Chez les August, le rugby est une histoire de famille.
Benoît grandit à Dax au milieu de cinq frères et sœurs, dans une maison où il se décrit comme un petit garçon plein de vie, volontiers turbulent. Son père Éric a joué au rugby à très bon niveau avant de devenir entraîneur puis dirigeant de l’US Dax. Ses oncles ont également pratiqué et deux de ses frères évolueront plus tard au plus haut niveau.
Le rugby accompagne donc très tôt son enfance. Benoît commence à l’école de rugby dacquoise, mais son petit gabarit le pousse un temps vers d’autres disciplines. Il pratique notamment l’escrime, dont il apprécie la discipline et le respect qu’elle impose, mais touche aussi au tennis ou au basket. Il finit pourtant par revenir au ballon ovale et, cette fois, ne le quittera plus.
Il gravit progressivement les échelons de l’US Dax et joue dans toutes les équipes du club, jusqu’à faire ses débuts avec les seniors à 21 ans.
Quelques jours plus tard, son père décède brutalement à seulement 47 ans. Benoît doit apprendre à avancer sans celui qui l’a accompagné partout dans ses jeunes années, tandis que sa mère se retrouve à la tête d’une famille de six enfants. Le rugby poursuit malgré tout son chemin et prend bientôt une place professionnelle dans sa vie.
Quitter Dax pour grandir
Benoît s’installe progressivement dans l’équipe dacquoise, au moment où le rugby français bascule lui aussi vers le professionnalisme.
En 2001, à 24 ans, deux possibilités s’offrent à lui : Biarritz et le Stade Français. Dans un univers où les agents commencent à prendre une place nouvelle, un concours de circonstances l’envoie finalement à Paris.
Ce départ lui ouvre une période exceptionnelle. Benoît découvre un autre environnement, un club ambitieux et une ville très éloignée de ses repères landais. Il y remporte deux Boucliers de Brennus consécutifs avant de choisir de revenir dans le Sud-Ouest.
En 2003, il rejoint le Biarritz Olympique et s’inscrit dans l’une des plus grandes périodes de l’histoire du club. Il remporte encore deux championnats de France, portant son total à quatre Brennus consécutifs avec deux clubs différents.
Benoît devient également international et poursuit l’aventure biarrote pendant dix saisons, jusqu’à mettre un terme à sa carrière en 2013.
Continuer autrement
La fin de sa carrière de joueur ne l’éloigne pas vraiment du rugby.
Benoît devient consultant à la télévision, entraîne les avants du Biarritz Olympique puis rejoint Tyrosse comme manager. Il accumule ainsi les expériences et découvre progressivement le jeu depuis l’autre côté de la ligne de touche.
Son histoire finit également par le ramener vers l’US Dax. Conseiller du président, président, directeur général puis directeur sportif : Benoît y occupe successivement de nombreuses fonctions et retrouve un club qui accompagne sa famille depuis plusieurs générations.
Ce retour possède forcément une dimension particulière. Son père a profondément compté dans l’histoire du club et Benoît y a lui-même grandi comme joueur. Des années plus tard, c’est désormais à son tour de participer à sa construction et à son développement.
« J’ai beaucoup travaillé pour réussir, mais je pense qu’il y a une grande part de chance dans tous les succès : des rencontres et des concours de circonstances qui aident à avancer. »
Un véritable esprit libre
Au-delà du rugby, notre échange m’a surtout permis de découvrir une personnalité particulièrement libre.
Benoît assume volontiers de suivre ses envies, de ne pas forcément faire comme les autres et de changer de direction lorsque cela lui paraît juste. C’est d’ailleurs un principe qu’il essaie aujourd’hui de transmettre à ses quatre garçons : faire ce qui leur plaît, sans simplement suivre le mouvement.
La famille occupe une place considérable dans sa vie. Lui qui a grandi dans une fratrie de six est aujourd’hui père de quatre garçons, auxquels il est profondément attaché. Il parle aussi avec beaucoup d’affection de ses frères et sœurs, de sa mère et de cette famille restée particulièrement soudée au fil des années.
Installé à Anglet, Benoît conserve également des liens très forts avec ses anciens coéquipiers biarrots. Bien après les titres et la fin de leurs carrières, les relations construites pendant ces années continuent de faire partie de son quotidien.
C’est cette personnalité que j’ai vraiment pris plaisir à découvrir. Je connaissais évidemment le joueur, son parcours et son palmarès, mais beaucoup moins l’homme derrière tout cela.
Benoît est très ouvert et notre conversation nous a emmenés sur des sujets extrêmement variés. J’ai fait une super rencontre, avec quelqu’un qui réfléchit, assume ses choix et semble avoir toujours cherché à avancer à sa manière.
Je suis ravi de vous partager cet échange.
Bonne écoute !