#22 - Thomas Lombard

La vie en Rose - Entre héritage et ambition

1h22
Thomas Lombard, invité du podcast La Cravate
La Cravate
#22 - Thomas Lombard, la vie en Rose - Entre héritage et ambition
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Petit, Thomas ne se lassait pas d’écouter les histoires de son père. Ancien rugbyman, témoin de la guerre et doté d’un sacré caractère, celui-ci avait vécu suffisamment d’aventures pour nourrir l’imagination de son fils pendant des années. À force de l’entendre raconter ses souvenirs, Thomas s’était mis en tête qu’il lui faudrait lui aussi avoir beaucoup de choses à raconter lorsqu’il serait plus âgé !

Il grandit au Chesnay, dans l’Ouest parisien, au sein d’une famille aisée où il ne manque de rien. Fils unique, il pratique d’abord le tennis avant de découvrir le rugby à 13 ans, sur les conseils de son père. Ce changement de sport lui fait découvrir une dimension qui lui était jusque-là moins familière : le plaisir de partager et d’apprendre à compter sur les autres.

Après ses débuts au Chesnay puis à Versailles, il intègre la section sport-études du lycée Lakanal à Sceaux avant de rejoindre le Racing Club de France à 17 ans. Champion de France Crabos, il découvre rapidement l’équipe première aux côtés de joueurs comme Franck Mesnel, Denis Charvet ou Laurent Cabannes.

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Du Racing aux grandes années du Stade Français

Thomas passe cinq années au Racing, dans une équipe qui traverse alors une période difficile. En 1997, Max Guazzini le convainc de rejoindre le Stade Français, où Bernard Laporte rassemble un effectif aussi talentueux qu’inattendu.

Christophe Dominici, Diego Dominguez, Vincent Moscato ou encore Richard Pool-Jones : les caractères sont bien trempés et les parcours très différents, mais cette diversité contribue à faire la force d’un groupe qui va bouleverser la hiérarchie du rugby français.

Dès sa première saison, Thomas remporte le Bouclier de Brennus, le premier des quatre titres de champion de France qu’il décrochera sous le maillot parisien. Ses performances lui ouvrent également les portes du XV de France, dont il portera le maillot à douze reprises.

Ces années sont aussi celles d’un club qui ne ressemble à aucun autre. Sous l’impulsion de Max Guazzini, le Stade Français ose sortir des habitudes du rugby, multiplie les initiatives et conquiert un nouveau public. Thomas participe pleinement à cette aventure dont il gardera un attachement profond.

Plusieurs vies dans une carrière

En 2004, après sept saisons sous le maillot rose, Thomas traverse la Manche pour rejoindre Worcester, où il découvre pendant trois ans le championnat anglais. Il retrouve ensuite la région parisienne en signant au Racing Métro, mais ce retour est interrompu par la découverte d’une malformation cardiaque qui l’oblige à arrêter sa carrière en 2008.

Ce coup d’arrêt ne le laisse heureusement pas sans perspective. Attiré depuis longtemps par le journalisme, il avait déjà fait ses premières armes chez Canal+ grâce à sa connaissance du championnat anglais et trouve dans cette activité l’occasion de rester au contact du rugby.

Pendant treize ans, il commente les plus grandes affiches françaises et européennes, participe à l’émission Les Spécialistes aux côtés de François Trillo et collabore avec RMC, où il retrouve notamment Vincent Moscato.

Il se plaît dans cette nouvelle équipe, entouré de collègues avec lesquels il noue de solides amitiés. Cette camaraderie lui permet de conserver une forme de vie de groupe après sa carrière de joueur et l’aide à traverser une transition qu’il sait parfois particulièrement difficile pour les sportifs professionnels.

Le Stade Français, une histoire à poursuivre

En 2019, alors qu’il n’envisageait pas particulièrement de quitter les médias, Thomas reçoit une proposition qui va bouleverser ses projets. Hans-Peter Wild, propriétaire du Stade Français, lui offre la direction générale d’un club en difficulté dont il connaît mieux que quiconque les grandes heures.

Il accepte de relever le défi avec l’envie de retrouver ce qui avait fait la force du Stade Français, tout en lui donnant les moyens de répondre aux nouvelles exigences du rugby professionnel. Parmi ses premières initiatives figure notamment la création du Bar des Légendes, un espace réservé aux anciens joueurs les jours de match pour entretenir le lien entre les différentes générations du club.

Mais Thomas ne se contente pas de regarder derrière lui. Il développe une réflexion particulièrement intéressante sur la formation des jeunes, les limites du double projet et l’importance de préparer les joueurs à autre chose qu’une carrière sportive.

Il faut d’abord essayer de devenir un Être humain plus accompli pour ensuite devenir un meilleur joueur.

Thomas Lombard · Épisode 22 de La Cravate

Il s’intéresse également aux possibilités offertes par le numérique pour attirer de nouveaux publics et revient sur son engagement auprès des Barbarians français, dont il souhaite préserver la philosophie et la liberté de fonctionnement.

C’est dans son bureau du stade Jean-Bouin, à Paris, que Thomas m’a accueilli pour cet entretien. J’ai découvert des installations magnifiques, bien loin de l’image que je me faisais de ce stade, et nous avons pris le temps d’échanger sur les différentes étapes de son parcours.

J’ai beaucoup apprécié sa lucidité et sa capacité à prendre du recul sur ses propres expériences. Qu’il parle de ses années de joueur, de son passage dans les médias ou de ses responsabilités actuelles, Thomas a toujours quelque chose à apporter à la discussion, et j’ai pris un vrai plaisir à découvrir sa manière de voir les choses.

Bonne écoute !

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