#131 – Olivier Roumat

L’héritage Landais – Vivre 100 vies

3h32
Olivier Roumat, invité du podcast La Cravate
La Cravate
#131 - Olivier Roumat, l'héritage Landais - Vivre 100 vies
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Enfant, Olivier rêve de devenir garagiste.

Fils de deux enseignants, il grandit à Villeneuve-de-Marsan avec une fascination pour les voitures, les motos et tout ce qui touche à la mécanique. Les 24 Heures du Mans, la Formule 1 ou les rallyes nourrissent cette passion qui ne l’a jamais vraiment quitté : aujourd’hui encore, il aime les véhicules anciens des années 60 et 70.

Le rugby appartient pourtant pleinement à l’histoire familiale. Son père Ferdinand a porté le maillot du Stade Montois et disputé la finale du championnat de France 1959 aux côtés, notamment, des frères Boniface. Chez les Roumat, ce sport fait donc partie de la culture familiale, mais Ferdinand tient justement à ce que son fils ne commence pas trop jeune.

Une totale indépendance

Ce fonctionnement permet de préserver une pleine liberté et de s’inscrire dans la durée.

Olivier passe ainsi d’abord par le judo puis par le basket, où il atteint les sélections de jeunes. Ce n’est qu’à 17 ans qu’il découvre le rugby à Villeneuve-de-Marsan. Il lui faut quelques mois pour apprivoiser ce nouveau sport, mais ses qualités sautent rapidement aux yeux : six mois seulement après ses débuts, il est sélectionné avec l’équipe de France FIRA et rejoint l’US Dax.

De Dax au maillot bleu

À Dax, Olivier s’installe progressivement dans une équipe qui compte parmi les références du rugby français. Il y trouve un rugby de mouvement parfaitement adapté à ses qualités et accompagne une génération qui se retrouve régulièrement dans les phases finales du championnat.

Sa progression le conduit rapidement vers le XV de France. À 23 ans, lors d’une tournée en Nouvelle-Zélande, il connaît sa première sélection en entrant face aux All Blacks à Auckland. Le niveau d’engagement qu’il découvre ce jour-là lui fait immédiatement mesurer la différence entre le rugby de club et la scène internationale.

Le maillot bleu va devenir l’un des grands fils rouges de sa carrière. Olivier accumule 62 sélections, participe aux Coupes du monde 1991 et 1995 et porte à huit reprises le brassard de capitaine. Une responsabilité qu’il considère comme un immense honneur, tant représenter son pays occupe une place particulière dans sa conception du rugby.

« Je n’échangerai pas la moindre de mes sélections avec le XV de France contre un Brennus de plus. Jouer pour mon pays a réellement été un bonheur suprême. »

Cette phrase résume parfaitement la place de l’équipe de France dans son parcours. Pour Olivier, les sélections ne sont pas une simple ligne sur un palmarès : elles correspondent à des émotions qu’aucun trophée de club ne pourrait remplacer.

L’Afrique du Sud, un choix qui change tout

Après la Coupe du monde 1995, Olivier prend une décision encore très inhabituelle pour un joueur français : partir en Afrique du Sud et rejoindre les Natal Sharks.

Le rugby vient à peine d’entrer dans l’ère professionnelle et l’aventure suscite beaucoup de réactions en France. Olivier, lui, voit surtout l’opportunité de rejoindre l’une des meilleures équipes de la planète et de se confronter à un nouvel environnement. Il compare d’ailleurs cette proposition à celle que pourraient recevoir des basketteurs sollicités par les Chicago Bulls.

L’expérience lui offre son premier grand trophée en club avec la Currie Cup et nourrit un parcours déjà riche de rencontres et d’expériences. Olivier revient ensuite à Dax, avant que la professionnalisation du rugby français ne l’amène à ouvrir un nouveau chapitre.

En 1997, il rejoint le Stade Français et participe dès sa première saison à une aventure exceptionnelle. Le promu parisien traverse les phases finales et domine Perpignan 34-7 en finale. Olivier soulève enfin son premier Bouclier de Brennus en 1998.

Mais le Sud-Ouest reste son point d’ancrage. Après cette saison parisienne, il rejoint Biarritz et accompagne à son tour le BO vers les sommets. En 2002, les Basques deviennent champions de France, mettant fin à 63 années d’attente du côté d’Aguilera. Ce deuxième Brennus sera le dernier grand titre d’une carrière qu’Olivier choisit ensuite de refermer malgré plusieurs possibilités de poursuivre à l’étranger.

Préparer l’après avant même d’arrêter

Olivier n’a jamais attendu la fin de sa carrière pour réfléchir à la suite. Quelques années avant de raccrocher, il commence à se former au fonctionnement de la promotion immobilière, rencontre des professionnels et découvre progressivement un nouvel univers.

Cette curiosité va devenir une véritable seconde vie professionnelle. À partir de 2004, il gère notamment un camping à Seignosse, puis investit dans un restaurant, un autre camping à Saint-Jean-de-Luz et enfin un hôtel à Hossegor. En parallèle, il développe son activité dans la promotion immobilière.

Installé sur la côte landaise, Olivier reste profondément attaché à son territoire et au rugby. Il suit aujourd’hui avec une attention toute particulière la carrière de son fils Alexandre, dont il est le premier supporter.

J’ai passé un magnifique moment en compagnie d’Olivier. C’est un véritable puits d’anecdotes, avec énormément d’humour et cette capacité à raconter plusieurs décennies de rugby en donnant l’impression qu’elles se sont déroulées hier. On n’a absolument pas vu le temps passer.

J’ai également beaucoup aimé découvrir tout ce qu’il y avait autour du joueur. Olivier a toujours réfléchi à ses choix, saisi des opportunités et construit la suite sans jamais cesser d’apprendre. Du jeune Landais passionné de mécanique au capitaine du XV de France, de Durban à Hossegor, des terrains à l’entrepreneuriat, il donne réellement l’impression d’avoir vécu plusieurs vies en une seule.

Bonne écoute !

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