Bagnères !

L’intégration se passe rapidement et Jean rejoint l’équipe première alors qu’il est encore très jeune. Ses qualités de vitesse, sa vivacité et son goût pour le jeu offensif lui permettent de s’imposer dans un effectif qui compte plusieurs grandes figures du rugby français. Il découvre le XV de France en 1961, avant de devenir l’un des trois-quarts les plus polyvalents de sa génération.

Capable d’évoluer à l’ouverture, au centre, à l’aile ou à l’arrière, Jean occupe tous ces postes avec les Bleus, une particularité qui témoigne autant de ses qualités techniques que de sa capacité à s’adapter. En 1968, il participe au premier Grand Chelem de l’histoire du XV de France, avant de remporter quelques mois plus tard le Bouclier de Brennus avec Lourdes, au terme d’une saison perturbée par les événements du mois de mai et les reports successifs de la finale.

Le retour à Bagnères

En 1969, Jean retrouve le Stade Bagnérais, récemment remonté en première division, avec l’envie de participer à la progression du club de sa ville. Il exerce parallèlement le métier d’huissier de justice dans l’étude familiale et préfère désormais jouer près de chez lui, sans avoir à multiplier les déplacements jusqu’à Lourdes.

Son arrivée contribue à faire évoluer le jeu de l’équipe, qui développe progressivement un rugby de mouvement inspiré de celui pratiqué chez le voisin lourdais. Bagnères devient au fil des saisons une formation particulièrement difficile à manœuvrer, capable de rivaliser avec les meilleures équipes du championnat et de séduire par sa façon de jouer.

Jean conserve aussi son tempérament malicieux et son goût pour la liberté, qui lui valent parfois quelques discussions avec ses entraîneurs. Il raconte notamment combien il tenait à pouvoir profiter de ses soirées et de ses amis, sans accepter que le rugby impose toutes les règles de sa vie personnelle. Une manière d’être qui lui correspond parfaitement et qui n’a guère changé avec les années.

Son parcours de joueur s’achève finalement en 1979, à l’occasion d’un jubilé organisé avec Michel Crauste et réunissant de nombreux internationaux. Un événement exceptionnel, diffusé à la télévision, qui vient conclure une longue aventure sur les terrains.

Une autre aventure dans le tennis

Après sa carrière de rugbyman, Jean continue à s’investir dans le sport, mais choisit cette fois de consacrer une grande partie de son énergie au tennis. D’abord président de club, puis responsable départemental et régional, il gravit progressivement les échelons jusqu’à devenir président de la Fédération française de tennis en 2009.

Pendant 8 ans, il dirige ainsi l’une des plus importantes fédérations sportives françaises, avec le même goût des relations humaines et du collectif que celui qui l’avait accompagné sur les terrains de rugby. Une aventure qui s’achève notamment par la victoire de l’équipe de France en Coupe Davis en 2017, un trophée qui lui tient particulièrement à cœur et qui illustre assez bien l’importance qu’il accorde à l’esprit d’équipe, même dans un sport individuel.

J’ai essayé d’apporter dans le tennis certains codes du rugby comme le partage, la convivialité, la camaraderie et l’esprit d’équipe.

Jean Gachassin · Épisode 61 de La Cravate

Cette seconde carrière lui offre l’occasion de retrouver un univers qu’il avait toujours aimé, depuis ses premiers tournois de jeunesse jusqu’à son stage avec Henri Cochet. Elle lui permet également de rencontrer de nombreuses personnalités et de participer à l’organisation des grandes compétitions françaises, notamment Roland-Garros.

Surnommé affectueusement « Peter Pan » par Roger Couderc, Jean a conservé une énergie et un enthousiasme qui semblent défier les années. Son plaisir à raconter ses souvenirs, à plaisanter et à retrouver les amis de longue date donne à notre conversation un ton particulièrement vivant.

J’ai eu le plaisir de retrouver Jean chez lui à Bagnères-de-Bigorre. Quel personnage ! Entre les souvenirs du grand Lourdes, les histoires du Stade Bagnérais et les coulisses du tennis français, les anecdotes se sont succédé pendant près de 2 heures, toujours avec beaucoup d’humour et de malice. Un moment formidable en compagnie d’un Monsieur dont la joie de vivre paraît inépuisable. On se donne rendez-vous dans 20 ans pour un nouvel épisode, Jean !

Bonne écoute !

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