Chez les Dambielle, le rugby se transmet de génération en génération.
Jean-Baptiste grandit à Auch, profondément attaché à un Gers où ses racines familiales sont solidement ancrées. Son grand-père a porté les couleurs de Lombez-Samatan, son père celles de Lombez puis du FC Auch, et à la maison, le ballon fait naturellement partie du décor. Son père a même installé des poteaux dans le jardin.
Très sportif, Jean-Baptiste se montre à l’aise dans de nombreuses disciplines, mais le rugby occupe rapidement une place à part. Il débute en mini-poussin au FC Auch et y grandit avec une génération qui compte notamment Grégory Menkarska, Frédéric Pujo ou Julien Campo. Le club devient le cadre de ses années de formation, puis celui de ses premiers pas avec l’équipe première.
À partir de la saison 2001-2002, il s’installe progressivement chez les seniors. Son talent, sa qualité de pied et son insouciance en font rapidement un joueur important d’une équipe auscitaine qui se rapproche des sommets de la Pro D2.
Auch, les copains et les premières grandes émotions
En 2004, le FC Auch réalise une saison remarquable. Premier ex æquo avec Bayonne à l’issue de la phase régulière, le club gersois doit passer par les phases finales pour aller chercher son accession. Après avoir éliminé Lyon, les Auscitains retrouvent l’Aviron Bayonnais au Hameau et s’imposent 26-9. À 23 ans, Jean-Baptiste est déjà l’un des principaux artisans de cette réussite et le FC Auch décroche son premier titre depuis 1947.
La saison suivante va encore donner une autre dimension à son parcours. Pour son retour dans l’élite, Auch rivalise avec les meilleures équipes françaises et Jean-Baptiste s’affirme comme l’un des joueurs les plus efficaces du championnat. Il dispute 29 rencontres, dont 28 comme titulaire, et termine meilleur réalisateur du Top 16 avec 361 points.
L’aventure prend également une dimension européenne. Auch atteint la finale du Bouclier Européen et bat Worcester 23-10 à Oxford, Jean-Baptiste étant titulaire à l’arrière. Il connaîtra également cette année-là sa première sélection avec France A. En quelques saisons, le gamin formé au FCA s’est installé parmi les joueurs qui comptent à son poste.
Quand la passion devient un métier
À l’été 2005, Jean-Baptiste quitte pour la première fois son cocon auscitain et rejoint Clermont. Le changement est immense. Il découvre un club aux ambitions très élevées et, surtout, un quotidien dans lequel chaque détail de la préparation physique prend une importance nouvelle.
« Jusqu’à mon passage en pro, je n’avais jamais soulevé une barre de musculation ! Ce qui m’animait, c’était prendre le ballon et jouer. J’ai eu du mal à intégrer que ma passion était devenue mon métier. »
Cette phrase raconte une part essentielle de son histoire. Jean-Baptiste a grandi dans un rugby où le plaisir du jeu, les copains et le ballon occupaient le premier plan. En rejoignant un environnement totalement professionnel, il découvre une autre manière d’exercer ce qui avait toujours été, jusque-là, une passion vécue avec beaucoup de spontanéité.
Après une saison en Auvergne, il rejoint Lyon en 2006 et poursuit son parcours à travers plusieurs clubs. Bourg-en-Bresse puis Béziers lui permettent de découvrir de nouveaux environnements, avant que Blagnac puis Agde ne prolongent une carrière au cours de laquelle il aura connu aussi bien l’élite que le rugby fédéral.
À Agde, Jean-Baptiste retrouve notamment du temps de jeu et le plaisir d’enchaîner les rencontres. Il accompagne le club dans ses différentes aventures entre Fédérale 1 et Fédérale 2, jusqu’à décider de raccrocher en 2014. Quelques années plus tard, l’histoire lui offrira pourtant un dernier détour par Auch.
Le Gers comme point d’ancrage
Lorsque le FC Auch disparaît en 2017 et qu’un nouveau club voit le jour, plusieurs anciens reviennent participer à l’aventure. Jean-Baptiste en fait partie et renfile les crampons à 36 ans. Une manière de boucler la boucle avec la ville et le club autour desquels s’est construite une grande partie de son histoire.
Le rugby continuera ensuite de l’accompagner, notamment à travers l’entraînement, à Agde puis du côté de Lombez-Samatan. Mais Jean-Baptiste a également construit sa vie professionnelle loin des terrains, dans l’immobilier, un domaine dans lequel il s’est pleinement épanoui.
Aujourd’hui installé avec sa famille à Colomiers, il a surtout choisi de se rapprocher de ses racines. Auch n’est jamais loin, pas plus que ses parents et ce noyau d’amis constitué depuis l’enfance. Cette fidélité aux siens traverse d’ailleurs toute notre conversation : malgré les clubs, les déménagements et les années, le Gers reste son point d’ancrage.
J’ai adoré ce moment avec Jean-Baptiste. Il est drôle, spontané et capable de raconter son parcours avec une franchise qui rend la conversation particulièrement vivante. J’ai surtout aimé découvrir derrière le joueur une personnalité profondément attachée à sa famille, à ses amis et à son territoire.
Il parle de sa carrière avec beaucoup de sincérité et assume pleinement la manière dont il l’a vécue : avec cette envie de jouer, de profiter et de rester fidèle à ce qui l’animait depuis l’enfance. Une façon d’être qui donne beaucoup de relief à son histoire et qui explique sans doute pourquoi, plus de vingt ans après ses grandes années auscitaines, les copains d’alors occupent toujours une place aussi importante dans sa vie.
Bonne écoute !