#129 – Jean-Baptiste Gobelet

Une vie de voyages – Le sport comme langage

3h32
Jean-Baptiste Gobelet, invité du podcast La Cravate
La Cravate
#129 - Jean-Baptiste Gobelet, une vie de voyages - Le sport comme langage
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Avant le rugby, Jean-Baptiste rêve surtout de sport et d’ailleurs.

Il grandit à Limoges dans une famille où l’activité physique fait partie du quotidien : sa mère est professeure d’EPS et son père, ancien rugbyman, dirige les sports de la ville. Enfant unique mais entouré de ses cousins, Jean-Baptiste touche à presque tout. Football, basket, sports individuels, ski, haute montagne… Dès l’âge de sept ans, il accompagne aussi ses parents sur de longues randonnées et gravit avec eux plusieurs sommets.

Mais sa grande passion est alors le basket. Il vit intensément l’épopée européenne du Limoges CSP en 1993 et regarde déjà beaucoup vers les États-Unis. Derrière cette fascination se dessine une envie qui l’accompagnera longtemps : voyager, découvrir d’autres cultures et sortir de son environnement.

Une totale indépendance

Ce fonctionnement permet de préserver une pleine liberté et de s’inscrire dans la durée.

Le rugby n’arrive qu’à l’adolescence. Jean-Baptiste rejoint Isle-sur-Vienne et ses qualités physiques lui permettent rapidement de se faire remarquer. À sa majorité, l’ASM Clermont lui ouvre les portes du très haut niveau.

Biarritz et les grandes années

Après deux saisons en Auvergne, Jean-Baptiste rejoint le Biarritz Olympique. Il a à peine vingt ans et va finalement passer neuf saisons au Pays basque.

C’est là que sa carrière prend une autre dimension. Au sein d’une génération exceptionnelle, il remporte deux Boucliers de Brennus, en 2005 et 2006, et dispute également deux finales de Coupe d’Europe.

Ces années installent durablement Biarritz dans sa vie, mais Jean-Baptiste conserve cette envie de découvrir autre chose. Après neuf saisons au BO, il rejoint le Stade Français, puis donne une nouvelle orientation à son parcours en se consacrant au rugby à 7.

Cette discipline correspond particulièrement bien à son profil et à sa manière d’envisager le sport. Elle lui permet aussi d’élargir encore ses horizons avant une dernière aventure aux États-Unis, du côté de San Diego.

Le voyage comme fil conducteur

Cette curiosité pour le monde ne s’arrête pas avec sa carrière de joueur. Jean-Baptiste multiplie les expériences, les rencontres et les projets, avec une même envie de comprendre ce qui se fait ailleurs et de confronter les modèles.

Son parcours finit par le conduire à l’île Maurice. Il y devient directeur technique national de la fédération de rugby, avec un rôle beaucoup plus large que le seul encadrement des équipes nationales : formation, développement, compétitions, haut niveau… La taille de la structure lui permet de toucher à tout et correspond parfaitement à son tempérament.

Mais son projet dépasse rapidement le rugby.

Le sport comme outil d’éducation

À Maurice, Jean-Baptiste crée également une académie associant éducation et sport de haut niveau. Plusieurs disciplines olympiques y cohabitent et les jeunes bénéficient d’un aménagement scolaire leur permettant de s’entraîner quotidiennement dans un environnement structuré autour de la performance.

Son ambition ne consiste pas seulement à former des sportifs. Il veut construire un modèle capable d’aider des jeunes à progresser sportivement tout en leur donnant les moyens de s’élever socialement, notamment grâce à des systèmes de bourses pour ceux qui n’auraient pas accès à cette éducation.

« À l’île Maurice et plus généralement en Afrique, le vivier de sportifs est énorme ! J’ai justement créé mon Académie pour guider les jeunes vers le haut niveau, et pour les aider à s’élever socialement. »

Cette phrase prend tout son sens lorsqu’on découvre l’ampleur de ce qu’il construit. Jean-Baptiste réfléchit au sport à travers la performance, bien sûr, mais aussi l’éducation, l’économie, les institutions et la manière dont le sport peut contribuer au développement d’un territoire.

Je dois avouer que j’ai été bluffé par le personnage que j’ai eu en face de moi. Jean-Baptiste est brillant, curieux et capable de passer du rugby au sport-business, de l’éducation aux institutions ou aux modèles de développement avec une facilité assez déconcertante.

C’est d’ailleurs ce qui a donné une saveur particulière à cette rencontre. Nous avons abordé plusieurs sujets que je ne pensais absolument pas développer en lançant l’enregistrement, et j’aurais volontiers continué encore longtemps. Rêveur et pragmatique à la fois, comme il aime lui-même se définir, Jean-Baptiste semble avoir fait de sa curiosité et du sport deux passeports pour découvrir le monde.

Vraiment un super moment. Bonne écoute !

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