#95 – Jean-Marc Souverbie

Fort sur les appuis – Donner sans compter

1h42
Jean-Marc Souverbie, invité du podcast La Cravate
La Cravate
#95 - Jean-Marc Souverbie, fort sur les appuis - Donner sans compter
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À 18 ans, Jean-Marc se retrouve sur le banc de l’équipe première de la Section Paloise pour affronter Biarritz. Une blessure lui ouvre la porte après une vingtaine de minutes, il entre, marque deux essais et lance presque sans l’avoir prévu une carrière qui le mènera jusqu’au XV de France.

Né à Pau et élevé dans le Béarn, du côté de Lannecaube, il grandit avec ses deux petites sœurs dans une famille très attachée au rugby. Son grand-père l’emmène voir jouer l’Étoile Sportive Lembeye et Jean-Marc se passionne rapidement pour ce sport, au point de collectionner les images de joueurs et de noter leurs tailles ou leurs poids pendant le Tournoi des Cinq Nations.

Il commence pourtant par le football, avant de s’en détourner et de rejoindre la Section Paloise à 12 ans. Très vite, son énergie et sa vitesse lui permettent de progresser, jusqu’à cette première apparition chez les Seniors à seulement 18 ans. International chez les jeunes puis avec les universitaires, il poursuit en parallèle ses études, au moment même où le rugby français commence à basculer vers le professionnalisme.

Une totale indépendance

Ce fonctionnement permet de préserver une pleine liberté et de s’inscrire dans la durée.

La saison 1996 est particulièrement dense : avec Pau, il atteint la finale du Challenge Yves du Manoir et la demi-finale du championnat, devient champion de France universitaire puis champion du monde universitaire en Afrique du Sud. L’année suivante, alors qu’il étudie à Bordeaux et que les exigences du haut niveau augmentent, la Section lui fait comprendre qu’il doit poursuivre ailleurs. Le départ est difficile à accepter pour celui qui se sent profondément Palois, mais il rejoint finalement Bègles.

Trouver sa place

Ses débuts au CABBG ne sont pas simples. Jean-Marc arrive avec une réputation de jeune joueur plutôt festif et commence en équipe réserve, avant de modifier sérieusement son quotidien pour répondre aux exigences du rugby professionnel. Il gagne progressivement sa place, d’abord à l’aile puis à l’arrière, un poste auquel il va pleinement s’installer.

C’est à Bègles qu’il franchit un nouveau cap et se rapproche du XV de France. En 2000, il est appelé pour affronter la Roumanie et devient l’international français numéro 909. Jean-Marc marque même un essai lors de cette unique sélection, qu’il considère comme une récompense de la saison réalisée avec son club.

En 2001, il rejoint ensuite Perpignan et découvre un autre environnement, avec un effectif extrêmement ambitieux. Deux saisons plus tard, l’USAP atteint la finale de la Coupe d’Europe, perdue face à Toulouse, avant que Jean-Marc ne décide de revenir dans son Béarn natal.

Son retour à la Section Paloise a une saveur particulière. Quelques années auparavant, on lui avait notamment reproché de ne pas avoir suffisamment de vitesse ; lorsqu’il revient, c’est précisément cette qualité que le club met en avant pour justifier son recrutement. Il retrouve Pau pour quatre dernières saisons et met fin à sa carrière professionnelle en 2007, à 32 ans.

Jean-Marc a toujours accordé une grande importance aux relations humaines, quitte parfois à en faire beaucoup pour les autres.

« J’aime les gens… Je rends énormément de services et ne sais pas dire « Non ». Mais je suis excessif et c’est aussi pour ça que le jour où je ressens une injustice, je peux être très rancunier. »

Cette générosité se retrouve jusque dans ses souvenirs de joueur : il aime recevoir, organiser des repas, arrêter un bus après un match pour improviser un barbecue ou réunir les copains autour d’une table. Chez lui, le rugby n’a jamais vraiment été séparé de tout ce qui se passe autour.

Toujours un projet en tête

Jean-Marc a aussi vécu de plein fouet le passage d’un rugby encore largement amateur à un sport professionnel, ce qui l’a poussé à ne jamais négliger la suite. Il devient professeur d’EPS, s’associe ensuite dans une société spécialisée dans la gestion de paie et multiplie les projets au gré de ses envies et des rencontres.

Il participe notamment à la création d’une association d’éco-pâturage et se lance même dans la fabrication de hures, avec cette même curiosité qui l’empêche manifestement de rester longtemps sans nouvelle idée. Lors de notre échange, il est chef d’entreprise à Pau et continue à entretenir un lien très fort avec sa ville comme avec la Section.

Cette envie de faire, de transmettre et de rassembler revient pendant toute notre conversation. Jean-Marc peut parler rugby, entreprise, écologie ou cuisine avec la même énergie, et l’on comprend assez vite qu’il n’a jamais vraiment eu envie de choisir une seule direction.

J’ai passé un excellent moment avec Jean-Marc. Il est généreux, passionné, parfois excessif comme il le reconnaît lui-même, mais surtout animé par une curiosité et une envie de partager qui rendent la conversation particulièrement vivante. C’est vraiment quelqu’un.

Bonne écoute !

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