#91 – Loïc Bernad

Toujours se dépasser – C’est la vie

1h56
Loïc Bernad, invité du podcast La Cravate
La Cravate
#91 - Loïc Bernad, toujours se dépasser - C'est la vie
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Loïc grandit à Cadéac, dans la Vallée d’Aure, avec la montagne juste derrière la maison et un grand frère qu’il suit partout. Avec Guillaume, les devoirs sont souvent expédiés pour aller construire des cabanes dans les bois, faire du judo ou jouer au rugby, tandis que la pêche prend rapidement une place importante dans sa vie.

Il commence le rugby très jeune à Saint-Lary, fait un détour par le basket avant de revenir au ballon ovale, puis rejoint Tarbes à 15 ans. Guillaume a déjà commencé à tracer la voie et Loïc reconnaît volontiers qu’il veut faire comme lui. Sur le terrain, il n’a pas le gabarit le plus imposant, mais possède déjà ce qui fera sa force pendant toute sa carrière : une énorme envie, beaucoup d’agressivité défensive et un goût très prononcé pour le plaquage.

À Tarbes, tout va vite. Il intègre l’équipe première à 19 ans, s’installe en Pro D2 et connaît également les sélections avec les moins de 19 et les moins de 21 ans. Il forme notamment une troisième ligne redoutable avec son ami d’enfance Christophe André.

Une totale indépendance

Ce fonctionnement permet de préserver une pleine liberté et de s’inscrire dans la durée.

Pendant sept saisons, Loïc grandit avec le TPR et devient l’un des visages du club. En 2012, il décide pourtant de quitter Tarbes pour rejoindre une Section Paloise qui affiche clairement son ambition de retrouver le Top 14.

Aller chercher plus haut

À Pau, Loïc retrouve un environnement particulièrement exigeant. Les premières saisons permettent à la Section de se rapprocher progressivement de son objectif, avant qu’un changement de staff et l’arrivée de nouvelles méthodes ne fassent passer le club dans une autre dimension.

La saison de la montée est impressionnante. Pau gagne ses huit premiers matchs, prend immédiatement la tête du championnat et ne la lâche plus. Loïc fait pleinement partie de ce groupe qui domine la Pro D2 et permet enfin à la Section de retrouver l’élite.

Il découvre ainsi le Top 14 après de longues années passées à l’étage inférieur et continue de jouer régulièrement lors de la première saison. La suivante sera en revanche beaucoup plus difficile. La concurrence explose en troisième ligne et Loïc est très peu utilisé, une situation qu’il vit mal après avoir été pendant des années un joueur important dans ses différents clubs.

C’est à ce moment-là qu’il se raccroche aussi davantage à ce qu’il aime en dehors du terrain.

« L’année où je me suis retrouvé au frigo à la Section Paloise, il me tardait le week-end pour partir à la pêche et à la chasse. Ce fut d’ailleurs ma plus belle saison de pêche à la mouche ! »

Après cinq saisons à Pau, il retourne finalement à Tarbes pour une dernière année. L’envie n’est plus tout à fait la même et Loïc sent qu’il arrive au bout de cette vie de joueur professionnel. Il décide alors d’arrêter, avec déjà une idée assez précise de ce qu’il veut construire ensuite.

Repartir sur un nouveau projet

Le sport reste évidemment au centre de sa vie. Loïc avait déjà obtenu ses diplômes pour pouvoir encadrer et complète sa formation avec le Level 1 de CrossFit au moment où il termine sa carrière. Il commence par coacher dans une salle afin d’apprendre le métier et d’acquérir de l’expérience, avant d’ouvrir sa propre box un an plus tard.

Le passage du statut de joueur professionnel à celui de chef d’entreprise est assez radical. Loïc découvre les journées qui commencent très tôt, les cours à assurer, l’administratif et toutes les tâches qu’il n’avait jamais eu à gérer jusque-là, mais prend rapidement goût à cette nouvelle vie. L’ouverture de sa salle intervient en plus peu avant le Covid, ce qui ne lui facilite évidemment pas les débuts.

Il s’accroche pourtant et développe son activité à Bordes, dans un secteur qu’il connaît bien pour y avoir vécu lorsqu’il jouait à Pau. Il continue aussi à s’entraîner, participe à des compétitions et retrouve dans le CrossFit une partie de ce qu’il aimait dans le rugby : l’effort, la progression et la confrontation avec soi-même comme avec les autres.

J’étais particulièrement content de retrouver Loïc pour cet épisode. On s’était connus plus jeunes à Tarbes et je gardais le souvenir d’un joueur que tout le monde respectait pour son engagement et sa dureté sur le terrain. Derrière cette image, j’ai retrouvé quelqu’un de posé, pudique, drôle et pleinement investi dans ce qu’il fait aujourd’hui.

Bonne écoute !

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