Sébastien le reconnaît volontiers : il n’a jamais été de ceux à qui tout vient facilement, mais lorsqu’il a quelque chose en tête, il ne lâche pas. Il grandit à Castelnau-Rivière-Basse, très entouré par sa famille et avec le rugby déjà bien présent autour de lui puisque son père et ses oncles jouent, tandis que les week-ends se passent régulièrement autour des terrains. C’est à Riscle qu’il commence à son tour, à 7 ans.
Après avoir joué à Lourdes et y avoir fait ses premiers pas en équipe première, il signe en 1997, à tout juste 20 ans, son premier contrat professionnel avec la Section Paloise. Deux saisons plus tard, il rejoint Castres et, très attaché à sa famille, profite de chacun de ses jours de repos pour rentrer auprès des siens. Il poursuit ensuite à Dax, où son petit frère Alexandre le rejoint, puis à Montauban, où ce dernier le suivra et finira par s’installer.
Montauban, six saisons à part
À Montauban, Sébastien trouve un groupe auquel il reste profondément attaché et, malgré la descente en Pro D2, une grande partie de l’effectif reste en place avec l’ambition de retrouver l’élite. Après une première tentative infructueuse, le club décroche finalement le titre en 2006, au terme d’une saison exceptionnelle qui reste gravée dans sa mémoire.
« J’ai joué avec des stars mondiales et eu la chance de vivre beaucoup de moments magnifiques, mais le titre avec Montauban en 2006 revêt une saveur particulière ! »
Il passe six saisons à Sapiac avant que Toulon ne vienne le chercher en 2008, quelques jours seulement avant son mariage. Le contraste est saisissant avec ce qu’il vient de connaître : il quitte un groupe très soudé pour un vestiaire rempli d’internationaux, découvre des entraînements en anglais et doit trouver sa place au milieu de joueurs comme Jerry Collins ou Sonny Bill Williams. L’adaptation lui demande du temps, mais il parvient à s’intégrer et à s’imposer dans cet effectif hors normes.
En 2010, son arrivée à Bayonne lui permet de se rapprocher de sa famille, avant de poursuivre sa carrière à La Rochelle jusqu’en 2013. Lorsqu’il quitte le rugby professionnel à 36 ans, il tient alors une promesse faite quelques années plus tôt au président d’Anglet : s’il rentrait dans le Pays basque avec la possibilité de continuer à jouer, il porterait les couleurs du club. Il imaginait y passer une ou deux saisons, mais l’histoire se prolongera bien davantage puisqu’il jouera encore jusqu’à près de 44 ans.
Une autre aventure à Anglet
Après une expérience dans les assurances, Sébastien se tourne vers la restauration et lance le Fauquet’s, d’abord sous la forme d’un foodtruck, avant d’ouvrir quelques années plus tard son restaurant à Anglet. Une reconversion qu’il mène en parallèle de ses dernières années sur les terrains et dans laquelle il dit avoir trouvé la suite de sa carrière.
C’est justement au Fauquet’s que nous enregistrons cet épisode. Je connaissais Sébastien depuis des années à travers le joueur, sans réellement savoir qui il était en dehors des terrains, et j’étais particulièrement content qu’il accepte de se livrer alors que l’exercice n’est pas forcément naturel pour lui. Sa réserve s’efface au fil de la conversation, notamment lorsqu’il parle de ses parents, de son frère, de Stéphanie et de leurs enfants, avec une sensibilité qui dit beaucoup de la place que sa famille occupe dans sa vie.
Je comprends mieux, après ces deux heures passées ensemble, pourquoi Romain Terrain m’avait vivement conseillé d’aller à sa rencontre. J’ai beaucoup aimé sa simplicité, sa pudeur et la confiance qu’il m’a accordée pour parler aussi bien de son parcours que de ce qui compte réellement pour lui.
Bonne écoute !