Il ne faut pas trop se fier à son côté réservé. Anthony est un immense compétiteur, mais rien ne le laisse vraiment deviner lorsqu’il raconte ses débuts. Il grandit au cœur du Val d’Azun en rêvant surtout de jouer au foot avec ses copains dans l’équipe première de son village. Enfant sage, introverti et asthmatique, il touche à beaucoup de sports avant de suivre ses copains au rugby à Argelès-Gazost. Il ne comprend alors pas grand-chose aux règles et, lorsqu’on veut le mettre devant à cause de ses petites oreilles, il préfère encore être remplaçant.
Il poursuit tranquillement son parcours jusqu’en seniors avant que l’US Dax ne vienne presque par hasard le chercher. Il quitte alors ses Pyrénées, découvre le haut niveau et dispute rapidement ses premiers matchs avec les Rouge et Blanc. Son jeu au pied va largement contribuer à lui faire une place et l’accompagner pendant toute sa carrière.
De Dax à Auch, se faire une place
En 2004, il quitte les Landes pour rejoindre le FC Auch, un club qui va prendre une place considérable dans sa vie. La saison 2006-2007 sera l’une des plus belles de sa carrière : Auch remporte le championnat de Pro D2, tandis qu’il termine meilleur réalisateur et est élu meilleur joueur de la compétition. Ses performances lui ouvrent les portes du Castres Olympique, où il passera deux saisons avant de retrouver Dax puis de poursuivre son parcours à Béziers.
Les années auscitaines lui laissent aussi quelques souvenirs qui dépassent largement le terrain. En 2005, à quelques jours d’une finale européenne, Henry Broncan avait notamment donné une consigne très claire à ses joueurs.
« En 2005, le week-end précédant la finale de Bouclier Européen avec Auch, Henry Broncan nous a interdit d’aller à Pentecôtavic. Évidemment, on y était tous, des Crabos aux pros ! Heureusement qu’on a gagné… »
Après Dax et Béziers, il revient dans le Gers pour une dernière partie de carrière qui va durer bien plus longtemps qu’il ne l’imaginait. Il assiste à la disparition du FC Auch puis participe à la reconstruction du rugby auscitain sous les couleurs du RCA, avec lequel il repart dans les divisions fédérales.
Une histoire qui se prolonge jusqu’à 42 ans
C’est aussi dans cette période que l’on mesure la détermination du personnage. Il aurait pu s’arrêter après avoir connu le Top 14, remporté la Pro D2 et passé de nombreuses années dans le rugby professionnel, mais il reste et accompagne le club au fil de sa reconstruction et de ses montées.
Son histoire avec le rugby auscitain l’aura ainsi conduit du Top 14 à la Fédérale 3, avant de refaire le chemin dans l’autre sens. Il attend 2022 et la remontée du club en Nationale 2 pour raccrocher les crampons, à près de 42 ans, presque trente ans après ses premiers pas sur les terrains d’Argelès-Gazost.
Installé dans le Gers avec sa famille, il travaille au Comité départemental et reste très attaché au Val d’Azun, où vivent toujours ses proches. Le gamin d’Arrens-Marsous qui rêvait de jouer au foot avec ses copains aura finalement consacré une bonne partie de sa vie au rugby.
Je suis d’autant plus content de recevoir Anthony que son nom fait partie de ceux que j’entendais régulièrement sur Sud Radio lorsque j’étais plus jeune, et que j’ai eu quelques années plus tard le plaisir de jouer avec son petit frère Kévin en équipe universitaire. J’avais envie de découvrir celui qui se cachait derrière ce nom si familier et je n’ai pas été déçu : sa réserve s’efface vite pour laisser place à beaucoup d’humour, du caractère et un goût de la compétition qui ne l’a jamais quitté.
Bonne écoute !