#118 – Olivier Sarraméa

Partir pour s’épanouir – Atteindre les sommets

2h47
Olivier Sarraméa, invité du podcast La Cravate
La Cravate
#118 - Olivier Sarraméa, partir pour s'épanouir - Atteindre les sommets
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Olivier a grandi avec l’idée assez simple que sa vie se construirait probablement là où elle avait commencé. À Bernadets-Dessus, petit village d’une centaine d’habitants au cœur de la Bigorre, tout le monde se connaît et l’agriculture occupe encore une place importante. Ses parents ont une petite exploitation, son père travaille également à Tarbes chez Alstom et, enfant, Olivier ne ressent pas vraiment le besoin d’imaginer sa vie ailleurs. Il va à l’école, aide ses parents à la ferme, retrouve ses copains et passe énormément de temps à jouer au ballon.

Le Tournoi des Cinq Nations le fait pourtant rêver. Devant la télévision, il regarde Serge Blanco, Philippe Sella et les autres internationaux avant d’essayer de les imiter dans la cour ou le jardin, mais le monde qu’il observe à l’écran lui paraît tellement éloigné du sien qu’il n’imagine pas une seconde pouvoir un jour en faire partie. Le rugby n’est d’ailleurs pas encore professionnel et Olivier joue avant tout pour le plaisir, à Trie-sur-Baïse, sans penser que ce sport pourrait un jour devenir son métier.

Accepter de partir pour voir plus loin

Lorsqu’il est approché par Castres à vingt ans, le changement est considérable pour quelqu’un qui a toujours vécu dans le même environnement. Olivier doit quitter pour la première fois ce cocon auquel il est profondément attaché et rejoindre un club qui évolue dans un tout autre univers. Même sa mère trouve Castres loin de la maison et lui-même se pose beaucoup de questions, mais sa compagne l’encourage à tenter sa chance plutôt que de risquer de regretter un jour de ne pas l’avoir fait.

Une totale indépendance

Ce fonctionnement permet de préserver une pleine liberté et de s’inscrire dans la durée.

Ce départ va complètement changer la suite de son histoire. Olivier découvre le haut niveau et parvient à se faire une place dans un très bel effectif castrais, alors que quelques mois auparavant il évoluait encore avec Trie-sur-Baïse. La transition est d’autant plus forte qu’il se retrouve désormais sur les mêmes terrains que certains des joueurs qu’il avait pris l’habitude de regarder à la télévision.

« En mai je jouais en Honneur à Trie contre les Baronnies, puis en septembre j’étais titulaire à l’arrière avec Castres face au Stade Toulousain et à toutes les stars que je regardais à la TV… »

Les années suivantes vont l’emmener encore plus loin, jusqu’au XV de France et à la Coupe du monde 1999. Lui qui considérait ce niveau comme inaccessible lorsqu’il était gamin se retrouve donc à porter le même maillot que ceux qui le faisaient rêver quelques années auparavant, avant de poursuivre sa carrière dans plusieurs des grands clubs français de l’époque.

En 2002, il rejoint ainsi un SU Agen qui joue les premiers rôles, puis découvre le Stade Français avant de rallier Montpellier, où il terminera sa carrière en 2010. Au fil de toutes ces années, Olivier accompagne aussi la transformation profonde d’un rugby devenu professionnel alors qu’au moment de ses débuts, imaginer en faire son métier n’avait même pas vraiment de sens pour lui.

Partir pour mieux revenir

Malgré les clubs, les déplacements et toutes les années passées loin de chez lui, son attachement à la Bigorre ne disparaît jamais vraiment. Olivier explique d’ailleurs que partir lui a permis de découvrir autre chose, mais aussi de mieux comprendre pourquoi il se sentait aussi bien ici. Une fois sa carrière terminée, le retour dans les Hautes-Pyrénées s’impose donc assez naturellement.

Lorsque je le retrouve pour enregistrer cet épisode, cela fait déjà douze ans qu’il vit à Bonnefont, à seulement quelques kilomètres du village dans lequel il a grandi. Il s’est installé dans une ancienne grange qu’il a en partie rénovée et a retrouvé le calme, les collines, sa famille et ses amis, tout ce à quoi il était finalement resté attaché malgré les années passées ailleurs.

Sa vie s’écrit aujourd’hui loin de l’agitation du rugby professionnel, entre son activité professionnelle, sa famille et les différents sports qu’il continue à pratiquer au quotidien. Il ne semble d’ailleurs éprouver aucun besoin particulier de rester sous les projecteurs et raconte cette partie de sa vie avec la même simplicité que lorsqu’il revient sur sa carrière.

C’est ce que j’ai particulièrement apprécié chez Olivier. Il est discret, profondément attaché à ses Pyrénées et raconte avec beaucoup de recul un parcours qui l’a pourtant conduit d’un village d’une centaine d’habitants jusqu’au XV de France. Rien ne semblait vraiment le prédestiner à vivre tout cela et il aura finalement fallu accepter de partir pour découvrir jusqu’où le rugby pouvait l’emmener, avant de revenir quasiment là où tout avait commencé.

Je me suis vraiment régalé pendant ce long échange et je suis ravi de pouvoir vous le faire découvrir.

Bonne écoute !

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