#154 - Jean Condom

à cœur vaillant - La grandeur sans apparat

2h50
Jean Condom, invité du podcast La Cravate
La Cravate
#154 - Jean Condom, à cœur vaillant - La grandeur sans apparat
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Jean grandit dans le sud des Landes, dans un quotidien où l’on apprend très tôt à mettre la main à la pâte. À Saint-André-de-Seignanx, il vit avec ses deux frères et ses parents métayers. Tout le monde participe aux travaux de l’exploitation. Le sport occupe aussi une place importante, mais c’est d’abord la pelote basque qui rythme son enfance.

Il faut d’ailleurs toute l’insistance de Michel Lapègue, son professeur de sciences au collège, pour qu’il accepte de pousser la porte d’un club de rugby. Celui-ci ira jusqu’à rencontrer ses parents et organiser ses trajets pour lui permettre de rejoindre les entraînements. Jean est encore adolescent et ne le sait pas encore, mais cette rencontre va changer sa vie.

Jean Condom et Yohan discutent face à face autour des micros de La Cravate.

Du Boucau au XV de France

Au Boucau, son gabarit le conduit rapidement vers la deuxième ligne. Il découvre l’équipe première, les sélections de jeunes, France Militaire, France B puis France A’. Tout s’accélère jusqu’en 1982, lorsqu’il connaît sa première sélection avec le XV de France.

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Commence alors une aventure internationale qui durera près d’une décennie. Sous la direction de Jacques Fouroux, il s’installe dans un pack où la conquête et la mêlée sont presque une religion. Dans cet épisode, il raconte ces interminables séances de travail, mais aussi un rugby français qui vit encore entre amateurisme et très haut niveau. Car malgré les sélections, les tournées et les matchs internationaux, il faut aussi travailler à côté.

Avec les Bleus, Jean va connaître 62 sélections, cinq victoires dans le Tournoi des Cinq Nations et le Grand Chelem de 1987. Cette même année, il participe à la première Coupe du monde de l’histoire et atteint la finale face aux All Blacks. Mais lorsqu’il évoque aujourd’hui cette période, les résultats ne prennent jamais toute la place. Il parle aussi beaucoup des hommes avec lesquels il a partagé cette aventure et des liens qui existent encore plusieurs décennies plus tard.

Son parcours en club raconte lui aussi une autre époque. Après de longues années au Boucau, il rejoint le Biarritz Olympique en 1986, où il évolue notamment aux côtés de Serge Blanco et Pascal Ondarts. Il y disputera une finale du championnat de France en 1992, avant de terminer sa carrière à l’Aviron Bayonnais.

La ferme, le travail et les rencontres

Le rugby n’a pourtant jamais constitué toute sa vie. Jean a toujours travaillé en parallèle et mènera notamment une carrière de plus de trente ans dans le secteur de l’environnement. Il restera également très attaché à l’exploitation familiale de Saint-André-de-Seignanx, qu’il rachète avec ses deux frères en 1987.

Dans cet épisode, nous revenons évidemment sur cette immense carrière, mais aussi sur tout ce qui l’entoure. Le Boucau de ses débuts, Jacques Fouroux et le XV de France, la génération 1987, les tournées, Biarritz, Bayonne, les évolutions du rugby ou encore la façon dont on vivait une carrière internationale à une époque où les joueurs n’étaient pas professionnels.

Mais lorsqu’il évoque ses souvenirs, Jean parle très souvent des autres : ses coéquipiers, ses entraîneurs, ses dirigeants et toutes ces personnes rencontrées grâce au rugby. Aujourd’hui encore, il considère ce sport comme une « porte d’entrée » qui lui permet de faire de nouvelles rencontres.

À notre époque, le rugby ne rapportait pas autant d’argent qu’aujourd’hui. Mais il nous a beaucoup donné autrement : des opportunités, des relations, et surtout des amitiés qui perdurent quarante ans plus tard.

Jean Condom · Épisode 154 de La Cravate

Ses 62 sélections, ses victoires dans le Tournoi ou sa finale de Coupe du monde occupent évidemment une place immense dans son histoire. Pourtant, au fil de nos trois heures d’échange, ce sont très souvent les hommes qui reviennent lorsqu’il raconte ce que le rugby lui a laissé.

Ce que je retiens surtout de Jean, c’est sa pudeur et cette sincérité rare qui m’ont beaucoup touché au fil de l’échange.

Bonne écoute !

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