#130 – Beñat Arrayet

Racines ancrées et défis relevés – Un parcours singulier

2h27
Beñat Arrayet, invité du podcast La Cravate
La Cravate
#130 - Beñat Arrayet, racines ancrées et défis relevés - Un parcours singulier
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À Mauléon, au cœur de la Soule, Beñat grandit avec le rugby partout autour de lui. Les murs de sa chambre sont couverts de posters, il connaît les joueurs de France et de Navarre, se passionne pour Blanco, Sella ou Saint-André et garde notamment en mémoire l’essai du bout du monde de 1994. Le rugby occupe déjà une place immense dans la vie de ce garçon qui se demande pourquoi le football peut être professionnel et pas son sport. À son grand-père, il promet même qu’un jour, lui aussi passera à la télévision.

Beñat grandit dans une famille profondément attachée à la Soule. Son père est peintre en bâtiment à son compte, sa mère secrétaire dans une usine de Mauléon, et lui partage ses premières années sportives entre le rugby, commencé à six ans, et la pelote basque. Il pratique les deux pendant plusieurs années avant de choisir définitivement le rugby.

Avec Mauléon, il appartient à une belle génération, devient champion de France Balandrade avec ses copains et intègre très jeune l’équipe première. Ses qualités lui ouvrent également les portes des sélections de jeunes, puis celles de la Section Paloise, qu’il rejoint en 1999.

Une totale indépendance

Ce fonctionnement permet de préserver une pleine liberté et de s’inscrire dans la durée.

De la Soule au rugby professionnel

À Pau, Beñat poursuit sa progression chez les Espoirs et fréquente les équipes de France de jeunes. Mais c’est loin du Sud-Ouest qu’il signe son premier contrat professionnel : en 2001, il rejoint Tours.

Cette saison lui offre notamment une rencontre déterminante avec Frano Botica. L’ancien All Black l’aide à travailler son jeu au pied et apporte une véritable méthode à un exercice que Beñat pratiquait jusque-là de manière largement instinctive. Il deviendra pourtant l’un des buteurs les plus efficaces de Pro D2.

Un homme le suit déjà depuis quelque temps : Henry Broncan. Le « sorcier gersois » avait repéré Beñat lorsqu’il évoluait encore avec les jeunes de la Section et finit par l’attirer au FC Auch en 2002.

Beñat s’y impose rapidement et participe à deux belles saisons, conclues en 2004 par le titre de champion de France de Pro D2 et la montée dans l’élite.

Un choix de vie avant un choix de carrière

C’est pourtant à ce moment-là, alors que sa carrière professionnelle est parfaitement lancée, que Beñat prend l’une des décisions les plus singulières de son parcours.

Sa compagne, professeure d’EPS, part travailler en région parisienne et il décide de la suivre. Il s’est engagé avec Domont et, même lorsqu’on lui propose finalement de rester à Auch, refuse de revenir sur sa parole. Il quitte donc volontairement le rugby professionnel pour rejoindre la Fédérale 1.

Après deux saisons en région parisienne, il retrouve le Sud-Ouest et le monde professionnel en signant au Stade Montois en 2006.

Mont-de-Marsan, le cœur de sa carrière

Dans les Landes, Beñat trouve rapidement sa place et devient l’un des hommes importants du Stade Montois. Buteur particulièrement efficace, il contribue à la montée en Top 14 de 2008 et termine cette saison meilleur réalisateur de Pro D2.

Après une saison dans l’élite interrompue par une blessure à l’épaule, il rejoint l’Aviron Bayonnais. L’expérience ne dure qu’un an : en 2010, Beñat revient à Mont-de-Marsan, où il va poursuivre l’essentiel de la suite de sa carrière.

Malgré plusieurs blessures, il retrouve avec le club une nouvelle montée en Top 14 en 2012. Deux ans plus tard, après près de quinze années passées entre rugby amateur et professionnel, il décide de raccrocher les crampons.

Revenir en Soule

Le rugby professionnel terminé, Beñat ne reste pas longtemps sans projet. Il avait déjà commencé à réfléchir à sa reconversion lorsqu’il jouait encore, notamment en reprenant une brasserie à Mont-de-Marsan. Cette envie d’entreprendre va ensuite prendre une place considérable dans sa vie.

Avec son associé Franck, il se tourne finalement vers les boulangeries Ange. Ils développent trois établissements, deux dans l’agglomération paloise et un à Saint-Pierre-du-Mont, avec un quotidien dans lequel Beñat retrouve beaucoup de ce qui l’animait déjà dans le rugby : le collectif, le management et la responsabilité.

Mais après toutes ces années passées entre Pau, Tours, Auch, la région parisienne, Mont-de-Marsan et Bayonne, une évidence finit par s’imposer : revenir à Mauléon.

« Après ma carrière, je ne me voyais pas m’installer sur la Côte Basque : il me fallait revenir ici, à Mauléon. Quand tu as grandi en Soule, tu y reviens toujours… Ça ne s’explique pas. »

Aujourd’hui, Beñat vit à nouveau en Soule et reste engagé auprès du Sport Athlétique Mauléonais, le club où tout avait commencé.

J’ai passé un super moment avec Beñat. Toujours prompt à sortir une blague bien sentie, il possède une vraie âme de meneur et une collection d’anecdotes assez improbables pour qu’on puisse facilement prolonger la discussion de quelques heures.

Mais derrière ce tempérament, j’ai surtout découvert quelqu’un porté par des valeurs simples et fortes. La famille, les amis, la parole donnée, le collectif et cet attachement viscéral à la Soule traversent toute son histoire. Son parcours a emprunté des chemins parfois inattendus parce que Beñat a toujours assumé de faire ses propres choix, sportifs comme personnels. Et après tous ces détours, il est finalement revenu exactement là où tout avait commencé.

Bonne écoute !

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