Lorsqu’il était enfant, Maxime n’imaginait pas devenir rugbyman professionnel, encore moins porter un jour le maillot du XV de France. Son bonheur, il le trouvait à Saint-Pée-sur-Nivelle, entouré de ses parents, de son frère, de ses cousins et de ses amis. Il rêvait surtout de construire sa maison près de celle de sa famille et de continuer à vivre dans ce village auquel il est profondément attaché. Pourtant, à force de travail, de rencontres et de persévérance, le petit demi de mêlée basque allait progressivement se faire une place parmi les meilleurs joueurs français.
Né en 1993 à Saint-Jean-de-Luz, il grandit à Saint-Pée-sur-Nivelle, entouré de son frère Ximun et de ses nombreux cousins. Ses oncles, ses tantes et ses cousins habitent pour beaucoup à quelques maisons les uns des autres, et les vacances se passent souvent tous ensemble, chez une tante qui accueille les enfants de la famille. Une enfance heureuse, marquée par cette proximité familiale et les amitiés nouées dès les premières années.
Comme beaucoup de jeunes du Pays basque, il pratique aussi bien le rugby que la pelote, deux sports qui rythment son quotidien dès son plus jeune âge. Son père, qui a lui-même joué au rugby jusqu’à 39 ans, lui transmet cette passion, tandis que son grand frère Ximun lui montre rapidement la voie. Très proches depuis l’enfance, les deux garçons partagent le même goût de la compétition et une affection particulière pour le Biarritz Olympique, dont ils suivent régulièrement les rencontres à Aguiléra. Votre contribution nous aide à produire de nouveaux épisodes et à préserver la liberté de La Cravate.Un podcast indépendant,
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L’importance de ceux qui nous entourent
Il commence le rugby à Saint-Pée-sur-Nivelle, où il évolue au sein d’une belle génération de jeunes joueurs. Pourtant, malgré ses qualités, il ne fait pas immédiatement partie des éléments les plus remarqués et poursuit sa progression sans imaginer nécessairement atteindre le haut niveau.
Une sélection en Taddeï lui permet finalement de se confronter à des adversaires issus de clubs plus prestigieux et de gagner en visibilité. Son frère Ximun, déjà engagé dans le centre de formation du Biarritz Olympique, intervient également pour convaincre les responsables du club de lui donner sa chance. Maxime rejoint ainsi les Crabos du BO, une étape décisive dans la construction de sa carrière.
Il gravit progressivement les échelons jusqu’à découvrir l’équipe première, puis s’impose au poste de demi de mêlée dans une formation biarrote engagée en Pro D2. À seulement 23 ans, il devient l’un des plus jeunes capitaines de l’histoire du club, une responsabilité qui témoigne de la confiance accordée à ce joueur aussi travailleur qu’investi dans la vie du groupe.
Son parcours au Biarritz Olympique lui permet de prendre de l’expérience et de s’affirmer, mais après 5 saisons pleines en Pro D2, il ressent le besoin de découvrir un niveau supérieur. Quitter sa région et sa famille représente un choix important pour lui, qui a toujours été profondément attaché à son environnement. En 2019, il accepte néanmoins de rejoindre l’Union Bordeaux-Bègles, avec l’envie de se mesurer aux meilleurs joueurs du championnat.
Une nouvelle dimension à Bordeaux
Son arrivée à l’UBB marque un tournant. Dans un effectif ambitieux et particulièrement concurrentiel, Maxime parvient rapidement à s’imposer grâce à la qualité de son jeu au pied, sa régularité et son investissement quotidien. Il gagne progressivement en responsabilités et participe à la progression d’une équipe qui s’affirme parmi les prétendants aux premières places du Top 14.
Ses performances finissent par attirer l’attention du sélectionneur du XV de France. En novembre 2021, il connaît sa première sélection internationale lors d’une rencontre face à la Géorgie, disputée à Bordeaux. Pour ce garçon qui avait grandi en admirant les joueurs professionnels depuis les tribunes d’Aguiléra, porter le maillot bleu devant ses proches représente une émotion immense.
La semaine suivante, il participe également à la victoire historique des Bleus face à la Nouvelle-Zélande au Stade de France, un succès qui vient couronner quelques semaines extraordinaires et confirmer la place qu’il a su se construire parmi les meilleurs joueurs du pays.
J’ai grandi en croyant que vivre de sa passion était réservé aux autres… Donc lorsque j’ai honoré ma première sélection, devant ma famille à Bordeaux, c’était énorme.
Maxime Lucu · Épisode 55 de La Cravate
Mais derrière cette ascension sportive se trouve aussi une histoire profondément personnelle, dont Maxime accepte de parler avec beaucoup de pudeur au cours de notre entretien.
Une promesse devenue une force
Parmi les personnes qui ont accompagné Maxime depuis son enfance, son cousin Xavier occupait une place particulière. Présent à ses matchs, attentif à sa progression et toujours prêt à l’encourager, il avait joué un rôle important dans sa volonté de poursuivre ses efforts pour devenir professionnel.
Sa disparition a été une épreuve particulièrement douloureuse. Il raconte combien il lui a été difficile, pendant un temps, de retrouver l’envie et l’énergie nécessaires pour s’entraîner et donner le meilleur de lui-même. Perdre quelqu’un d’aussi proche, qui avait tellement compté dans son parcours, a profondément bouleversé sa manière d’envisager le rugby et la vie.
Progressivement, cette douleur s’est transformée en une source de motivation. Maxime explique avoir pris conscience de ce qu’il était capable d’accomplir et s’être engagé dans une démarche personnelle très forte, avec la volonté de ne plus laisser passer les occasions qui se présentaient à lui. Cette nouvelle détermination l’accompagne désormais sur les terrains, mais aussi dans son quotidien.
Son attachement à la famille demeure ainsi au cœur de son équilibre, même loin de Saint-Pée-sur-Nivelle. Il conserve des liens étroits avec ses proches et continue à puiser dans ses racines basques une grande partie de sa force, sans jamais perdre de vue ce qui comptait pour lui bien avant le rugby professionnel.
J’ai retrouvé Maxime chez lui, à Bordeaux, dans une maison qu’il venait de rénover. Nous échangions depuis quelque temps et nous étions déjà croisés à plusieurs reprises, mais j’avais hâte de prendre véritablement le temps de discuter avec lui. Son frère Ximun, contre qui j’avais eu l’occasion de jouer dans les catégories jeunes, m’avait d’ailleurs confié quelques anecdotes avant notre rencontre.
J’ai découvert un garçon d’une grande gentillesse, profondément attaché aux siens et animé par une détermination qui force le respect. Sa simplicité, sa sensibilité et sa capacité à mesurer le chemin parcouru m’ont particulièrement touché. Un échange aussi sincère qu’émouvant, avec quelqu’un pour qui la famille restera toujours bien plus importante que tous les succès sportifs.
Bonne écoute !