Guillaume garde de son enfance à Cadéac des souvenirs très simples : les bois derrière la maison, les journées dehors avec son petit frère Loïc, les coups de main donnés à ses parents ou à ses grands-parents et cette liberté d’aller courir, grimper ou bricoler dehors dès qu’ils en avaient envie. À l’époque, il ne rêve pas vraiment d’un métier ou d’une carrière particulière ; il avance déjà comme il le fera souvent plus tard, en profitant de ce qui se présente.
Né à Lannemezan, il grandit donc au cœur des Pyrénées, dans une famille où l’on bouge beaucoup et où lui et son frère passent rarement leurs journées enfermés. Salopette, bottes, couteau suisse, cabanes, arcs bricolés dans les bois ou passages sur les chantiers de leur père : Guillaume parle de cette période avec beaucoup de nostalgie et un attachement toujours très fort à la vallée.
Il commence le rugby à Saint-Lary, puis quitte le collège pour rejoindre Auch à 16 ans. À ce moment-là, il a notamment le choix entre le sport-études à Bayonne, où on lui propose une orientation en comptabilité, et le Gers, où il peut suivre une formation dans le bâtiment qui lui correspond davantage. Il choisit Auch, intègre directement les Juniors et suit ainsi une voie assez différente de celle empruntée par beaucoup de jeunes internationaux de sa génération.
« Je n’ai pas voulu suivre le cursus classique des Pôles Espoirs que beaucoup de jeunes suivaient. J’ai joué au jour le jour, pour m’amuser sans calculer, et ça a bien fonctionné ! »
Avec Henri Broncan, les choses vont vite. Guillaume participe à l’intersaison avec l’équipe première alors qu’il est encore mineur et finit par jouer avec les Seniors à tout juste 18 ans. Il n’a pourtant pas fait les différentes sélections nationales jusque-là et ne se projette pas particulièrement vers le haut niveau ; il veut simplement jouer, progresser et profiter de ce qui se présente.
Prendre ce qui se présente
En 2003, Philippe Bérot, qui l’a connu à Auch, l’appelle depuis Castres pour savoir s’il serait intéressé par le Top 16. Guillaume vient de terminer ses études, n’a pas d’agent et rencontre Pierre-Yves Revol accompagné de son père. Il signe alors son premier contrat professionnel et découvre à 20 ans un tout autre quotidien.
Le changement est rude. À 20 ans, il passe du lycée à un effectif de très haut niveau et joue peu lors de sa première saison, mais il s’accroche et trouve progressivement sa place. Son temps de jeu augmente ensuite fortement, il découvre la Coupe d’Europe, connaît France A et les Barbarians, sans jamais faire de ces sélections une obsession.
Après trois saisons dans le Tarn, l’Aviron Bayonnais se positionne sur lui. Guillaume ne connaît personne sur place et n’a aucune attache particulière avec la ville, mais le contact est bon et l’affaire se conclut rapidement. Il y restera huit saisons, avant de s’y installer durablement.
Il y traverse les changements de staffs, les périodes de maintien, les saisons plus confortables et celles pendant lesquelles sa place est davantage remise en question. Guillaume devient l’un des cadres du groupe et aurait aimé terminer sa carrière professionnelle à Bayonne, mais apprend plusieurs mois avant la fin de son contrat qu’il ne sera pas conservé.
Il rejoint alors Oyonnax, où Christophe Urios a construit une équipe de joueurs revanchards. Guillaume correspond parfaitement à cet état d’esprit après huit saisons à l’Aviron et découvre pendant deux ans un autre club, d’autres méthodes et un environnement complètement différent. Il joue peu, mais garde un bon souvenir de cette expérience, notamment parce qu’elle lui permet de sortir de ses habitudes et de vivre autre chose avant la fin de sa carrière.
Après le rugby professionnel
Guillaume prend sa retraite professionnelle en 2016 et revient immédiatement à Bayonne. Il lui reste alors deux unités de formation à valider ; il les termine au sein du service des sports de la mairie, avant d’y être embauché dès janvier 2017. Il devient coordinateur technique et travaille notamment sur tout ce qui touche au fonctionnement des écoles, de la restauration scolaire au mobilier en passant par différents besoins logistiques.
Le rugby n’est pas totalement terminé pour autant puisqu’il rejoint l’AS Bayonne et continue à jouer dans les rangs amateurs jusqu’en 2020. Ensuite, il s’en éloigne davantage et retrouve surtout du temps pour sa famille, ses amis et tout ce qu’il avait moins l’occasion de faire pendant sa carrière.
Le sport reste malgré tout très présent. Guillaume retrouve régulièrement Loïc pour courir, partir en montagne ou se lancer quelques défis, parfois simplement pour le plaisir de se tirer la bourre. Lui qui jurait autrefois qu’il ne se mettrait jamais à courir sur route se retrouve désormais à surveiller ses chronos et à chercher à progresser, preuve qu’il n’a pas perdu ce besoin permanent de bouger.
J’ai passé un excellent moment avec Guillaume. Il a énormément d’autodérision, raconte volontiers les conneries faites avec les copains et passe avec la même facilité d’un souvenir de vestiaire à sa famille, son travail ou ses Pyrénées. Deux heures avec lui, ça file vite.
Bonne écoute !