Christian est né à Toulouse, mais c’est en région parisienne qu’il passe une bonne partie de son enfance. Le rugby est déjà très présent dans la famille. Son père Jean, professeur d’éducation physique, entraîne notamment au PUC, au Racing puis au Stade Toulousain. En l’accompagnant sur les terrains avec ses frères, il commence naturellement à toucher au ballon et à se construire dans cet environnement.
Lorsque la famille revient à Toulouse, il poursuit sa route au Stade Toulousain et joue jusqu’en Nationale B. Mais c’est finalement sur le bord du terrain que son histoire avec ce club va véritablement prendre une autre ampleur. En 1981, à seulement 24 ans, il devient entraîneur de l’équipe première. Un rôle qu’avait également occupé son père quelques années auparavant, avant de disparaître alors que Christian n’avait que 20 ans. Cette figure paternelle reste très présente dans son parcours et dans notre échange.
Une vie d’entraîneur faite de rencontres
Cette première expérience toulousaine ouvre une carrière qui va l’emmener bien au-delà de ce qu’il aurait sans doute pu imaginer à ses débuts. Rodez, Castres, Bayonne, Carcassonne ou Cahors en France, mais aussi l’Italie, la République tchèque et jusqu’à Fukuoka, au Japon : Christian a énormément voyagé et connu des environnements très différents.
Derrière cette impressionnante liste de clubs, ce sont surtout les hommes et les rencontres qui l’intéressent. Au fil des années, il doit découvrir de nouveaux groupes, comprendre des cultures différentes et adapter sa manière de travailler sans perdre ce qui constitue le fond de sa personnalité.
C’est d’ailleurs l’un des grands sujets de notre échange. Lorsqu’il parle de management, il ne sépare jamais complètement le joueur de l’homme qui se trouve derrière. Pierre Villepreux lui reprochait parfois d’accorder trop de place à l’affectif. Lui considère au contraire que prendre en compte l’humain fait partie intégrante du rôle d’un entraîneur.
« On m’a souvent dit que j’étais trop dans l’affectif, mais je ne peux pas valoriser le joueur et délaisser l’Humain. Selon moi, la performance est un tout et ça a toujours été mon crédo de fonctionner ainsi. »
Cette manière de fonctionner l’a accompagné partout. Elle permet aussi de comprendre pourquoi, lorsqu’il évoque toutes ces années passées sur les terrains, les souvenirs sont si souvent associés à des personnes plutôt qu’à une simple succession de résultats.
Voyager, rassembler et rester curieux
Son parcours est d’autant plus intéressant qu’il ne s’est jamais limité au rugby professionnel. Christian a également exercé le métier d’assureur, menant pendant une partie de sa vie plusieurs activités en parallèle. Là encore, on retrouve chez lui cette envie de ne pas s’enfermer dans un seul univers.
Ses expériences à l’étranger racontent beaucoup de cette curiosité. Partir entraîner en Italie est déjà une aventure. La République tchèque en est une autre. Puis il y a le Japon, à Fukuoka, avec une culture et une manière d’appréhender le rugby forcément différentes. Plutôt que de simplement reproduire partout les mêmes méthodes, il a dû observer, comprendre les personnes qu’il avait en face de lui et composer avec leur environnement.
C’est finalement ce que j’ai particulièrement aimé dans ce long échange. Derrière une carrière d’entraîneur particulièrement riche, j’ai découvert un homme qui accorde énormément d’importance aux relations qu’il construit et aux personnes qui croisent sa route.
Et cette curiosité ne s’arrête pas avec la fin de sa carrière professionnelle. Christian reste très actif, multiplie les occupations et consacre également beaucoup de temps à sa famille. Il suffit d’ailleurs de l’entendre parler de ses petits-enfants pour comprendre la place qu’ils occupent dans sa vie.
Christian est vraiment un personnage qui sort des sentiers battus. Son parcours nous emmène dans énormément d’endroits et à travers plusieurs époques du rugby, mais sans jamais perdre ce qui constitue probablement le véritable fil de cette conversation : les rencontres.
J’ai passé un superbe moment en sa compagnie et je suis très heureux de pouvoir vous le partager.
Bonne écoute !