#126 – Daniel Dubroca

à pleines dents – Le fruit du travail

2h32
Daniel Dubroca, invité du podcast La Cravate
La Cravate
#126 - Daniel Dubroca, à pleines dents - Le fruit du travail
Loading
/

À Aiguillon, Daniel grandit dans une famille de maraîchers où le travail fait partie du quotidien.

Très jeune, il participe lui aussi à la vie de l’exploitation familiale, aux côtés de ses parents, de ses grands-parents et de son frère. Cette proximité avec la terre ne le quittera jamais et accompagnera toute sa vie, y compris lorsque le rugby prendra une place considérable.

Le ballon ovale arrive au collège. Daniel accroche rapidement et prend peu après sa première licence au SU Agen. Il se fait remarquer, devient international junior puis rejoint l’équipe première agenaise à vingt ans. Deux saisons plus tard, il remporte déjà son premier Bouclier de Brennus.

Une totale indépendance

Ce fonctionnement permet de préserver une pleine liberté et de s’inscrire dans la durée.

Une vie en bleu et blanc

Agen va devenir le fil rouge de toute sa carrière.

Daniel s’impose dans l’un des grands clubs français de l’époque et participe à une période particulièrement riche de son histoire. D’abord pilier droit, puis talonneur, il construit une carrière marquée par trois titres de champion de France et une fidélité presque totale au SUA.

Cette réussite en club lui ouvre naturellement les portes du XV de France. Le 14 juillet 1979, pour sa première sélection, il participe à la première victoire française en Nouvelle-Zélande.

Au fil des années, son importance grandit encore. Daniel devient capitaine des Bleus et conduit notamment l’équipe de France vers le Grand Chelem en 1987, avant d’atteindre quelques mois plus tard la finale de la première Coupe du monde.

« Si j’avais fait carrière aujourd’hui, j’aurais sans doute gagné plus d’argent, mais je ne changerais pour rien au monde ce que j’ai pu vivre à l’époque durant laquelle j’ai joué. »

Daniel appartient à cette génération qui a connu le plus haut niveau international tout en conservant une vie professionnelle à côté du rugby.

Du terrain au banc

Lorsqu’il raccroche les crampons, Daniel reste naturellement dans le jeu.

Il devient entraîneur, puis prend la tête du XV de France jusqu’à la Coupe du monde 1991. Une nouvelle responsabilité qui prolonge son histoire avec les Bleus et lui permet de transmettre, sous une autre forme, tout ce qu’il a accumulé pendant sa carrière.

Son lien avec Agen ne disparaît évidemment pas non plus. Joueur, entraîneur puis président, Daniel aura finalement occupé presque toutes les fonctions possibles au sein du SUA.

Cette fidélité dit beaucoup de son rapport au club. Agen n’a jamais été simplement l’endroit où il jouait au rugby : c’est une part importante de son histoire, de ses rencontres et de sa vie.

La terre comme autre fil rouge

Car parallèlement au rugby, Daniel a toujours conservé son activité professionnelle.

Issu d’une famille de maraîchers, il poursuit naturellement dans cet univers et travaille notamment dans le conditionnement et la vente de fruits. Bien après sa carrière de joueur, il reste encore actif dans les vergers et fidèle à ce monde dans lequel il a grandi.

Aujourd’hui, il profite davantage de sa famille tout en continuant à suivre avec attention un rugby auquel il a consacré une immense partie de sa vie.

Ce qui m’a frappé chez Daniel, c’est justement la cohérence de tout ce parcours. Le joueur international, le capitaine, le sélectionneur ou le président n’ont jamais vraiment effacé le garçon d’Aiguillon élevé dans une famille de maraîchers. On retrouve partout la même importance accordée au travail, à l’engagement et aux responsabilités.

J’ai passé un incroyable moment avec Daniel. Son parcours est immense, mais sa parole conserve quelque chose de très direct et de profondément ancré dans le réel. Pouvoir l’écouter raconter cette époque, ses choix et sa manière d’avoir vécu le rugby est un véritable privilège.

Bonne écoute !

Pour ne rien manquer

À (re)découvrir