#127 – Albert Cigagna

Calme et maitrise – L’aura du meneur

2h59
Albert Cigagna, invité du podcast La Cravate
La Cravate
#127 - Albert Cigagna, calme et maitrise - L'aura du meneur
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À trois ans, Albert quitte Toulouse pour grandir à Mazères-sur-Salat, dans la campagne commingeoise.

À l’école, un professeur de sport lui permet de toucher à presque tout : cross, basket, athlétisme… Mais dans le village, le rugby occupe une place particulière. Albert le découvre très jeune et accroche immédiatement à ce sport pratiqué avec les copains, aux déplacements dans les villages voisins et à la vie qui l’entoure.

Il grandit ainsi avec le Mazères Cassagne Sports et révèle suffisamment de qualités pour intégrer les sélections scolaires. À 18 ans, il est même capitaine de l’équipe de France scolaire. Le rugby commence alors à l’emmener bien au-delà de son village.

Une totale indépendance

Ce fonctionnement permet de préserver une pleine liberté et de s’inscrire dans la durée.

De Mazères à Bagnères

À sa majorité, Albert quitte le Comminges pour rejoindre le Stade Bagnérais, qui vient de disputer une finale du championnat de France.

Il trouve rapidement sa place dans une équipe qui compte alors parmi les meilleures du pays. Deux ans après son arrivée, Bagnères atteint de nouveau la finale du championnat. Albert n’a que vingt ans et découvre déjà le plus haut niveau du rugby français.

Il reste quatre saisons en Bigorre avant de rejoindre le Stade Toulousain en 1983. Ses années passées au CREPS de Toulouse pour devenir professeur d’éducation physique l’ont déjà rapproché de la ville et de plusieurs hommes qui vont participer au renouveau du club.

Au cœur du renouveau toulousain

Lorsqu’Albert arrive, Toulouse n’a plus été champion de France depuis 1947. Autour de Jean Fabre, Jean-Claude Skrela, Pierre Villepreux et d’une génération particulièrement talentueuse, le club est pourtant en train de construire quelque chose de considérable.

Le premier Brennus arrive en 1985. Un deuxième suit dès la saison suivante et Albert s’impose progressivement comme l’un des visages majeurs de cette équipe.

Troisième ligne centre doté d’une remarquable intelligence de jeu, il devient l’un des symboles de ce qui sera bientôt identifié comme le « jeu à la toulousaine ». Ses qualités de déplacement, sa lecture du jeu et sa capacité à mettre de l’ordre dans le collectif lui valent notamment le surnom de « Matabiau », en référence à la gare de triage toulousaine.

À partir de 1988, Albert devient capitaine du Stade Toulousain. Un rôle parfaitement adapté à cet homme calme et réservé, qui n’a pas besoin d’en faire beaucoup pour être écouté.

Les titres continuent de s’accumuler. Lorsqu’il quitte finalement Toulouse en 1995, il a remporté cinq Boucliers de Brennus et porté pendant sept saisons le brassard d’une équipe devenue une référence du rugby français.

Une sélection pas comme les autres

Son parcours avec le XV de France est beaucoup plus singulier.

Malgré son importance à Toulouse et sa régularité au plus haut niveau, Albert traverse presque toute sa carrière sans connaître de sélection. Jusqu’à la Coupe du monde 1995.

Appelé en renfort en Afrique du Sud après la blessure de Philippe Benetton, il obtient finalement sa première cape à 34 ans lors du match pour la troisième place face à l’Angleterre. Ce sera aussi son unique sélection.

Albert ne s’arrête pas là. Après quatorze saisons au Stade Toulousain, il rejoint Castres pour une année, puis termine son histoire de joueur du côté de Pamiers, où il vient également transmettre son expérience.

Bien plus que le rugby

Car pendant toutes ces années, Albert n’a jamais eu que le rugby dans sa vie.

Il mène parallèlement sa carrière de professeur d’EPS, puis s’investit durablement dans le sport universitaire. Il devient directeur du Comité Régional du Sport Universitaire de Toulouse et prend également en charge les équipes de France universitaires de rugby.

Il reste aussi profondément lié à Mazères-sur-Salat et à son club, où il n’hésite pas à donner un coup de main partout où il peut être utile. Depuis 2023, une nouvelle responsabilité l’attache encore davantage au village de son enfance puisqu’il en est devenu maire.

« Je n’aurais jamais pu imaginer faire tout ce que j’ai fait : le tour du Monde, rencontrer toutes ces personnes et gagner des titres. J’ai eu une vie exceptionnelle grâce au rugby. »

C’est probablement ce qui m’a le plus marqué chez Albert. Derrière un palmarès immense et son statut dans l’histoire du Stade Toulousain, j’ai découvert quelqu’un d’une grande sérénité, qui raconte tout ce qu’il a vécu avec beaucoup de simplicité.

J’ai vraiment adoré sa personnalité et passé un super moment en sa compagnie. Le rugby lui a permis de vivre énormément de choses, mais il n’a jamais semblé avoir besoin de son statut pour exister. Professeur, dirigeant du sport universitaire, bénévole dans son club, père de famille et aujourd’hui maire de son village : Albert a continué à avancer en restant profondément attaché à son territoire et aux autres.

Bonne écoute !

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