Brice chausse ses premiers skis à 18 mois. Dans le petit village de Savoie où il grandit, au pied du Revard, la montagne et le sport occupent une grande partie de son enfance. La compétition prend rapidement le relais et, dès la quatrième, il quitte sa famille pour intégrer un ski-études.
Il se rapproche progressivement des meilleurs jeunes Français, obtient notamment une quatrième place aux championnats de France de descente et se retrouve aux portes de la Coupe d’Europe. Mais après une saison qui ne répond pas à ses attentes, Brice décide d’arrêter. Il a 18 ans et passe presque immédiatement d’un sport individuel qui a rythmé toute son enfance à un sport collectif qu’il ne connaît encore que très peu.
Le rugby change la trajectoire
Brice avait bien touché un peu au rugby lorsqu’il était gamin, mais c’est à Chambéry qu’il s’y met réellement. Son gabarit, ses qualités physiques et surtout les habitudes de travail acquises dans le ski lui permettent de progresser très vite. À peine plus d’un an après ses débuts, Bourgoin lui ouvre les portes de son centre de formation. Il découvre alors le haut niveau et finit par s’installer dans l’équipe première, avec laquelle il évoluera pendant quatre saisons.
En 2008, il rejoint l’Union Bordeaux-Bègles de Laurent Marti et en devient capitaine. Deux ans plus tard, nouveau changement de décor avec Oyonnax et Christophe Urios. Il se retrouve dans un environnement très différent, au sein d’un club auquel toute une ville est profondément attachée. L’histoire se termine pourtant difficilement lorsqu’il choisit de s’engager avec la Section Paloise. Une période qu’il raconte sans détour dans cet épisode, comme les relations humaines et les rapports de confiance qui ont accompagné chacune des étapes de sa carrière.
« Ce que j’ai le plus aimé dans le rugby, ce sont les avant-matchs : sentir, dans le regard de mes coéquipiers, qu’ils avaient confiance en moi et que je pouvais compter sur eux. »
À Pau, il retrouve un projet ambitieux et participe à la remontée du club dans l’élite en 2015. Il raccroche les crampons l’année suivante, après plus de dix saisons dans le rugby professionnel.
Le travail comme point de repère
La fin du rugby ne marque pas celle de son goût pour les défis. Installé dans le Béarn avec sa famille, Brice construit sa reconversion et continue d’avancer avec la même envie de faire les choses à fond. Au moment de notre échange, il se lance notamment dans un nouveau projet autour des drones, avec cette volonté de bâtir, d’apprendre et de progresser qui revient régulièrement au cours de la conversation.
Le rugby reste pourtant bien présent. Brice entraîne désormais des jeunes du côté de Morlaàs et cherche à leur transmettre ce qu’il a lui-même trouvé dans le sport : un cadre, du respect, de la confiance et la certitude de pouvoir compter les uns sur les autres.
J’ai retrouvé chez Brice ce que j’avais ressenti en préparant cet épisode : un leadership naturel, une énorme capacité de travail et un attachement très fort aux notions de mérite et de justice. Il revient avec beaucoup de franchise sur son parcours, y compris sur les moments plus compliqués. Je me suis régalé au cours de ce long échange.
Bonne écoute !