Charles a grandi dans une ferme, au milieu des chevaux, des bois et des grands espaces ariégeois. Pourtant, ce n’est pas vers cet univers familial qu’il va se tourner. Très jeune, il suit surtout les traces de son grand frère, qui s’est mis au rugby avec les copains de l’école, et découvre à son tour un sport qui va rapidement prendre de plus en plus de place.
Né à Pamiers, il passe son enfance du côté de Manses, dans un environnement très rural. Son père est maréchal-ferrant, puis juge et entraîneur dans le milieu équestre, tandis que sa mère reste longtemps au foyer avant de travailler dans l’insertion. Avec son frère Guillaume, il monte à cheval, roule en moto dans les bois et touche à beaucoup de sports, mais le rugby finit par s’imposer.
Il joue à Pamiers, intègre ensuite le sport-études de Jolimont et rejoint le Stade Toulousain. Les sélections arrivent également, jusqu’aux équipes de France jeunes, mais il avance sans vraiment se projeter très loin. À Toulouse, il se retrouve rapidement au contact des professionnels et participe régulièrement aux entraînements avec l’équipe première, dans un effectif où la concurrence au centre est particulièrement dense.
Guy Novès le lance en Top 14 en 2008. Il dispute plusieurs rencontres, mais comprend aussi qu’il lui sera difficile de s’installer durablement avec les joueurs qui occupent alors les mêmes postes. Au bout de quelques saisons passées à Toulouse, il choisit donc de tenter sa chance ailleurs.
Trouver sa place à Biarritz
Mathieu Roux, qu’il a connu avec les équipes de France jeunes, lui ouvre alors une porte au Biarritz Olympique. Le centre ariégeois rejoint en 2009 un club qui compte encore parmi les références du championnat et découvre un vestiaire rempli d’internationaux. Il va finalement y passer dix saisons.
À Biarritz, il gagne du temps de jeu et trouve progressivement la place qu’il cherchait. Il participe aux grandes années du club, découvre les joutes européennes et fait partie du groupe qui remporte le Challenge européen en 2012 face à Toulon, après avoir débuté le quart et la demi-finale.
« Quand on a gagné le Challenge Européen, sur les cinq semaines « off » qu’on a eues, je ne crois pas qu’on se soit beaucoup reposés… On emmenait la Coupe partout, même au Mac Do ! »
Ces saisons-là sont aussi celles d’un vestiaire très vivant, avec beaucoup de copains, de fêtes et ce fameux « Club 22 », le surnom donné à son appartement où une partie du groupe venait régulièrement prolonger les soirées.
La suite est moins brillante collectivement. En 2014, le BO descend en Pro D2, mais Charles choisit de rester alors qu’il aurait pu chercher une autre opportunité. Il se sent bien dans la région, tient à participer au projet de remontée et prend davantage de responsabilités au sein du groupe. Les résultats ne permettront jamais au club de retrouver le Top 14 pendant ses dernières saisons, mais cette période compte énormément pour lui, notamment parce qu’il joue beaucoup et devient l’un des cadres de l’équipe.
Les dernières saisons sont moins denses pour Charles, qui joue moins qu’auparavant et commence à envisager plus concrètement la suite de sa vie après le rugby.
Changer de rythme
En 2019, il met un terme à sa carrière professionnelle. Cette même année, sa mère tombe gravement malade et il passe une grande partie de l’été à ses côtés, à l’hôpital. À sa disparition, il revoit forcément certaines priorités et comprend aussi qu’il n’a plus vraiment envie de prolonger sa carrière à tout prix.
Depuis, il s’est éloigné du rugby professionnel et consacre davantage de temps à sa famille, à ses enfants et aux projets qui l’intéressent. Charles fonctionne beaucoup comme ça : il a besoin d’avoir quelque chose à construire, puis de passer à autre chose une fois l’objectif atteint.
Lorsqu’il achète sa maison à Anglet, il la rénove avec son frère et choisit même de travailler un temps en intérim dans le bâtiment, notamment en électricité, pour apprendre et acquérir de nouvelles compétences. C’est assez révélateur de sa manière de fonctionner : Charles aime se fixer un projet, s’y investir à fond, apprendre ce qu’il faut pour avancer, puis passer à autre chose lorsqu’il estime avoir fait le tour.
Charles donne parfois l’impression de naviguer au gré de ses envies, mais la conversation montre surtout quelqu’un qui sait assez bien ce qu’il ne veut plus faire et qui avance par étapes, en donnant beaucoup de place à sa famille et à ce qui lui fait envie sur le moment.
J’ai passé un très bon moment avec Charles. On s’était croisés plus jeunes sans vraiment se connaître et j’avais depuis longtemps envie d’aller le voir. Il est drôle, curieux, parfois un peu perché, mais surtout très agréable à écouter lorsqu’il raconte ses années de rugby comme tout ce qui est venu après.
Bonne écoute !