Enfant particulièrement énergique, Damien passe énormément de temps dehors et s’intéresse très tôt à toutes sortes de sports. Il grandit en Indre-et-Loire dans une famille où le rugby occupe une place importante, notamment grâce à son père, ancien joueur et très investi au club de Tours, ce qui l’amène naturellement à y prendre sa première licence à cinq ou six ans. Le ballon ovale devient rapidement bien plus qu’une activité parmi d’autres puisque, lorsqu’on lui demande à l’école quel métier il aimerait exercer plus tard, il répond déjà qu’il veut devenir rugbyman. À une époque où le professionnalisme vient tout juste d’arriver, la réponse fait sourire autour de lui, mais Damien, lui, y croit vraiment.
« Quand à l’école on nous demandait quel métier on voudrait faire plus tard, je répondais : « Rugbyman ». On me riait au nez car à l’époque c’était atypique, mais j’y croyais vraiment ! »
Les années suivantes vont lui donner quelques raisons d’y croire davantage encore. À l’adolescence, il quitte pour la première fois sa famille afin d’intégrer le Pôle Espoir d’Ussel, avant de poursuivre sa formation à Brive, de connaître les équipes de France jeunes puis d’être retenu au Pôle France de Marcoussis. Au milieu d’une génération où l’on retrouve notamment Maxime Mermoz, François Trinh-Duc ou Maxime Médard, il profite pleinement de cette année pour travailler, notamment les spécificités de son poste de demi de mêlée, avant de revenir à Brive et d’intégrer progressivement le groupe professionnel.
Cinq saisons qui comptent à La Rochelle
Damien fait ses premiers pas au plus haut niveau à seulement 19 ans, mais ses premières saisons à Brive ne lui offrent pas tout le temps de jeu qu’il espère. Lorsqu’il est contacté par La Rochelle en 2008, le club évolue encore en Pro D2 mais porte un projet ambitieux dans lequel il se reconnaît, avec notamment la volonté de faire confiance à de jeunes joueurs français. À son âge, Damien a surtout besoin de jouer et choisit donc de rejoindre un club dans lequel il va rapidement trouver sa place.
Il y restera cinq saisons et participera notamment à la montée en Top 14, avant de découvrir une année au plus haut niveau qu’il garde parmi ses très bons souvenirs. Même après la relégation, alors que d’autres possibilités s’offrent à lui, il choisit de rester à La Rochelle parce qu’il s’y sent bien, aussi bien dans le club que dans sa vie en dehors des terrains. Une grave blessure au genou vient malheureusement interrompre cette période et se complique d’une infection après son opération, avec une rééducation particulièrement longue et douloureuse.
Après cette aventure rochelaise, Damien revient à Brive dans un environnement qu’il connaît parfaitement, mais où il peine davantage à trouver sa place. Il rejoint ensuite Colomiers, attiré par un projet et un fonctionnement qui lui correspondent mieux, et y dispute les dernières saisons d’une carrière professionnelle commencée alors qu’il n’avait pas encore vingt ans.
Le rugby n’occupe pourtant déjà plus toute la place. Curieux et prévoyant, Damien s’intéresse notamment à l’immobilier et commence à investir pendant ses années de joueur, avec l’idée de préparer suffisamment tôt ce qui viendra après. Lorsqu’il met finalement un terme à sa carrière à 33 ans, il choisit pourtant avec Julie et leurs enfants une direction assez différente : La Réunion.
De nouveaux défis à La Réunion
Le voyage fait depuis longtemps partie des choses qui passionnent Damien et cette installation lui permet de découvrir une vie très éloignée de celle du joueur professionnel. Il retrouve néanmoins rapidement les terrains à l’Étang-Salé, cette fois dans un rugby amateur où les profils, les attentes et les niveaux sont très différents de tout ce qu’il a connu jusque-là. L’expérience lui plaît suffisamment pour qu’il commence à se former sérieusement au métier d’entraîneur, tout en poursuivant d’autres activités professionnelles. Le rugby revient ainsi dans sa vie sous une forme nouvelle, sans pour autant empêcher la famille de profiter pleinement de ces années réunionnaises.
C’est également sur l’île que son goût pour le sport et les défis va l’emmener beaucoup plus loin. Damien se lance dans la préparation de la Diagonale des Fous, avec près de 160 kilomètres et 10 000 mètres de dénivelé positif à parcourir après une année entière consacrée à découvrir les exigences de l’ultra-trail. Pour quelqu’un qui a construit toute sa carrière autour d’un sport collectif, l’expérience est forcément différente, entre les longues heures d’entraînement, les sorties nocturnes et tout ce qu’une telle préparation demande à côté de la vie familiale et professionnelle. La façon dont il raconte cette aventure, la course elle-même et surtout les personnes avec lesquelles il l’a partagée fait partie des moments que j’ai particulièrement appréciés dans notre échange, alors je préfère vous laisser découvrir tout cela en l’écoutant.
Après quatre années à La Réunion, un retour en métropole qui n’était pas forcément prévu aussi rapidement se dessine à l’occasion de vacances dans les Landes. Damien échange avec le Stade Montois et l’opportunité qui lui est proposée finit par convaincre toute la famille de repartir. Il intègre alors la formation du club et poursuit son apprentissage dans un rôle qui lui permet de transmettre à de jeunes joueurs une partie de ce qu’il a lui-même vécu. Quelques années plus tard, son parcours le ramène même régulièrement à Marcoussis pour passer le DES, plus de vingt ans après y avoir vécu une partie de sa propre formation.
Fou de sport, passionné de voyage et énorme bosseur, Damien est aussi quelqu’un d’ultra déterminé et de très structuré, deux traits qui ressortent assez naturellement lorsqu’on l’écoute raconter aussi bien sa carrière que ses projets, sa vie à La Réunion ou les défis qu’il aime se fixer. J’ai passé un super moment en sa compagnie et, pendant près de trois heures, nous avons pu aborder des sujets aussi intéressants que variés.
Bonne écoute !