#25 - Laurent Delboulbès

La richesse des valeurs - Le bon sens Paysan

1h16
Laurent Delboulbès, invité du podcast La Cravate
La Cravate
#25 - Laurent Delboulbès, la richesse des valeurs - Le bon sens Paysan
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Dans la famille Delboulbès, on a toujours su ce que signifiait se retrousser les manches. À Saint-Nicolas-de-la-Grave, dans le Tarn-et-Garonne, Laurent grandit au rythme de l’exploitation agricole de ses parents, entre les canards, les tracteurs et les travaux de la ferme. Un terrain de jeu idéal pour ce gamin débordant d’énergie, qui touche à tout et dont les escapades donnent parfois quelques sueurs froides à ses parents !

Très tôt, il se passionne pour cet univers et se voit déjà reprendre un jour l’exploitation familiale. Son avenir, il l’imagine davantage dans les champs que dans les stades, même si le ballon ovale occupe aussi une place importante à la maison.

Son père, ancien pilier et président du club local, l’inscrit à l’école de rugby à l’âge de 5 ans. Laurent y prend goût, se fait des copains et poursuit sa formation à Castelsarrasin, avant d’être repéré par l’US Montauban, qu’il rejoint à 16 ans. Une première grande étape qui l’amène à quitter le domicile familial.

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Sapiac, les premières grandes émotions

À Montauban, il découvre progressivement les exigences d’un rugby qu’il n’avait jusque-là jamais envisagé comme un métier. Il poursuit sa formation, puis intègre les entraînements de l’équipe première sous la direction de Laurent Travers et Laurent Labit, qui lui ouvrent les portes du monde professionnel.

En 2006, l’USM remporte le championnat de Pro D2 et retrouve le Top 14. Pour ce jeune pilier formé au club, c’est le début d’une belle aventure parmi l’élite, sous les couleurs d’un maillot auquel il est profondément attaché.

Il aurait d’ailleurs volontiers passé toute sa carrière à Sapiac, mais les graves difficultés financières rencontrées par le club en 2010 vont en décider autrement. Malgré son maintien sportif, Montauban subit une double rétrogradation administrative et laisse plusieurs joueurs dans une situation particulièrement délicate.

Alors que les recrutements sont pratiquement bouclés, Laurent se retrouve sans contrat et voit son avenir professionnel sérieusement compromis. C’est finalement grâce au regretté Cédric Rosalen qu’il obtient une opportunité à Carcassonne, tout juste promu en Pro D2, où il retrouve le plaisir de jouer et parvient rapidement à se relancer.

Ses performances lui ouvrent bientôt les portes de l’Union Bordeaux Bègles. Séduit par le projet présenté par Laurent Marti, il s’engage avec les Girondins alors qu’ils évoluent encore en Pro D2, sans savoir qu’il retrouvera finalement le Top 14 dès la saison suivante.

Des défis et des rencontres

À Bordeaux, il participe à la progression d’un club en pleine transformation, avant de poursuivre sa carrière à Oyonnax, puis à Toulon, où il découvre un effectif particulièrement relevé et des exigences encore différentes.

Ces années sont riches en expériences et en rencontres, notamment auprès de Marc Dal Maso, qui l’accompagne dans sa progression au RCT. Il y côtoie également Mathieu Bastareaud, toujours prompt à le chambrer, notamment sur son désintérêt absolu pour les réseaux sociaux !

Car si Laurent apprécie la vie de groupe et les plaisanteries du vestiaire, il préfère largement rester à l’écart de l’exposition médiatique. Pas de Facebook, pas d’Instagram, pas de Twitter : un fonctionnement qui tranche avec les habitudes de nombreux joueurs de sa génération.

En 2017, après deux saisons sur la Rade, il choisit de revenir à Bordeaux. Sa compagne, qui l’a suivi dans ses différents déplacements, souhaite alors retrouver son activité professionnelle à la SNCF, et cette perspective pèse naturellement dans leur décision.

Mais son retour à l’UBB prend rapidement une tournure inattendue lorsqu’un examen médical révèle un problème aux cervicales qui lui interdit temporairement la pratique du rugby. Contraint de subir une opération, il doit s’armer de patience avant de retrouver les terrains, dans un club qui a bien changé depuis son premier passage.

Les racines avant tout

Malgré toutes ces années passées à parcourir les stades de France, Laurent n’a jamais abandonné son projet d’enfance. Titulaire d’une formation en agronomie et en environnement, il envisage toujours de reprendre l’exploitation de ses parents, spécialisée dans l’élevage et la transformation de canards gras.

Il en parle avec une connaissance précise du métier et l’envie de poursuivre ce que sa famille a construit. L’agriculture n’a jamais été pour lui une simple solution de repli après le rugby, mais un univers auquel il appartient depuis toujours.

Sa vie familiale tient également une place essentielle dans ses choix, tout comme les amitiés nouées au fil de son parcours. Il évoque notamment avec beaucoup d’affection son grand ami Nicolas Crubilé, dont l’histoire et le parcours l’ont profondément marqué.

Au delà de l’aspect rugbystique, j’espère que les gens que j’ai croisés retiendront de moi que j’ai été un bon mec.

Laurent Delboulbès · Épisode 25 de La Cravate

C’est au stade André-Moga, à Bègles, que nous nous sommes retrouvés pour cet entretien. Laurent étant particulièrement discret dans les médias, j’étais vraiment heureux qu’il ait accepté mon invitation.

Et je n’ai pas été déçu ! J’ai adoré son bon sens, son humour et la simplicité avec laquelle il s’est confié. Nous avons passé un magnifique moment ensemble, et je comprends mieux pourquoi ceux qui le connaissent en parlent avec autant d’affection.

Bonne écoute !

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