#53 - Nans Ducuing

Au gré de la vie - Forger sa destinée

1h53
Nans Ducuing, invité du podcast La Cravate
La Cravate
#53 - Nans Ducuing, au gré de la vie - Forger sa destinée
Loading
/

Avant de devenir l’un des personnages les plus appréciés du rugby français, Nans rêvait de briller sur les pistes de ski. Enfant de la vallée d’Aure, il chausse ses premières planches à 2 ans et se distingue rapidement en compétition, au point de pouvoir envisager une formation de haut niveau dans les Alpes. Mais quitter ses Pyrénées et sa famille ne lui ressemble guère. Il choisit finalement de rester chez lui et découvre, à l’adolescence, un autre sport qui va progressivement prendre toute la place : le rugby.

Né à Tarbes en 1991, il grandit à Saint-Lary-Soulan dans une famille très unie. Son père tient un magasin de ski à Espiaube et lui transmet très tôt la passion de la montagne, tandis que sa mère et sa sœur Katia, de 5 ans son aînée, l’entourent d’une affection dont il parle encore avec beaucoup de tendresse. Sportif dans l’âme, Nans multiplie les activités, mais le ski reste longtemps sa grande passion. Il s’amuse même, enfant, à disposer des stylos dans la maison pour improviser des parcours de slalom, qu’il dévale imaginairement avant de se remettre lui-même des trophées !

Pourtant, en découvrant le rugby à Saint-Lary-Soulan, il se prend rapidement au jeu. Ce qui le séduit particulièrement, c’est la dimension collective de ce sport, le plaisir de partager les victoires avec ses coéquipiers plutôt que de les savourer seul. Ses progrès l’amènent à attirer l’attention de l’Aviron Bayonnais, qu’il rejoint dans les catégories jeunes après son baccalauréat.

Un podcast indépendant,
grâce à vous.

Votre contribution nous aide à produire de nouveaux épisodes et à préserver la liberté de La Cravate.

Je soutiens La Cravate

Une ambition qui prend forme

À Bayonne, Nans mène de front sa formation sportive et ses études d’ostéopathie, qu’il entreprend avec l’envie de disposer d’un véritable projet professionnel en dehors du rugby. Il découvre un nouvel environnement et s’impose progressivement dans une génération talentueuse, avec laquelle il remporte le championnat de France Reichel en 2012.

Toujours soucieux de préparer son avenir, il poursuit ensuite des études de kinésithérapie en Catalogne et rejoint le centre de formation de l’USAP, où il finit par obtenir sa chance en équipe première. Ses performances en Pro D2 lui permettent de se faire remarquer bien au-delà de Perpignan, alors même que les blessures ont déjà commencé à compliquer sa progression.

En 2015, il rejoint l’Union Bordeaux-Bègles et découvre véritablement le Top 14. Arrivé sans statut particulier dans un effectif ambitieux, il gagne peu à peu la confiance de ses entraîneurs et de ses coéquipiers, jusqu’à devenir l’un des joueurs importants du groupe.

Cette progression lui ouvre les portes du XV de France en 2017. Sous les ordres de Guy Novès, il connaît quatre sélections internationales, une consécration qu’il accueille avec beaucoup de reconnaissance envers ceux qui lui ont donné sa chance. Lui qui n’était pas destiné à suivre une carrière professionnelle dans le rugby mesure alors pleinement le chemin parcouru depuis ses premières années dans les Pyrénées.

L’optimisme comme moteur

Ce parcours n’a pourtant rien d’un long fleuve tranquille. Régulièrement freiné par les blessures, Nans a dû apprendre à repartir de zéro, retrouver sa condition physique et regagner sa place dans des effectifs toujours plus concurrentiels. Des périodes difficiles qu’il aborde avec une philosophie très personnelle, fondée sur l’optimisme et la volonté de chercher des opportunités même dans les moments les plus compliqués.

Car derrière son image de grand plaisantin, particulièrement entretenue par ses vidéos et ses facéties sur les réseaux sociaux, se cache quelqu’un de beaucoup plus réfléchi qu’on pourrait l’imaginer. Nans aime faire rire, parfois même au détriment de sa propre image, mais il accorde également une grande importance au travail, à l’organisation et aux projets qu’il souhaite développer.

Cette bonne humeur ne relève d’ailleurs pas simplement d’un trait de caractère. Pour lui, elle constitue une manière d’aborder les difficultés et de favoriser les relations humaines, aussi bien dans un vestiaire que dans le monde professionnel. Il estime qu’un environnement positif permet de mieux travailler, de progresser et de conserver le plaisir de ce que l’on entreprend.

Ce serait bien que les gens gardent une image positive de moi.
Qu’ils se disent que je suis peut-être con de loin, mais loin d’être con !

Nans Ducuing · Épisode 53 de La Cravate

Son parcours témoigne aussi de l’importance qu’il accorde à ses proches. Malgré les déplacements et les exigences du rugby professionnel, Nans reste profondément attaché à ses parents, à sa sœur et à ses amis de toujours, auprès desquels il trouve un équilibre essentiel.

La tête sur les épaules

Conscient que sa carrière sportive ne durera pas éternellement, il s’intéresse depuis plusieurs années à différents projets entrepreneuriaux, avec la volonté de construire progressivement sa vie après le rugby. Ses études et ses expériences lui ont donné le goût d’apprendre, de découvrir de nouveaux domaines et de ne pas dépendre uniquement de son activité de joueur.

Ce souci d’anticipation rejoint d’ailleurs son attachement à la montagne et aux activités de plein air. Nans envisage l’avenir comme une occasion de profiter davantage de ses passions, tout en conservant cette curiosité qui l’a toujours poussé à multiplier les expériences.

Il aime aussi rappeler que la réussite ne se mesure pas uniquement aux titres ou aux sélections. Son parcours, souvent contrarié par les blessures, lui a appris à apprécier ce qu’il possède et à conserver une forme de recul sur les aléas du sport de haut niveau.

Nans m’a reçu chez lui, à Talence, pour un échange qui promettait quelques belles rigolades. Originaires de deux vallées pyrénéennes voisines, nous nous connaissions déjà depuis quelques années, entre amis communs et soirées partagées. Florian Capelle, alias Capello, n’avait d’ailleurs pas manqué de me fournir quelques anecdotes croustillantes pour préparer notre rencontre !

Nans était l’un des invités les plus réclamés depuis les débuts de La Cravate, et j’avais particulièrement hâte de prendre le temps d’échanger avec lui. Derrière le personnage fantasque que tout le monde connaît, j’ai retrouvé quelqu’un de structuré, travailleur et profondément attaché aux siens, capable de passer d’une plaisanterie à une réflexion particulièrement intéressante sur la vie. Un formidable moment en sa compagnie, qui permet de découvrir bien d’autres facettes de sa personnalité.

Bonne écoute !

La Cravate dans votre
boîte mail

À (re)découvrir