Peyrehorade est le point de départ de presque toute l’histoire de Maurice. Il y grandit dans une famille de travailleurs, avec un père sabotier et une mère professeur de couture. Très tôt, il nourrit un rêve assez simple : porter un jour le maillot de l’équipe première de son village. Il y parviendra, avant d’y consacrer une grande partie de sa vie de joueur puis d’entraîneur.
En parallèle, Maurice choisit de devenir instituteur. Deux univers qui pourraient sembler différents mais qui, chez lui, finissent par raconter à peu près la même chose : l’envie de transmettre, de faire progresser et d’accompagner les autres.
Peyrehorade, toute une vie
À Peyrehorade, il connaît toutes les strates du club et finit par prendre en charge l’équipe première. L’aventure atteint son sommet en 1994 avec un titre de champion de France de 2ème division. Un souvenir qui occupe une place particulière pour lui : celui de son club, de sa famille et de tous ceux qui l’ont accompagné depuis ses années de jeune joueur. Ce jour-là, un village de 3 300 habitants se déplace en masse à Tyrosse pour vivre la finale.
Transmettre, encore et toujours
La suite l’emmène beaucoup plus haut. Il entraîne le Biarritz Olympique puis la Section Paloise à la fin des années 90. Au BO, il participe ensuite à la création du centre de formation et accompagne toute une génération de jeunes joueurs. Il accompagne ainsi de nombreux jeunes joueurs, mais son attention ne se limite jamais à ce qu’ils font sur le terrain. Les études, le comportement et ce qu’ils deviennent en dehors du rugby comptent tout autant.
C’est d’ailleurs ce qui revient sans cesse dans ce long échange. Maurice a entraîné à peu près partout, de l’école de rugby jusqu’au plus haut niveau professionnel, sans jamais vraiment s’éloigner de cette idée de transmission. Même après sa retraite, il continuera à encadrer les sélections U17 et U18 d’Aquitaine. Et avant de quitter définitivement l’Éducation nationale, il retournera même enseigner à mi-temps, simplement parce qu’il voulait « boucler la boucle ».
« J’ai eu le bonheur d’entraîner à tous les niveaux : de l’école de rugby en passant par la Réserve 2, en Honneur, Groupe B… jusqu’au Top 14 ! C’est une chance énorme. »
Son parcours permet aussi de traverser plusieurs époques du rugby français. Celle du rugby amateur, d’abord, avec les copains, les dimanches soirs qui se prolongent et une époque où l’on pouvait évoluer à un très bon niveau sans pratiquement toucher un centime. Puis celle de la professionnalisation, des premiers centres de formation et des débuts de l’analyse vidéo, quand il fallait encore passer une partie de la nuit à numériser des cassettes pour sortir les rucks et les plaquages demandés par les entraîneurs.
Dans cet épisode, on parle évidemment de Peyrehorade, de Biarritz, de Pau et de toutes ces générations de joueurs qu’il a vues passer. Mais aussi d’école, d’éducation, de rugby amateur, de fêtes, de copains et de cette manière très simple qu’il a toujours eue de considérer ce sport comme un formidable moyen de créer du lien.
Aujourd’hui encore, Maurice reste profondément attaché à ses Landes et garde un pied dans l’entreprise familiale La Maison Paris, autour du canard gras. Et l’épicurien n’est jamais très loin quand il s’agit de réunir quelques anciens autour d’une bonne table.
J’ai passé un incroyable moment avec Momo. Un homme fidèle à ses valeurs, qui a marqué des générations sans jamais chercher la lumière. Simple, sincère, passionnant et avec cette impression, pendant tout l’échange, qu’il prend toujours autant de plaisir à parler des autres que de lui-même.
Bonne écoute !