À seulement 25 ans, Thomas a déjà remporté un Grand Chelem avec le XV de France et le premier Bouclier de Brennus de l’histoire de Clermont. Alors que sa carrière semble lancée sur les meilleures bases et que la Coupe du monde 2011 approche, deux graves blessures successives vont bouleverser ses projets et l’éloigner des terrains pendant de longs mois. Une période difficile dont il ressortira avec une autre manière d’appréhender son métier, mais aussi la vie en général.
Originaire d’Égletons, en Corrèze, il découvre le rugby à sept ans en suivant les traces de son grand frère Fabien, de neuf ans son aîné, qui connaîtra lui aussi une belle carrière. Après ses premières années au club local, il rejoint le sport-études d’Ussel puis Aurillac, avant d’intégrer le centre de formation de l’ASM Clermont Auvergne. Il y poursuit sa progression, même s’il reconnaît qu’il n’a pas toujours été le plus assidu et qu’il lui a fallu quelques rappels à l’ordre pour prendre conscience de ses capacités.
Trouver sa place à Clermont
Vern Cotter fait également partie des entraîneurs qui ont marqué son parcours. C’est sous ses ordres que Thomas découvre le rugby professionnel et apprend à répondre aux exigences du plus haut niveau, lui qui reconnaît volontiers avoir eu besoin d’être un peu secoué durant ses jeunes années. Votre contribution nous aide à produire de nouveaux épisodes et à préserver la liberté de La Cravate.Un podcast indépendant,
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Cette reconnaissance envers ceux qui l’ont accompagné, il l’exprime d’ailleurs très simplement :
Jeune, j’étais un peu fainéant, mais j’ai eu la chance de tomber sur des personnes qui ont cru en moi et qui m’ont mis un coup de pied aux fesses. Aujourd’hui, je les en remercie.
Thomas Domingo · Épisode 73 de La Cravate
En 2006, il devient champion de France Espoirs avec Clermont et remporte la Coupe du monde des moins de 21 ans avec une génération particulièrement talentueuse, dans laquelle figurent notamment Maxime Médard, Guilhem Guirado et Fulgence Ouedraogo. Il fait ses débuts avec l’équipe première la même année et gagne progressivement sa place au sein d’un effectif qui va s’installer durablement parmi les meilleurs du championnat.
L’ASM dispute trois finales consécutives du championnat entre 2007 et 2009, sans parvenir à s’imposer, tandis que Thomas prend de plus en plus d’importance dans la première ligne clermontoise, jusqu’à connaître ses premières sélections avec le XV de France en 2009. L’année suivante sera exceptionnelle puisqu’il participe aux cinq rencontres du Grand Chelem remporté par les Bleus, avant de soulever le premier Bouclier de Brennus de l’histoire de Clermont, enfin victorieux de Perpignan en finale.
Les blessures, puis le retour
Alors qu’il est devenu l’un des piliers importants du XV de France et qu’il se prépare à disputer la Coupe du monde 2011, une rupture des ligaments croisés du genou droit face à Biarritz vient brutalement interrompre sa progression. Après plusieurs mois de rééducation, il retrouve la compétition, mais se blesse à nouveau aux ligaments croisés, cette fois au genou gauche, quelques rencontres seulement après son retour.
Au cours de notre échange, il revient sur ces deux blessures qui l’ont profondément marqué, sur la difficulté de se retrouver aussi longtemps éloigné des terrains et sur le travail nécessaire pour revenir au plus haut niveau. Il explique notamment combien cette période l’a fait mûrir, alors qu’il avait jusque-là enchaîné les étapes de sa carrière sans connaître de coup d’arrêt comparable.
Sa persévérance finit par payer puisqu’il retrouve sa place à Clermont, puis le maillot du XV de France, portant son total à 36 sélections internationales. Il poursuivra son aventure auvergnate jusqu’en 2017, après treize années passées à l’ASM, avec plusieurs campagnes européennes, de nouvelles finales et quelques déceptions qui font aussi partie de l’histoire du club.
Une nouvelle vie à Pau
À l’été 2017, Thomas rejoint la Section Paloise et retrouve un rôle important dans l’équipe, avant de décider de mettre un terme à sa carrière deux saisons plus tard, à bientôt 34 ans. Il reste néanmoins au club pour entraîner la mêlée, une fonction qui lui permet de transmettre son expérience aux avants béarnais et de découvrir les exigences d’un métier bien différent de celui de joueur.
Notre discussion dépasse également largement le rugby, puisque nous parlons de sa passion pour les motos, et notamment les Harley-Davidson, mais aussi de ses tatouages, des bons repas et de son attachement à la Corrèze. Sa famille occupe une place essentielle dans sa vie et il nous raconte aussi les projets qu’il aimerait mener dans les années à venir, avec l’envie de profiter de tout ce qui l’intéresse en dehors des terrains.
J’ai retrouvé Thomas au stade du Hameau, à Pau, grâce à Quentin Lespiaucq qui nous avait mis en relation, et j’ai passé un super moment en sa compagnie. Nous avons pris le temps de revenir sur sa carrière, ses blessures et les nombreuses personnes qui ont compté dans son parcours, sans oublier ses passions et sa vie de famille. J’ai beaucoup apprécié sa simplicité et sa bonne humeur, qui ont rendu cet échange aussi intéressant qu’agréable.
Bonne écoute !