Petit, Thomas préfère construire des cabanes plutôt que courir après un ballon. Il grandit près de Tarbes, avec la montagne comme terrain de jeu, et touche à plusieurs sports avant qu’un copain de collège ne l’emmène au Stadoceste Tarbais à 13 ans. Cette fois, il accroche vraiment.
Trois ans plus tard, il rejoint la Section Paloise et entre en sport-études. Il y progresse énormément, prend confiance en lui et enchaîne les sélections en équipes de France jeunes. À 19 ans, Biarritz lui propose son premier contrat professionnel et, quelques mois plus tard, il soulève déjà le Brennus, à tout juste 20 ans.
Trouver sa place
Après trois saisons à Biarritz, Thomas retrouve la Section Paloise avant de poursuivre sa carrière à Agen. C’est là qu’en 2008, Serge Milhas le contacte pour lui proposer de rejoindre La Rochelle, un club et une région qu’il connaît encore très peu. Il monte rencontrer les dirigeants et, séduit par ce qu’on lui présente, donne son accord dès le trajet du retour. Il ne le sait pas encore, mais il vient de choisir le club dans lequel il passera les six prochaines saisons et qui marquera sa vie tout entière.
À La Rochelle, Thomas trouve rapidement sa place et va vivre six saisons particulièrement fortes, avec deux montées en Top 14, en 2010 et 2014. La seconde sera aussi sa dernière : à 32 ans, après treize années chez les professionnels, il décide de raccrocher alors que son corps lui permettrait encore de continuer.
« J’ai touché le Brennus et eu le privilège de jouer avec d’immenses champions ! Je n’ai aucun regret et j’ai la chance d’avoir toujours eu le sentiment d’être là où je devais être. »
Thomas se forme alors à l’entraînement et rejoint le Saint-Jean-de-Luz Olympique, où il retrouve Serge Milhas. Il s’installe dans le Pays basque et entre au même moment au Crédit Agricole. Après avoir toujours vécu au rythme du rugby, il découvre à 32 ans le monde de l’entreprise et un métier totalement différent de tout ce qu’il a connu jusque-là.
La montagne et les siens
Le sport et les défis personnels continuent d’occuper une grande place dans sa vie. Il a couru le marathon de Paris, s’est essayé au Half Ironman et retrouve dès qu’il le peut les montagnes dans lesquelles il a grandi. Les voyages comptent aussi beaucoup pour lui, avec notamment un trek jusqu’au camp de base de l’Everest partagé avec son père et sa sœur Claire.
Son père occupe une place immense dans sa vie. Ils échangent tous les jours, et Thomas parle aussi avec beaucoup de tendresse de sa sœur, de ses enfants et de ses amis. Plus encore que le rugby, ce sont d’ailleurs souvent eux qui prennent le dessus dans notre conversation, avec une émotion qu’il ne cherche jamais vraiment à dissimuler.
Nous enregistrons cet épisode à Sainte-Marie-de-Campan, dans une ancienne grange familiale que son père a entièrement rénovée et où Thomas aime réunir les siens. Ce jour-là, ils sont une quinzaine à y passer quelques jours ensemble. Entre les montagnes, la famille et les copains qui vont et viennent autour de nous, difficile d’imaginer un endroit qui lui corresponde davantage.
J’ai beaucoup aimé la confiance que Thomas m’a accordée pendant cet échange. Il s’est livré avec beaucoup de sincérité, parfois sur des choses très personnelles, tout en gardant cette légèreté qui rend la conversation particulièrement agréable. Au fil des deux heures, il se raconte de plus en plus librement, et c’est précisément ce qui donne autant de relief à cet épisode.
Bonne écoute !