Pour Rémi, le rugby a longtemps été bien davantage qu’un sport : une manière de grandir, de se construire et de nouer des amitiés qui l’accompagnent encore aujourd’hui. Des terrains de la Drôme aux vestiaires du Top 14, il a connu les joies des titres chez les jeunes, les exigences du rugby professionnel et les responsabilités parfois difficiles du métier d’entraîneur. Un parcours riche en expériences, au cours duquel ses choix ont souvent été guidés par les liens humains autant que par les ambitions sportives.
Né à Aix-en-Provence, il grandit à Montélimar auprès de sa mère, particulièrement investie dans le sport, et de son frère et de sa sœur, dont il est très proche. Son père, policier et sportif accompli, lui transmet également le goût de l’activité physique. À 4 ans, Rémi découvre le rugby pour imiter son grand frère, avant de se prendre véritablement de passion pour ce jeu qui devient rapidement une part essentielle de son quotidien.
À l’adolescence, il quitte le club de Montélimar pour rejoindre ses amis au Teil, de l’autre côté du Rhône. Un choix qui peut sembler surprenant puisque son nouveau club évolue à un niveau beaucoup plus modeste, mais qui lui permet de retrouver une génération exceptionnelle de jeunes joueurs. Ensemble, ils décrochent notamment le titre de champion de France Balandrade, un souvenir qui occupe toujours une place particulière dans sa mémoire. Votre contribution nous aide à produire de nouveaux épisodes et à préserver la liberté de La Cravate.Un podcast indépendant,
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Le collectif comme fil conducteur
Ses qualités lui ouvrent les portes du Pôle Espoir de Villefranche-sur-Saône, avant une saison passée à Villeurbanne, où il poursuit sa formation au sein d’un groupe particulièrement talentueux. Il y côtoie plusieurs joueurs avec lesquels il partagera d’autres étapes de son parcours et découvre progressivement les exigences du haut niveau.
Rémi rejoint ensuite l’ASM Clermont Auvergne, où il poursuit sa progression dans les catégories jeunes et remporte des titres nationaux en Reichel puis en Espoirs. Au sein d’un club qui dispose déjà d’un effectif particulièrement riche, il découvre également le rugby international à travers l’équipe de France à 7, avec laquelle il participe au circuit mondial.
Mais la concurrence est particulièrement rude pour s’imposer durablement chez les professionnels clermontois. En 2006, il choisit donc de rejoindre le Stade Rochelais, alors engagé en Pro D2, afin de bénéficier de davantage de temps de jeu et de poursuivre son apprentissage.
Pendant trois saisons, il s’affirme comme l’un des joueurs importants de l’effectif maritime, avant de relever un nouveau défi en signant au Racing, où il retrouve le Top 14. Dans un club particulièrement ambitieux, il découvre un autre environnement et doit adapter son jeu aux exigences d’un effectif composé de nombreux joueurs de premier plan.
En 2012, Rémi décide de rejoindre le SU Agen, avec l’envie de retrouver un rôle plus important et de s’investir pleinement dans un projet sportif auquel il croit. Ce choix l’amènera à s’installer durablement dans le Lot-et-Garonne, une région qui deviendra progressivement son nouveau port d’attache.
La dure réalité du métier d’entraîneur
Après plusieurs saisons sous le maillot agenais, il met un terme à sa carrière de joueur en 2017 et se voit proposer de rejoindre l’encadrement sportif du club. Passionné par la transmission et l’accompagnement des joueurs, il accepte de relever ce défi et découvre rapidement les responsabilités du métier d’entraîneur.
Les deux premières saisons sont encourageantes et lui permettent de prendre confiance dans ses nouvelles fonctions, mais la situation se complique progressivement lorsque les résultats sportifs deviennent moins favorables. Dans un environnement où la pression est permanente et où les décisions peuvent avoir des conséquences importantes sur les hommes, Rémi découvre les difficultés d’un poste très différent de celui qu’il occupait sur le terrain.
La saison 2019-2020, interrompue par la crise sanitaire, marque une étape supplémentaire dans cette période délicate. Les difficultés se prolongent lors de l’exercice suivant, jusqu’à son départ de l’encadrement du SUA à la fin de l’année 2020.
Cette expérience laisse naturellement des traces, mais Rémi accepte d’en parler avec beaucoup de recul. Il revient notamment sur ses erreurs, sur les décisions qu’il aurait pu prendre autrement et sur la difficulté de préserver les relations humaines lorsque les exigences du résultat prennent une place prépondérante.
La famille, plus que jamais
Après son départ du rugby professionnel, Rémi choisit de consacrer davantage de temps à sa famille, auprès de laquelle il trouve un équilibre qui lui avait parfois manqué durant ses années de joueur et d’entraîneur. Sa mère, son frère et sa sœur l’ont rejoint dans le Sud-Ouest avec leurs familles respectives, lui permettant de retrouver cette proximité qu’il avait longtemps sacrifiée aux exigences de sa carrière.
Il reste néanmoins profondément attaché au rugby et continue à transmettre sa passion au club de Colayrac-Saint-Cirq, où il s’investit auprès des joueurs amateurs. Loin des contraintes du Top 14, il retrouve le plaisir de partager son expérience, d’accompagner des jeunes et de rendre à ce sport une partie de ce qu’il lui a apporté.
Ce nouvel engagement correspond pleinement à sa personnalité. Rémi reconnaît volontiers avoir souvent privilégié les rapports humains dans ses décisions, même lorsque cela ne s’est pas toujours révélé être le choix le plus judicieux sur le plan professionnel. Mais cette sensibilité demeure pour lui une richesse, et il ne cherche pas à la dissimuler.
C’est la passion qui m’anime ! Je suis un affectif et j’ai très souvent pris mes décisions avec le cœur. Pas toujours les bonnes d’ailleurs…
Rémi Vaquin · Épisode 49 de La Cravate
Avec le recul, il mesure combien chaque étape de son parcours, y compris les plus difficiles, lui a permis d’apprendre sur lui-même et sur les autres. Il envisage désormais l’avenir avec l’envie de construire une vie qui lui ressemble, en accordant une place essentielle à sa famille et aux relations qui comptent véritablement pour lui.
C’est chez lui, à Colayrac-Saint-Cirq, près d’Agen, que Rémi m’a reçu pour cet entretien. J’ai pris beaucoup de plaisir à échanger avec cet homme entier et profondément humain, chez qui l’affect occupe une place essentielle. Sa franchise, sa capacité à se remettre en question et la sincérité avec laquelle il évoque les moments difficiles de son parcours m’ont particulièrement marqué. J’ai également été touché par son attachement à sa famille et sa volonté de lui consacrer davantage de temps après tant d’années rythmées par les exigences du rugby professionnel.
Un très beau moment de partage avec quelqu’un qui n’a jamais renoncé à suivre son cœur, même lorsque ses choix l’ont conduit sur des chemins plus compliqués.
Bonne écoute !