Dans sa chambre d’enfant, David a les joueurs du Stade Toulousain en poster sur les murs.
À Noé, dans le Volvestre, il grandit avec ses parents et sa grande sœur. Le rugby est le seul sport qui l’attire véritablement et, dès l’âge de six ans, il prend sa première licence à Saint-Sulpice-sur-Lèze, à une quarantaine de kilomètres au sud de Toulouse.
Il y fait toute son école de rugby et commence à se faire remarquer chez les jeunes. Déjà grand, David connaît surtout une impressionnante poussée de croissance au moment de son passage en juniors. Sélectionné en Taddéi, il attire alors l’attention du club qu’il rêve de rejoindre depuis toujours.
Le Stade Toulousain l’avait déjà approché une première fois, mais ses parents avaient refusé qu’il interrompe ses études. Un an plus tard, David finit par les convaincre. Son père accepte à une condition : s’il arrête l’école pour tenter sa chance dans le rugby, il devra également travailler.
David rejoint Toulouse et enchaîne donc les entraînements avec différents petits boulots. Quelques mois plus tôt, les joueurs qu’il côtoie désormais chaque jour étaient encore affichés sur les murs de sa chambre.
Du rêve toulousain à Agen
Champion de France Reichel en 1995, David se rapproche rapidement du groupe professionnel. À la sortie de son service militaire, il signe son premier contrat avec le Stade Toulousain et remporte en 1997 son premier Bouclier de Brennus.
La concurrence est particulièrement forte en deuxième ligne et David aspire à jouer davantage. Lorsqu’Agen le contacte, la perspective d’obtenir plus de temps de jeu le convainc de quitter Toulouse.
Dans le Lot-et-Garonne, il rejoint un projet en pleine construction autour de Christian Lanta et trouve progressivement la place qu’il recherchait. Les saisons agenaises vont compter énormément dans sa carrière et participer à installer durablement le club parmi les meilleures équipes françaises.
En 2002, le SUA atteint la finale du championnat face au Biarritz Olympique. David garde une relation particulièrement forte avec cette équipe et cette période de sa vie. Des années plus tard, alors qu’il a pourtant connu les Bleus, il explique même qu’il aurait volontiers échangé ses trois sélections contre une victoire lors de cette finale.
Pour lui, le collectif a toujours eu une importance particulière. Jouer avec les copains, se battre pour eux et savoir qu’ils feront la même chose en retour : c’est cette dimension du rugby qui l’a toujours animé.
Trouver sa place à Biarritz
Quelques semaines après cette finale, David rejoint justement le Biarritz Olympique.
Il arrive sur la côte basque au début d’une période exceptionnelle pour le club et va y passer les dernières années de sa carrière. Avec Biarritz, il remporte deux nouveaux Boucliers de Brennus, en 2005 puis en 2006, au sein d’un groupe qui marquera profondément l’histoire du BO.
Ses performances lui permettent également de porter à trois reprises le maillot du XV de France.
Mais ce sont surtout les aventures collectives et les relations créées pendant ces années qui semblent compter lorsqu’il revient sur son parcours. David se décrit volontiers comme un joueur qui avait besoin des autres pour donner le meilleur de lui-même.
Sa carrière s’arrête finalement en 2008. Une blessure au genou survenue à l’entraînement, quelques jours après un match face à Montpellier, l’oblige à raccrocher les crampons.
Une nouvelle vie sur la côte basque
Après sa carrière, David prend d’abord le temps de profiter de sa famille et de tout ce que le calendrier d’un joueur professionnel l’empêchait jusque-là de faire.
Le rugby finit néanmoins par le rappeler. Il entraîne pendant quatre ans les juniors Reichel du Biarritz Olympique et commence parallèlement à développer d’autres activités professionnelles.
Une nouvelle opportunité va ensuite l’éloigner des terrains : David reprend Etxola Bibi, établissement installé sur la Côte des Basques et devenu une adresse bien connue à Biarritz. Cette activité lui demande beaucoup de temps et devient progressivement le cœur de sa vie professionnelle.
La ville, elle, est devenue chez lui. David y a rencontré sa femme, y a construit sa famille et y est resté profondément attaché au Biarritz Olympique.
En 2021, avec plusieurs anciens joueurs, il s’engage même à nouveau directement dans la vie du club en prenant la présidence de l’association. Dans une période particulièrement agitée, leur volonté est notamment de défendre l’ancrage du BO à Biarritz et ce qu’ils considèrent comme l’identité du club.
« Dans la vraie vie, je ne suis pas du tout comme j’étais sur le terrain. Souvent, les gens sont surpris en se rendant compte que je suis un gentil, et ça me plaît bien. »
C’est probablement ce contraste qui m’a le plus plu chez David.
Ceux qui l’ont vu jouer gardent forcément l’image d’un deuxième ligne immense, extrêmement engagé et particulièrement rude sur un terrain. En face de moi, j’ai découvert quelqu’un de beaucoup plus réservé, posé et profondément attaché aux gens qui l’entourent.
Il s’est ouvert progressivement au fil de notre échange et j’ai vraiment aimé découvrir tout ce qu’il y avait derrière l’image du joueur. Son rapport au travail, au collectif, à sa famille, à Biarritz et aux amitiés construites grâce au rugby raconte finalement beaucoup mieux l’homme que sa seule réputation sur les terrains.
Nous avons passé un super moment ensemble et je suis très heureux de pouvoir vous faire découvrir ce David-là.
Bonne écoute !